‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 128 sur 206 · N. Jahrb., 1881, II · texte numérisé non relu

N. Jahrb., 1881, II

On y distingue deux catégories de nodules :

La première, que j'ai seule étudiée, est formée par des roches ayant la composition normale des nodules à olivine, Tenstatite et le diopside pouvant être plus ou moins abondants.

La seconde est constituée par des échantillons de composition très variable. L'un d'eux est formé de pyroxène et d'apatite, un autre contient, en outre, de Tolivine ; un troisième est formé par de Taugite et de Tapatite. Ces nodules sont parfois schisteux comme d'autres qui renferment du mica : ces derniers sont généralement pauvres en enstatite.

M. Bleibtreu a décrit une enclave schistoïde formée de deux parties séparées par une ligne nette : d'un côté, la roche est riche en olivine, de l'autre, ce minéral manque et la roche est constituée uniquement par du mica et du diopside. Un autre échantillon est formé de diopside, [de spinelle verdâtre et de fort peu d'enstatite. Le diopside est riche en inclusions liquides.

Entin, une dernière enclave contient des cristaux de bronzite d'un vert noir, du diopside chromifère, de la picotite et un peu de feldspath triclinique. L'enstatite (maclée avec du pyroxène monoclinique) est brisée et ses fragments sont ressoudés par de la picotite.

Ce dernier échantillon paraît ressembler aux parties recristallisées des nodules de Tareyre, représentées par la fig. 11 de la PI VIII.

Quant uux autres nodules dépourvus de péridot, on peut se demander s'ils dépendent réellement des nodules à olivine ou s'ils ne doivent pas plutôt être rattachés aux nodules à hornblende; cette incertitude montre, dans tous les cas, combien sont intimes les relations existant entre ces deux catégories d'enclaves homœogènes.

M. Bteibtreu sesl ()eaucoup préoccupé des modificatioas métamorphiques subies par les nodules à olivioe après leur englobement par le basalte : il les regarde comme effectuées par le magma relativement acide, resté fluide après la séparation drs éléments ferrugineux. Le verre qui, dans ses échantillons, injecte les fissures des nodules, est en effet peu coloré et surtout chargé de feldspath. Quelques échantillons sont tellement envahis par la matière feldspathique que l'on n\ distingue plus que quelques grains d'olivine noyés dans un agrégat de criS'> taux de feldspath triclinique. AuFinkenberg, àUnkel, etc., le même auteur a trouvé des nodules à olivine passant graduellement à des agrégats feldspathiques qui pourraient être pris pour des diabases ou gabbros à olivine, si l'on n'avait sous les yeux tous les termes de passage. Quelques-uns d'entre eux sont en outre très riches en mica secondaire. Je n'ai pu observer personnellement aucun de ces nodules feldspathiques.

Les phénomènes de corrosion, de fusion, puis de recristallisation du pyroxène, et de Tolivine, sont identiques à ceux qui ont été signalés plus haut dans les gisements français. M. Bleibtreu a constaté que les traînées d'inclusions vitreuses suivaient parfois dans Tolivine celles des inclusions liquides.

Hesse. — M. Max Bauer a récemment étudié, en grand détail*, les nodules à olivine de Stempel, près Marburg, qui présentent des particularités spéciales. Ils renferment deux sortes de pyroxène rhombique, une bronzite vert brunâtre et une autre bronzite d'un vert olivâtre, dépourvue de clivages. Les autres éléments sont ceux que Ton rencontre normalement dans les nodules à olivine des autres gise-

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ments. L'olivine est riche en inclusions liquides à bulle immobile ; on y trouve aussi des inclusions vitreuses, fréquentes même loin du contact du basalte. Toutes ces inclusions se rencontrent aussi dans la bronzite, mais elles y sont moins fréquentes que dans Tolivine. Les inclusions liquides sont peu abondantes dans le diopside. Rarement, M. Bauera observé des formes géométriques dans Tolivine et la bronzite.

Dans le basalte de Stauffenberg, près LoUar, entre Marburg et Giessen, le même auteur a signalé des nodules à olivine, pauvres en picotile et en diopside chromifère, ce dernier est remplacé par une augite brune. Ces roches, de couleur plus claire que de coutume, ont un aspect porphyroïde. L'augite brune est parfois zonée, ayant un centre de couleur claire qui peut être considéré comme du diopside chromifère. Cette augite se distingue de celle du basalte par l'abondance des inclusions liquides qu'elle renferme.

Les nodules à olivine de Stempel présentent les phénomènes de corrosion habituels.

Bohême. — Le basalte de Kosakow renferme des nodules à olivine assez profondément modifiés suivant le mode habituel.

L'échantillon que j'ai étudié offre la composition normale. Les transformations périphériques de l'enstatite en augite sont très intenses; une partie de l'enclave a été presque complètement fondue et ses débris ont été entraînés dans le basalte dans lequel on observe çà et là des fragments d'olivine à contours irréguliers, et des morceaux d'enstalite en voie de transformation augitique.

J'ai observé, dans le basalte à proximité de l'enclave, un grand cristal constitué par l'enchevêtrement de baguettes d'augite distribuées en séries, possédant trois ou quatre orientations diffièrentes; elles proviennent, selon toute

vraisemblance, de Tépigénie d'un fragment d'enstatite; ce cristal est entouré de lamelles de biotite.

Vlcentin. — J'ai eu l'occasion d'étudier des nodules à olivine, recueillis par M. Munier Ghalmas, dans le basalte de Crespadoro. Ils présentent les modifications habituelles. Ils sont remarquables par Tintensité de la corrosion du diopside et de l'enstatite. Ce dernier minéral est, en effet, fondu non seulement sur les bords, mais encore suivant de nombreuses cassures curvilignes. Les recristallisations d'augite (avec un peu d'olivine) sont très abondantes. Ces minéraux sont en général grenus, noyés soit dans du verre, soit dans du feldspath tri clinique ; les octaèdres de picotite recristallisée sont abondants.

Ces nodules à olivine sont souvent très décomposés; l'olivine est alors transformée en produits serpentineux.

Australie. — Victoria. — J'ai examiné un beau nodule à olivine empâté dans un basalte limburgilique de North Garden Gully Reef, Sandhuret. 11 est en grande partie constitué par de l'olivine, accompagnée d'un peu de picotite, d'enstatite et de beaucoup de pyroxène. Celui-ci rappelle le pyroxène décrit à Montaudou; il se présente soit en grandes plages dentelliformes, soit en agrégats de petits cristaux à orientation unique, qui sont alors séparés par de la matière vitreuse et accompagnés de minéraux ferrugineux. L'enclave, tout comme le basalte, est fortement chargée de carbonates rhomboédriques qui épigénisent plus particulièrement l'olivine.

Réunion. — Les nodules à olivine de la Réunion que m'a communiqués M. Vélain offrent souvent, à leur contact avec le basalte, une zone modifiée dans laquelle les recristallisations habituelles sont fort développées L'olivine est très serpentinisée.

Hé de Pftques. — M. Vélain a signalé ^ dans les tufs basaltiques de celte île, un nodule à olivine renfermant un minéral secondaire, en prismes hexagonaux, rapporté à la néphéline(?).

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