Neun Jahrb., 1891, II
tés. J*ai cependant eu l'occasion d'étudier une petite enclave, recueillie dans la lave de 1872. Elle est presque
entièrement transformée en woUastonite, mélangée de quelques grenats, jaune foncé, assez fortement biréfringents. Cette enclave a bien été modifiée par la rocbe qui Tenglobe et elle ne doit pas être considérée comme un fragment de calcaire métamorphique, arraché à la Somma (voir pour la description des enclaves de ce gisement le paragraphe IV du Chapitre II). En effet, au contact avec la roche volcanique, on voit la woUastonite, souvent chondritique, s'appuyer sur la leucoiéphrite et même prendre, par places, des formes nettes dans le verre opaque de cette dernière, qui devient alors extrêmement riche en augite microlitique.
M. A. Scacchi a signalé^ la formation de chaux (Ca 0) aux dépens de blocs calcaires de Téruption de 1631 et d'autres plus récentes.
Etna. — M. Silvestri a envoyé, en 1887, à M. Fouqué deux petits fragments d'une roche très cristalline, enclavée dans une làbradorite ancienne de TEtna. Ces échantillons résultent certainement de la transformation d'un calcaire. Ils sont remarquablement analogues aux calcaires modifiés de Santorin qui seront étudiés dans le chapitre II.
 l'œil nu, on y distingue du pyroxène granulaire et de la woUastonite blanche. Au microscope, on voit que ce pyroxène teinté en vert pâle est légèrement pléochroïque. La woUastonite offre ses propriétés habituelles, la macle suivant h^ (100) n'est pas rare. Ces deux minéraux sont accompagnés d'une substance jaune vif offrant une réfringence assez élevée et une biréfringence faible, rappelant celle de quelques grenats pseudocubiques. Aucune image
. 1. NewfJahr,, 1888, II, 134.
n*e8t visible en lumière convergente. En l'absence de formes extérieures » il est difficile de se prononcer sur la nature de ce minéral , que je n*ai pu isoler pour le soumettre à des essais chimiques.
Dans Tun des échantillons étudiés, le pyroxène granulaire domine, la woUastonite remplissant çà et là les vides de la roche ou formant de petites veinules. Dans le second échantillon, au contraire, c'est la woUastonite qui prédomine en grandes plages allongées, affectant parfois une structure étoilée. Elle englobe une grande quantité de fins granules de pyroxène. Le minéral jaune, toujours en petite quantité, moule les deux autres substances ; il est localement accompagné d'un peu de magnétite. Le contact avec la labradorite est en général formé par une zone de pyroxène grenu. L'analogie de ces enclaves avec les calcaires modifiés par les roches granitoïdes anciennes est frappante.
La collection minéralogique du Muséum d'histoire naturelle renferme un échantillon indiqué comme provenant de l'Etna et constitué par un nodule de woUastonite lamellaire et de pyroxène grenu vert foncé. C'est également, à l'évidence, un calcaire transformé.
Antilles. — La collection des roches des Antilles, recueillie autrefois par M. Gh. Sainte-Glaire Deville et conservée au GoUège de France, contient deux échantillons, indiqués comme ayant été détachés d'un bloc d'environ 1 mètre cube, trouvé par ce savant dans les tufs de labradoriies de l'Ue de Saba (grande falaise verticale de GUes-Quartier, Est de l'île). D'après les notes de M. Deville, ce bloc est constitué par une roche étrangère au sol de l'île. 11 est imprégné de divers minéraux cuprifères et ferrugineux (magnétite, hématite, chessylite), que l'on doit évidemment considérer comme des produits de fumerolles.
L^examen microscopique m'a fait voir que ces échantillons sont constitués par des calcaires métamorphiques. L'un d'eux, très riche en calcite, renferme des grains clairsemés d'augite et de grenat; ces deux minéraux y sont de formation contemporaine, ils possèdent la même couleur jaune d'or. L'autre est beaucoup plus silicate, le pyroxène en gros grains vert jaunâtre, devenant par places jaune d'or, comme dans l'échantillon précédent, forme dans la roche des nids irréguliers ; il est soit seul, soit accompagné d'anorthite et de grenat jaune brun très pâle en lames minces. Dans certaines parties, l'anorthite devient assez abondante et la roche ressemble à quelquesunes des enclaves d'Aubenas, étudiées plus haut. L'anorthite peut même localement dominer; elle renferme alors, en grande abondance, une multitude de petits grains de grenat. Quant au calcaire, il a, par places, complètement disparu, tandis que dans d'autres points, il sert en quelque sorte de ciment aux nids silicates qui viennent d'être décrits.
