BulL Soc. géol., 3* série, VII
une leucitUe à olivine. Partis d'un mélange réalisé dans la nature par les minet^^ roches intrusives ou filoniennes, ils ont obtenu une roche appartenant à Tun des types les mieux caractérisés des roches d'épanchement. Ce fait montre de la façon la plus nette qu'un môme magma peut donner des roches minéralogiquement très différentes suivant qu'il cristallise par fusion purement ignée, en s'épanchant à la surface du sol ou qu'il se consolide plus ou moins en profondeur et par suite en présence de minéralisateurs sous pression.
On comprend dès lors qu'un magma riche en alcalis, comme celui qui a produit les roches de la Somma, ait pu par sa cristallisation en profondeur donner des teschénites à orthose.
La richesse très grande en orthose de quelques échantillons et les passages de ceux-ci à de véritables sanidinites à sodalile peuvent s'expliquer par la coexistence dans les tufs de la Somma de roches d'acidité très différente, oscillant entre des trachytes sodiques et des leucotéphrites basiques ; chacun de ces types pétrographiques ayant pu avoir ses produits grenus distincts.
Les phénomènes de métamorphisme intenses, exercés en profondeur par les roches à leucite de la Somma et auxquels j'ai consacré plus haut une longue discussion, montrent que ces roches ont bien été réellement accompagnées en profondeur par d'énergiques minéralisateurs dont Taction s'est parfois môme exercée au cours des éruptions récentes du Vésuve (1631, 1872).
L'existence de la leucite dans plusieurs de ces enclaves de teschénites fait voir que la formation de ce minéral en profondeur bien que peu fréquente, n'est pas impossible. Le peu de stabilité de la leucite en présence des sub-stances volatiles est bien mis en évidence par la transfor-
matfwi tn orth'Vfe, népbéline et sodaliie de la lendte de fArUtf$^ \f^miU^ de la Somma, qui ont éuî antéhearement Ah:rïX0:M H par c^lle des fragments de leacotéphrile eoclav^;*i darmla lare du Vésuve [éruption de 1872).
A tJM de ce« roches spéciales se troayent aossi à la Homiria et dans le massif de Roccamoafina de réritables ftégr/;gations basiques, riches en olivine, augite, feldspath iriclinirfue basique, leucite et rarement en biotite; elles renferment parfois de la matière vitreuse se chargeant de inicrolitCH feldspathiques : elles passent alors insensibleuuiui k la Icucotéphrit^; englobante.
or, T<^i)hrit08.
Kaiserftuhl. — Dans Tcxcursion que j'ai faite dans lo KuiHorHluhl» en compagnie de M. Graeff, j'ai recueilli pluHUMirH cnclavos grenues dans \a téphrite que Ton rencontre à la sortie d'Oberbcrgen. Elles sont holocristalllncH : leiirs éléments sont formés par de Tapatite, du M])hén(), (le Taugite violacée automorphe, de la biotite et (In la liornbloiuic : ces deux minéraux, postérieurs à TaugitOt Bont localement ophitiques par rapport à du labrador (|ui OHt uHRCt abondant. Ce dernier minéral est moulé par do la m^phtHine et de Vorthose. La néphéline est assez aU(MM^) ot probablement accompagnée par un minéral du gmupo sodalite-noséane également décomposé.
V\\ autre échantillon, dont les éléments blancs sont aussi très altérés » renferme de Tolivine transformée en produits lorrugineux.
C.08 enclaves peuvent être considérées comme de vériti^blos (tvr/itvu7fvv, représentant la forme grenue holocrislalliue do la léphritequi les englobe*.
t IViulAnt riw|Mv>sion vIo co m-^raoiiw M. Graeff a publié {BerichL uSrt'^iif \\M. lVoii»»î">i. (<. OKrrfiein, yro/. V&rcins, 1893) une note
Canaries. — Dans la collection du Collège de France, j'ai rencontré plusieurs échantillons accompagnant des iéphrites et néphélinites riches en mélilite^ provenant des Canaries (Pal ma). Elles possèdent une composition minéralogique semblable à celle des enclaves du Kaiserstuhl qui viennent d'être décrites et ont vraisemblablement une même origine. Elles paraissent assez[analogues aux roches que MM. V. Fritsch et Reiss ont trouvées en blocs * dans les tufs du cratère de Pico Viejo et au volcan de Teyde dans Tîle de Ténériffe. Ces savants ont rencontré en place une roche du même genre à Gumbre (Canaria).
Ils ont cité, en outre, dans les tufs du Pico de los Machachos (lie Palma) une bombe holocrislalline formée d'augite, d'haiiyne, de magnétite, de feldspath et de mica brun. Ils regardent celte roche comme le résultat d'une cristallisation profonde effectuée au sein d'une téphrite à hauyne.
Des du Gap Vert. — Les mêmes auteurs ont signalé^ une enclave analogue dans un filon de téphrite de Ribeira do Antonio (Ile de San Thiago).
Plateau Central de la France. — Puy-de-Dôme. Je citerai ici, comme document, un échantillon provenant du ravin de Lusclade au Mont-Dore, et au sujet de l'origine duquel je ne puis fournir aucune donnée précise. Cet échantillon, en effet, a été recueilli dans le ruisseau et n'est enveloppé d'aucune roche volcanique. Il offre l'as-
8ur un échantillon de la collection de l'Université de Freiburg, indiqué comme provenant de Uorberig, par Oberbergen : cette roche parait identique à celle que je viens de décrire. M. GraefT la considère également comme une Uschênik, et suppose qu'elle constitue une enclave d'une roche téphritique. Mon observation vient apporter une confirmation à cette manière de voir.