‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 149 sur 206 · III, p · texte numérisé non relu

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terrains, ont donné naissance à des roches de composition minéralogique très variée, parmi lesquelles abondent des roches à cordiérite et spinelle, identiques aux enclaves qui nous occupent, sans qu'il y ait là, bien entendu, intervention d'une roche éruptive quelconque. De même que dans les enclaves, j'y ai rencontré des échantillons rubanés dans lesquels certaines strates, originellement constituées par des schistes riches en mica, renferment en grande abondance de la cordiérite et d'autres minéraux néogènes, alors que les strates voisines, primitivement formées par un grès exclusivement quartzeux, ne contiennent aucun minéral récent.

3®. ' — Enclaves quarizofeldspaihiques^. — Ces enclaves étant constituées par des gneiss et des granités^ on comprend que ce soient elles qui se rencontrent en plus grande abondance dans une région volcanique telle que le Plateau Central de la France, dont le substratum est granitique et gneissique.

Les modifications et les recristallisations dont les enclaves ont été le siège varient à Tinfîni, suivant \^ proportions relatives de leurs principaux éléments et la température plus ou moins élevée à laquelle elles ont été portées; la totalité ou quelques-uns seulement de ces éléments ayant pu être fondus ou altérés.

Non seulement on observe toutes les modifications qui ont été décrites au sujet du quartz, des feldspaths, du grenat et du mica, mais encore on constate lexistence de produits cristallisés, résultant de la réaction mutuelle du verre formé par la fusion de ces divers* minéraux.

Si la roche a été simplement calcinée, elle perd de sa cohésion, le mica est rubéfié. Si la température a été plus élevée, les minéraux fondent suivant leur ordre de fusibilité, puis, les produits fondus restent à l'état vitreux

ou recristalliseat, suivant la vitesse plus ou moins grande du refroidissement.

Le premier cas s'observe surtout dans les blocs projetés par les grandes explosions ; ils sont souvent ponceux.

Dans les enclaves des basaltes massifs, au contraire, la fusion a été ordinairement plus tranquille et quand il n'y a pas de recristallisation , le verre formé est compacte. Dans le cas le plus général, il est possible de suivre pas à pas tous les stades de destruction de l'enclave ainsi que ceux de sa recristallisation.

Les fragments de quartz se comportent comme dans des roches exclusivement quaiizifères. Si l'enclave était originellement très riche en quartz, le verre reste plus ou moins amorphe; il présente des cassures perlitiques semblables à celles des enclaves quartzeuses fondues. Est-il moins riche en silice? On y voit apparaître de larges sphérolites feldspathiques troubles, négatifs suivant leur allongement, et identiques à ceux des porphyres pétrosiliceux. Quand le produit fondu est un peu moins acide encore, le feldspath recristallisé affecte la forme de petits microlites à contours frangés, rappelant ceux des trachytes. Enfin, dès que le quartz est rare dans l'enclave ou, ce qui revient au même, dès qu'on se rapproche de la ligne de contact dans laquelle l'influence de la roche basique se fait sentir, le feldspath cristallise sous les formes les plus variées, que nous étudierons avec plus de fruit dans les zones de contact exomorphisées par le basalte.

J'ai pu reproduire une partie de ces phénomènes, dus à l'action de la chaleur seule, en chauffant dans un creu^ set de platine (au four Foix]uignon et Leclerc), et à la température du rouge vif, des fragments de granité de Vire. Si Ton fond complètement la roche, le verre est trop acide, un recuit même très long ne donne pas de produits

cristallisés autres que la tridymite en petites lamelles imbriquées. Mais si Ton chauffe un fragment de granité entouré de la même roche pulvérisée et si Ton abaisse la température, quand le granité en poudre est fondu, on peut déterminer des modifications fort intéressantes dans le fragment encore solide et imparfaitement vitrifié. Le quartz reste en partie intact, le feldspath fond progressivement après s*être chargé d'inclusions gazeuses et vitreuses ; il présente souvent les phénomènes de démolition rectangulaire. Ses cassures, ses bords se garnissent de petites aiguilles feldspathiques récentes, souvent orientées sur lui. Les formes et Tabondance de ce feldspath néogène varient avec la durée du recuit et avec la nature des minéraux qui, dans le granité intact, englobaient le feldspath transformé. lies recristallisations sont, en effet » surtout abondantes dans le verre brun résultant en partie de la fusion du mica ; ce dernier minéral se transforme en spinelle. Il est possible ainsi d'obtenir artificiellement toutes les transformations observées dans les enclaves loin du contact de la roche volcanique.

J'ai pensé qu'il serait intéressant d'examiner comparativement les produits des forts vitrifiés ^ qui ont été autrefois décrits par M. Daubrée. Ces forts vitrifiés sont formés par des fragments de granité^ de gneiss y de quartsite, de phyllade^ etc., réunis par l'action de la chaleur. L'examen microscopique a permis à M. Daubrée et à M. Fouqué de voir que les éléments anciens, partiellement fondus, étaient entourés par du verre renfermant souvent des produits cristallisés (spinelles, feldspath triclinique, augite, hyperathène).

1. On connaît sous le nom de forts vitrifiés des enceintes ou de simples débris de murs, construits par les anciens et dont les matériaux ont été soudés à l'aide du feu (voir Daubrée : Bévue archéol,, janv. et juin. 1881).

Les produits que j'ai examinés et que je dois à l'obligeance de M. Œhlert proviennent de Sainte-Suzanne, du Château Maignan, près Saint- Jean-sur- Mayenne (Mayenne) et du camp de Peran, près Saint-Brieuc (Gôtesdu-Nord). Ils sont constitués par des fragments de grès, de gneiss et de granité; les modifications sont du même ordre que celles qui ont été décrites plus haut, soit dans les enclaves, soit dans les produits de mes expériences. Les spinellides et les pyroxènes se sont évidemment formés aux dépens du mica dont on retrouve parfois des squelettes. Les feldspaths se démolissent et recristallisent suivant les modes habituels, tantôt sous forme microlitique, tantôt sous celle de sphérolites. La tridymite est parfois abondante (Château Maignan). Ces recristallisations s'observent surtout quand la fusion de la roche a été incomplète et que le quartz est encore présent. Quand la roche a été entièrement vitrifiée, le verre, trop acide, n'a pu recristalliser. Tous ces phénomènes paraissent indiquer que la fusion de ces forts vitrifiés a été effectuée sans fondants qui, s'ils avaient existé, auraient eu pour résultat de rendre le produit de la fusion moins acide et y auraient déterminé la formation de produits néogènes plus abondants.

4®. — Enclaves feldspathiques non quartzifères^. — Les basaltes et les tufs basaltiques du Plateau Central de la France et d'autres régions renferment des enclaves de roches grenues à feldspath basique. On pourrait parfois les prendre pour des roches en relation avec le magma volcanique; cependant j'ai observé leur passage à des roches quartzifères, grenatifères et micacées; dans ce cas, il n'est pas douteux qu'elles soient des roches anciennes, au

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