Minéralogie des volcans. Paris, 1784, p
sur le Volant, près de Vais, le Pavé de Rigaudel entre Vais et Antraygues, le volcan de la Gravène à Montpezat et celui de Banes près Mayres.
Les basaltes du massif des Coirons sont en effet généralement assez riches en enclaves de roches anciennes quartzofeldspathiques. Un fragment de granulite, englobé par le basalte de Rochemaure, m'a présenté de très beaux phénomènes de recristallisation. Les grains de quartz en contact avec le basalte sont entourés d'une large couronne d'augite formée de cristaux allongés, serrés les uns contre les autres. Cette augite est parfois séparée du basalte par une mince zone de larges cristaux d^oligoclase. Le feldspath en contact avec le basalte a fondu et a entièrement recristallisé sous forme de grands microlites, rappelant les feldspaths des diabases. Le basalte a pénétré l'enclave en minces filonnets rendant la roche plus basique et y apportant des microlites d'augite. Par places, il ne reste plus de la roche ancienne que quelques fragments noyés dans un magma microlitique, souvent exclusivement feldspathique et présentant, à quelques millimètres de distance, les structures les plus variées (microlites à bords confus rappelant ceux de quelques trachytes, larges microlites tricliniques semblables à ceux des diabases, grands sphérolites feldspathiques), suivant que les apports locaux du basalte ont plus ou moins modifié la composition du verre résultant de la fusion de Tenclave.
De gros cristaux d'apatite, originairement contenus dans Tenclave, sont criblés d'inclusions gazeuses secondaires.
Cet échantillon est fort remarquable en ce qu'il permet d'observer sur 3 centimètres de surface la plupart des structures des feldspaths recristallisées, figurées dans les pi. I, II et m.
Dans les échantillons du basalte porphyroïde d'Au-
benas, qui seront décrits dans le $ 5, les enclaves sont trte abondantes et généralement très riches en christianite secondaire.
Vosges. Parmi les échantillons de néphélinite d'Esseyla-Côte, que je dois à l'obligeance de M. Vélain, se trouvent quelques enclaves entièrement fondues qui me paraissent avoir été des roches quartzofeldspathiques. Des microlites d'augite très abondants jalonnent d'anciens cristaux de quartz fondu. Ils sont actuellement englobés par de la mésotype ayant totalement épigénisé le verre et les débris de l'enclave.
Prusse rhénane. — Eifel. Les néphélinites qui se sont épanchées sur les schistes dévoniens de la vallée de rUess, près de Bertrich, renferment des enclaves granulitiques très modifiées.
Dans celles que j'ai recueillies en 1891, on ne trouve intacts que du quartz et une petite quantité de feldspath, entourés par un verre incolore, renfermant des cristallites, et de longs cristaux, parfois dentelés de pyroxène, des lamelles d'ilménite. Par places, le feldspath a recristallisé sous forme pectinée, ou constitue des plages à structure diabasique. Au contact de l'enclave, la roche volcanique devient elle-mâme feldspathique ; son pyroxène s'allonge, devient incolore ou verdâtre, tandis que l'olivine disparaît.
Dans les scories du Falkenlei, j'ai trouvé des morceaux de granité extrêmement fondus. On n'observe aucime recristallisation feldspathique. La biotite est en partie fondue et épigénisée par de longues baguettes d'hypersthènei de couleur foncée, très polychroïque, mélangées de magnétite. Ces enclaves rappellent quelques-unes de celles de Denise*
Les Maare de l'Eifel renferment en grande quantité
des enclaves de gneiss, de granité, en général très frittées, mais peu fondues. Il serait fastidieux d'énumérer tous les gisements dans lesquels on trouve des enclaves de ce genre. Je me contenterai de passer en revue les échantillons provenant de la Pulver Maar et des Dauner Maare.
Pulver Maar. — Les bombes granitiques et gneissiques sont connues depuis longtemps dans les tufs des bords du cratère. J'en ai recueilli un grand nombre à droite de la route qui mène à Gillenfeld, à 150 mètres environ du cratère.
Elles sont très friables, composées d'orthose (quelquefois d'anorthose), d'oligoclase, de quartz, de biotite, d'apatite, de zircon, de grenat.