Ces deux roches sont très riches en produits ferrugineux brunâtres qui représentent peut-être les restes de matière volcanique introduite dans le calcaire. Ils sont d'ailleurs trop altérés pour qu'il soit possible de préciser davantage. Beaucoup des éléments de la roche renferment de petites inclusions microscopiques qui sont en général des inclusions vitreuses.
L'origine de ces calcaires, que je n'ai pas vus en place, ne me parait pas douteuse ; je les considère comme des calcaires sédimentaires, modifiés par la roche volcanique au milieu de laquelle ils ont été recueillis.
APPENDICE
Enclayes dans les roches basaltoldes anciennes.
Dans ce chapitre, je n'ai considéré que des roches basaltoïdes tertiaires, quaternaires ou récentes. Les roches similaires, antetertiaires renferment naturellement des enclaves analogues, mais leur étude présente souvent de graves difficultés d'interprétation, en raison des nombreux produits d'altération qui y ont pris naissance.
Nous avons vu en effet que, dans toutes ces enclaves, les phénomènes de fusion sont souvent très intenses, la matière vitreuse ainsi formée est très altérable. Si Ton tient compte de ce fait que les enclaves de roches volcaniques pléistocènes sont parfois à ce point zéolitisées que leur élude est impossible, on conçoit aisément ce que peuvent être les produits secondaires développés dans des enclaves similaires de roches basiques carbonifères ou môme plus anciennes.
D'après ce qui a été publié sur les enclaves des roches anciennes et d'après ce que j'ai moi-même observé, on peut affirmer que les modifications qu'elles ont subies sont du môme ordre que celles que nous avons étudiées jusqu'à présent : fusion plus ou moins complète des éléments suivant leur ordre de fusibilité, développement autour du quartz de couronnes d'augite (parfois ouralitisée), recristallisation des feldspaths suivant divers modes réguliers et fréquemment orientation des feldspaths récents sur les fragments anciens, transformation de la biotite en spinellides et augite, etc. Mais en outre, on trouve quelquefois du quartz récent, souvent considéré comme contemporain de la transforma-
tioQ de renclave; il s*oriente parfois sur le quartz ancien, ou se glisse dans les fissures de clivage ou de fusion des feldspaths et forme alors avec eux des sortes de micropegmatites.
Dans tous les échantillons que j'ai personnellement étudiés, le quartz m a paru d'origine secondaire, formé aux dépens du verre et postérieur aux modifications métamorphiques de l'enclave. N'ayant pas les éléments nécessaires pour discuter la question dans chaque cas particulier où ces phénomènes ont été signalés, je me contenterai de citer quelques mémoires à Tétude desquels le lecteur pourra se faire une opinion personnelle. Je me contenterai à cet égard de rappeler que, dans les roches tertiaires et modernes, la recristallisation du quartz, au moment des modifications de l'enclave, est un fait excessivement rare (p. 30 et 105).
Les trachytes et andésites micacés {prthophyres et por^ phyrites micacés)^ les syénites^ les minettes et les kersantite^ filoniennes d*un grand nombre déréglons renferment des fragments de quartz et de feldspath d'origine volcanique, qui sont sur une certaine surface, assez uniformément répartis pour avoir été parfois considérés comme de grands cristaux indigènes dans la roche éruptive. C'est ce qui a lieu notamment pour les kersantites du Tannenbergsthal (Saxe), dont la véritable nature a été fixée par von Rath^ et qui ont été étudiées plus récemment par MM. Sauer et Schroder^, ainsi que pour la roche du même groupe, décrite autrefois par GiimbeP sous le nom A^Aschaffite.
On peut citer aussi — les kersantites de TUnterharz étudiées par M. Koch *, celles de Barenslein, près Lehensten (Thuringe) décrites par MM. Liebe et Zim-