C, Rendusy CXV
Modifications dues à Taction du magma volcanique et modifications endomorphes
subies par celui-ci.
Les modifications que nous avons à considérer maintenant ne s'observent qu'au contact immédiat de Tenclave et de la roche volcanique. Parfois, il existe entre les deux roches une ligue de jonction extrêmement nette, alors que dans d'autres, il y a, sur quelques millimètres, passage insensibl e ontre elles.
Ces modifications sont surtout intenses dans les enclaves des roches basiques en coulée, car elles sont restées assez longtemps en contact avec celles-ci, et se sont refroidies avec elles. Les modifications sont moindres dans les bombes qui, entourées seulement d'un enduit de verre volcanique, ont été refroidies rapidement; tout naturellement, elles ne s'observent pas dans les blocs projetés dépourvus d'en* veloppe de matière volcanique.
Toutes les modifications dues à l'action de la chaleur, sur lesquelles je ne reviendrai pas, se rencontrent, bien entendu, dans la zone de contact et avec une intensité plus grande que dans l'intérieur de l'enclave. Les modifications chimiques, que nous allons passer eu revue, se superposent à ces modifications physiques.
Afin d'éviter les redites, je crois inutile d'examiner séparément l'action chimique des magmas basiques fondus sur les minéraux coustituant les enclaves : elle se déduit facilement de ce qui va être dit au sujet de ces enclaves elles-mêmes. Je ferai seulement remarquer que les minéraux infusibles (zircon, corindon, diaspore, sillimanite) sont eu même temps très réfractaires à l'action chimique des magmas fondus : ils forment ainsi que la cordiérite le résidu ultime des enclaves résorbées.
1« — Enclaves de roches exclusivement quartzeiises *. — D'une façon générale, un grain de qitartz englobé dans une roche basique lorsqu'il est plus ou moins fondu, est entouré par une double zone constituée, en allant de Tenclave à la roche volcanique, par du verre ordinairement incolore, puis par des microlites d'augile (fig. 1, p. 19; fig. 2, p. 24, et PI. I, fig. 1). Ces derniers, généralement implantés normalement à la paroi de contact, ont souvent des formes nettes; ils sont de couleur plus claire que ceux de la roche basique et se transforment fréquemment en œgyrine. Ils sont quelquefois accompagnés de baguettes de feldspath acide, de spinelles. Plus rarement, Taugite forme un tissu serré de fines aiguilles ou est remplacée par de Thyperathène.
Dans d'autres cas, le grain de quartz est entièrement résorbé, sa place n*est plus indiquée dans la roche volcanique que par de petits noyaux, sortes d'œillets^ constitués par des microlites enchevêtrés d'augite (fig. 2 à gauche en bas).
Les enclaves de quartz sont parfois si abondantes qu'elles semblent également distribuées dans la roche volcanique, à laquelle elles donnent une sorte de structure porphyrique. Ce fait a mâme tellement frappé MM. Diller et Iddings, que ces savants ont décrit ce quartz comme indigène dans des basaUes de TOuest américain et comme ayant pu cristalliser dans le magma basique, grâce à des conditions spéciales. J'ai exposé au cours de ce travail^ les raisons pour lesquelles je ne crois pas possible d'admettre une semblable hypothèse.
Comment expliquer la formation constante de cette couronne d'augite, séparant de la roche volcanique le verre produit parla fusion partielle du quartz?
LùT^jnt celui-ci est tnzljbé par la roche Tokanique, cette 'iemièpc est encore Cuiie, les microîilcs sont eo t<hc de formaiIoQ, le magma ba>al:ique au contact da Terre siliceux chmge de composition : son acidité ne pomet plus la pre<:ipitation de la ma^éiite, la tolalité da fer se combinant à la silice. Il y a alors, en ce point partîcolier, une exagération de la production du pyroxèoe. Celoi-ci a, da reste, ane composition différente de laogite de la rozhe volcanique : il est p!us ferrugineux et plus sodique ainsi qu'en témoig^ne sa fr«^quente transformation périphérique en œgyrine.
Si Ton considère maintenant les enclaves de grè$ oa de quarlziies, on constate, qu*à leur contact immédiat arec la roche volcanique, il existe généralement une lone d'augiie qui est tout à fait comparalile à la couronne périphérique des grains de quartz englobés dans les mêmes roches, mais souvent aussi le verre basaltique se mélange avec le verre siliceux sur une surface plus ou moins grande et colore celui-ci en brun ou en violacé.
Ce n*est plus, comme dans le cas précédent, l'enclave qui réagit sur le basalte, mais le magma basaltique qui, en s* incorporant en petite quantité dans le verre de l'enclave, le modi6e et y détermine la formation de cristaux de cor^ diérite, de spinelle et d'un peu de pyroxène monoclinique ou rhombique.
Le mélange est trop riche en silice, trop pauvre en alcalis pour permettre au pyroxène ou au feldspath de se produire. Toute la magnésie et tout le fer qui ne se précipitent pas à Tétat de spinelle se combinent alors à la silice pour donner de la cordiérite.
J'ai eu plusieurs fois, au cours de ce travail, Toccasion de montrer la facilité avec laquelle la cordiérite prend naissance toutes les fois que ses éléments constitutifs sont
mis en présence à haute température dans un magma acide, pauvre en alcalis. C'est probablement à la trop grande richesse en alcalis des magmas naturels qu'il faut attribuer Tabsence de la cordiérite comme élément constitutif des roches volcaniques. Toutes les fois, en effet, que, dans le verre, résultant de la fusion d'enclaves, il existe une quantité suffisante d'alcalis, l'élément blanc produit est du feldspath.
Quand les fragments de qiuirtz, de grès^ ou de qiuirtzites sont entièrement fondus, ils donnent parfois naissanc eà une masse vitreuse , verte ou brune plus ou moins modifiée par la roche volcanique * ; il s'y développe alors divers minéraux cristallitiques ou microlitiques (spinellides , pyroxène, tridymite, etc.). M. de Kroustchoff a reproduit ces verres en fondant des grès avec des roches volcaniques basiques 2.
Quand l'enclave est de grande taille, il arrive dans certains gisements (Mayen, Niedermendig) ^ que le développement de gaz , accompagnant la fusion et la résorption partielle du fragment englobé, détermine la formation d'une cavité plus ou moins grande, dans laquelle se sont produits des minéraux de sublimation ou de fusion ignée, mais avec intervention probable de la vapeur d'eau sous pression. Ces minéraux sont le pyroxène en petites aiguilles vertes auquel les minéralogisteS allemands ont donné le nom de porridne, la tridymite et, dans quelques cas, le quartz et la christobalite , dont il a été question page 570, etc.
2°. — Enclaves d'argiles et de schistes argileux^. — Les enclaves de ce genre subissent des modifications de con^