En général, les éléments blancs sont surtout disloqués, fondus seulement à leur périphérie. Je n'ai pas observé de recristallisation de feldspath, mais le développement d'une grande quantité de pyroxène vert vif, qui ne forme généralement pas de petites aiguilles mais des grains arrondis ou de grands cristaux cristallitiques. La biotite se transforme en spinellides et en augite.
Dans d'autres échantillons, la fusion est plus avancée ; la biotite, presque entièrement fondue en un verre noir, donne naissance à de Thypersthène, rappelant celui qui a été signalé plus haut, dans les mêmes conditions, à Falkenlei. Par places, on voit de grands moules de biotite, transformés en spinelle et en un minéral incolore qui semble être de la cordiérite, sans que .toutefois il soit possible de le démontrer avec évidence.
Dauner Maare. — Les trois Maare de Daun (Sbalkenmehrer Maar, Weinsfelder Maar, Gemûnder Maar) contiennent des enclaves de même nature que celles de la Pulver Maar. Les modifications y sont du même ordre. Parmi les échantillons que j'ai recueillis» les variétés
très modifiées, riches en hypersthène, sont abondantes. M. L. Schultz ^ a signalé, en outre, dans ce gisement, des enclaves de granité à amphibole, de sanidinites du type de celles du lac de Laach (à Emmelberg) que je n'ai pas trouvées moi-même.
Environs du lac de Laach. — Les andésites augitiques et les téphrites des environs de May en, Niedermendig, etc., sont, comme je l'ai dit plus haut, riches en enclaves quartzofeldspathiques. Ce sont des roches massives ou schisteuses {gneiss^ granités et granulites)^ généralement pauvres en mica, riches en quartz, orthose, oligoclase, et renfermant parfois beaucoup de sillimanite, du zircon, de Tanorthose, etc.
Dans les échantillons peu modifiés par la chaleur, la biotite est transformée en spinellides, accompagnés parfois d'aiguilles d'augite, souvent jaunies par des produits ferrugineux secondaires; le feldspath fond, et, dans le verre résultant, on ne voit guère que quelques cristallites pyroxéniques et des octaèdres de spinelle. Les inclusions gazeuses sont toujours très abondantes dans les feldspaths et dans le quartz de ces enclaves; dans le quartz, elles résultent d'inclusions liquides détruites.
En général, les modifications sont plus intenses que dans les autres gisements que j'ai eu l'occasion d'étudier. Elles se manifestent surtout par des recristallisations de feldspath, accompagnées de formation d'augite.
Les feldspaths commencent par fondre sur leurs bords, suivant leurs clivages, formant ainsi des crénaux, soulignés par la matière vitreuse produite par leur propre fusion ou celle des éléments voisins. Du feldspath nouveau vient recristalliser dans les intervalles ainsi formés, tendant
i. Verhandl. d. naturh. Vereins d.pr. Rheinl , XLVIII, 205, 1891.
à les remplir. Il s'oriente sur le cristal, mais sa composition n'étant pas la même, ses angles d'extinction sont diSërents. La fig. 2 de la PI. V montre une disposition analogue, présentée par des feldspaths enclavés dans des andésites acides.
Dans les enclaves des andésites augitiques de Mayen, Niedermendig, etc., les formes dentelées des feldspaths sont le résultat de recristallisations. Si, en effet, on examine les préparations minces, taillées dans ces enclaves, on voit les éléments anciens apparaître limpides au milieu des produits de recristallisation, riches en résidu vitreux trouble. Les feldspaths dentelés se divisent en deux parties : lune, centrale, plus ou moins arrondie ou corrodée, formée par les produits anciens ; l'autre, extérieure, représentant les feldspaths de nouvelle génération. Quand le feldspath ancien a été en partie fondu, il s'est trouvé plongé dans un verre qui, par cristallisation, a donné naissance à du feldspath. Mais au fur et à mesure que ces cristallisations s opéraient, le magma vitreux s'appauvrissait en alcalis, et les feldspaths ne cristallisaient plus qu'en baguettes séparées les unes des autres par un résidu vitreux ou par du pyroxène, mais s'orientant toujours sur les fragments anciens. C'est ainsi qu'ont pris naissance les élégantes formations représentées parles &g. 7, et 10 de la Pi. IL Ces feldspaths de nouvelle génération ne sont souvent pas maclés; ils appartiennent au groupe oligoclase-andésine. Ils sont allongés suivant l'arête p g^ (001) (010), et forment de petites baguettes à sections rectangulaires qui se groupent parfois pour constituer de grands cristaux dont les formes sont souvent faciles à voir, grâce à la matière vitreuse qu'ils emprisonnent (PI. III,
fig. li).
