‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 101 sur 206 · Ber. k. preuxs, Akad, d, Wissensch. Berlin · texte numérisé non relu

Ber. k. preuxs, Akad, d, Wissensch. Berlin

tions à Menet. La magnétite forme parfois (cimetière de Procida) de très gros cristaux a* (1 1 i)» 6* (110) fort fragiles.

Quelques échantillons contiennent un pyroxène d'un vert très foncé en lames minces; enfin, parfois, les feldspaths, au lieu d'être enchevêtrés d'une fagon irrégulière, se groupent en rosettes comme dans les sanidinites du lac de Laach (PI. VI, fig. 1 et 2). Leurs fissures sont souvent remplies de minces lamelles d'hématite donnant une couleur rosée à la roche vue en masse.

Dans les sanidinites de ce type, les interstices miai*olitiques, souvent très grands, restent vides et sont seulement tapissés de quelques-uns des éléments cristallisés qui ont été énumérés plus haut.

Il n'en est plus de même pour une catégorie de blocs que j'ai découverts dans ce gisement : ils sont compactes par suite du remplissage de toutes leurs cavités par un minéral du groupe de la wernérite.

Ce minéral se développe à travers tous les éléments de la roche et sans doute par corrosion; il forme des masses cannelées atteignant la grosseur du petit doigt. Je n'ai pas pu trouver de pointement dans les très nombreux blocs que j'ai brisés et examinés à ce point de vue. Le minéral possède des clivages prismatiques, parallèlement auxquels a lieu l'extinction : il est à un axe optique et son signe est négatit. Sa biréfringence permet de le rapporter au groupe de la marialiteK

L'analyse n'en étant pas terminée au moment de la mise en pages de ce travail, je me propose d'en donner ailleurs la description détaillée.

1. J'ai fait voir en effet [Bull. Soc. miner., XII, 356, 1889), à l'aide de nombreuses mesures d'indices, que les minéraux du groupe des wernérites pouvaient facilement être distingués les uns des autres par leur biréfringence qui augmente avec la teneur en chaux. D'après cette loif la biréfringence de la marialite doit être inférieure à celle du dipyre (0.015), ce qui se vérifie pour le minéral qui nous occupe.

Dans ces roches, la weroérite joae le même rôle que la sodalite dans les sanidinites du Monte Olibano ; elle est à comparer à la scapoHte que nous retrouverons au lac de Laach. Enfin, il ne me semble pas douteux que ce ne soit là UD minéral de fumerolles, produit après la consolidation de la roche. Je l'ai rencontré, en eSet, dans les trachytes de Procida, où il forme de grands cristaux allongés qui seinl)lent corroder le magma microlilique de ce dernier. Celte weraérite présente alors la même apparence que le quartz secondaire dans les trachytes en voie de silicification.

Il y a lieu de comparer ta formation de ce minéral à celle que l'on trouve en petits cristaux nets [marialUe), dans le piperno de la Pianura.

A côté de ces sanidinites à structure miaroli tique, il s'en rencontre d'autres à éléments un peu moins grands, dans lesquelles les lamelles de feldspath (généralement anorthose) ne laissent plus entre elles aucun vide. Le pyroxène d'un vert jaune très foncé s'y présente très fréquemment en larges plages, englobant une grande quantité de lamelles feldspathiques. Il est généralement entouré par de petites lamelles de biotite, et plus rarement rem-

placé par la hornblende brune présentant les mêmes relations avec les feldspatbs.

Dans ces sanidinites, il y a une tendance à la formation de deux temps de consolidation, qui font pressentir un passage à ces microsanidinites dont j*ai parlé au sujet du Monte Olibano. On trouve, du reste, à Procida, de véritables microsanidinites : à Toeil nu, elles paraissent compactes, et quelques échantillons présentent une structure irrégulièrement zonée par développement plus abondant de pyroxène vert dans certains points.

Au microscope, on constate, dans les parties à grands éléments, des plages grenues de feldspath (orthose et anorthose) et de pyroxène : la roche possède la structure de celle qui est représentée par la fig. 4 de la PL V. Par places, le grain de la roche diminue progressivement ou brusquement, et alors, la roche oflFre Tapparence d'une microgra" nulite ^ qui serait dépourvue de quartz. De petites plages irrégulières de feldspath s'enchevêtrent, mélangées à des grains de sphène, d'augite. Il n'y a pas de formes microlitiques et pas de matière vitreuse.

Dans quelques échantillons, au milieu de cette pâte microgranulitique, il existe de grands cristaux donnant à la roche une apparence porphyroïde ffig. 28).

Quand les feldspaths prennent des contours, ces roches singulières passent au trachyte à texture un peu phonolitique [aplatissement des microlites parallèlement à

Notons enfin que les sanidinites grenues, passant à ces microsanidinites, renferment généralement en abondance du grenat mélanite, que je n'ai pas trouvé dans les sanidinites des autres types.

1. Cette comparaison avec la microgranulite^ s'applique seulement à la structure.

J'attache une certaine importance à ce fait. En efiet, ces microscmidinites présentent l'analogie la plus frappante avec une forme de contact de la syénite néphélinique des environs de Montréal (Canada), que j*ai décrite antérieurement ^ et qui contient également en abondance du grenat mélanite.

Or, à Procida, comme je l'ai dit page 330, avec ces sanidinites, on rencontre dans les tufs des blocs calcaires plus ou moins transformés. On peut se demander, dès lors, si ces sanidinites à grenat et ces microsanidinites ne sont point le résultat de cristallisations du magma trachytique effectuées à proximité de masses calcaires et modifiées par elles, comme Font été les syénites néphéliniques de Montréal, au contact des calcaires siluriens.

Hé d'Ischia. — J'ai trouvé, dans le trachyie du Castel dlscbia, deux fragments de sanidinites identiques à celles du Monte Olibano : leurs cavités sont remplies de Breislakite.

M. Rosenbusch a signalé -, dans la coulée de trachyie de TArso, un fragment de sanidinite analogue à ceux du lac de Laach. Je n'en ai pas moi-même trouvé dans ce gisement, mais, par contre, j'en ai recueilli d'abondants échantillons dans les tufs tra^hytiques de TEpomeo, et particulièrement au dessus de Lacco Âmeno et de Casamicciola. Ces sanidinites sont associées à des fragments de trachytes : elles sont le plus souvent de petite taille, arrondies et fortement pénétrées de calcite secondaire qui se loge soit dans leurs interstices miarolitiques, soit dans les fissures du feldspath.

Ces roches sont presque exclusivement constituées par de la sanidine, et plus rarement par de Tanorthose. Il

1. Bull. Soc. géol., 3- «érie, XVIII, 535, pi. XI, fig. 6, 1890.

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