Tantôt le feldspath ancien domine (PI. II, fig. 12),
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tantôt, au contraire, il est très réduit (Pi. II, fig. 10), ou même absent. La roche est alors entièrement constituée par ces formations dentelées de feldspath, englobant les restes du quartz ancien et de nombreux cristaux de pyroxëne.
Ce minéral se forme en très grande abondance en cristaux allongés, souvent creux et parfois aussi en grands cristaux squelettiformes, analogues à ceux de la fig. 8 de la PI. II. Ce pyroxène est de l'augite vert clair, transformée parfois en œgyrine sur les bords. II se développe ' toujours en abondance autour du quartz auquel il forme une bordure, quelquefois riche en matière vitreuse ; fréquemment il se produit aussi un peu de biotite.
Les cristallites de magnétite, les grandes palmes d'ilménite, déjà décrites dans plusieurs gisements, ne sont pas rares.
Dans un échantillon provenant de la coulée de Winfeld, le feldspath récent, au lieu de s^orienter sur le feldspath ancien, se groupe autour d'un centre et forme de très longs sphérolites à fibres (d'allongement négatif) plus ou moins serrées, mais toujours distinctes en lumière naturelle, grâce à une petite quantité de verre coloré qui les sépare les unes des autres (PI. H, fig. 3). Ces sphérolites brunâtres en lames minces, rappellent ceux de certains porphyres pétrosiliceux très feldspathiques.
Souvent la recristallisation du feldspath affecte une autra forme; il se produit de grands cristaux analogues à ceux des diabases. Ils sont souvent associés aux formes précédemment décrites, et se voient souvent au contact immédiat de l'enclave et du basalte (PI. II, fig. 3, à droite, en haut).
Enfin dans quelques cas plus rares, les feldspaths recristallisent en microlites à contours confus, rappelant ceux de la pâte du trachyte ; ils sont alors analogues à ceux que représente la fig. 4 de la PI. II.
Dans beaucoup d'échantillons, toute trace de Teuclave a disparu, et sa présence n'est traduite que par les feldspaths recristallisés, mélangés d^augite, qui viennenl d'être décrits. La structure diabasique (avec résidu vitreux, plus ou moins abondant) est fréquente dans le cas d'enclaves de petite dimension.
Enfin , il n'est pas rare de trouver dans la lave et loin de toute enclave macroscopique, des fragments de quartz (entourés de la zone habituelle de verre et d'augite), de feldspath, de sillimanite, etc.
Les cristaux de zircon rouge, de corindon ^ que l'on rencontre fréquemment dans les roches volcaniques de la région de Laach et notamment dans les laves de Niedermendig, sont au moins en partie les résidus d'enclaves de roches granitiques, analogues à celles que l'on trouve dans des conditions similaires dans la Haute-Loire. D'après M. Pohlig^, le corindon proviendrait surtout d'enclaves micaschites.
Il y a lieu de faire remarquer que l'orthose des enclaves des gisements de cette région possède généralement un écartement des axes très faible, fort souvent même le minéral présente en lumière convergente l'apparence d^une substance à un axe, avec très faible dislocation de la croix noire. Il n'est pas rare en outre de trouver des échantillons dans lesquels le plan des axes optiques est parallèle à 3* (010) [orthose déformée].
Les minéraux qui se forment dans les druses, produites par la résorption plus ou moins complète des enclaves, sont les mêmes que ceux qui ont été signalés p. 30, au sujet des enclaves quai'tzeuses de ces gisements. Il s'y joint des cris- . taux de feldspath triclinique, souvent creusés en trémie.
1. Lehmann, op. ci^, 1874. — Sandberger. N. /. 397, 1866 et Jahrb. d. k. h. R., 39, 1883.