MODIFICATIONS SUBIES PAR LES ENCLAVES DES HOCHES TRAGHYTOÏDES
Je suivrai ici le même ordre d' exposition que dans le chapitre précédent. Cependant, en raison du petit nombre d'enclaves de quarti et de schistes argileux que j'ai eu l'occasion d'étudier dans les roches trachytoïdes, je traiterai ces deux catégories d'enclaves dans un même paragraphe.
I. — Enclaves de roches ezcluBivement quarteenses et enclaves de schistes argileux.
IX)rsqu'uQ fragment de quartz est englobé par un Irachyte ou une andésite acide, il se brise, s'étonne, ses inclusions liquides se vident. Parfois il s'y développe des inclusions vitreuses. S'il est de petite taille, il est résorbé et parfois (Boue , Borjom), autour de ses restes, s'observe la couronne de verre et d'augite caractéristique des enclaves quartzeuses dans les basaltes. Ces couronnes se rencontrent mSrne dans des roches, normalement pauvres en microlites d'augite.
Au lac de Laach, des enclaves de grès ou de schistes argileux n'ont subi que de faibles modifications par leur englobemeut dans le trachyte à haiiyne. Elles ont localement fondu sur les bords et, dans le verre, se sont développés des microlites de pyroxène. Quelques enclaves de grès et de quartzite à cordiérile du M" Amiata présentent, mais d'une façon plus intense, le genre de modification. Dans
les andésites de Santorin (PI. Y, fig. 2) et du Caucase, le bisilicate formé autour du quartz ancien est non pas du pyroxène, mais de la wollastonite.
Dans les leucitophyres d'Olbriick, un schiste argileux a été imbibé par la roche volcanique qui y a développé quelques-uns de ses éléments, orthose et œgyrine.
Quand Tenclave est de plus grande taille, le minéral qui s'y produit le plus généralement est la tridymite. Elle tapisse les fissures du quartz (Monl-Dore) ou bien remplit localement le verre résultant de sa fusion. Enfin, plus rarement, le quartz se transforme presque entièrement en cristaux de tridymite, suffisamment gros pour qu'il soit facile d'étudier toutes leurs propriétés optiques. Ils sont fortement agglomérés par un peu de verre (fig. 12).
Le mécanisme de cette transformation est éclairé par un fait expérimental. La véritable roche de tridymite ainsi formée est, en effet, identique à celle qui prend naissance par transformation de briques quartzeuses, soumises pendant très longtemps à la haute température des fours métallurgiques ou des fours des verriers.
Plateau Central de la France. — Puy-de-Dôme, J*ai recueilli plusieurs enclaves de quartz dans les trachytes du Capucin, au Mont-Dore. Elles proviennent sans doute de pegmatites. Elles sont limpides, étonnées, riches en inclusions gazeuses. Il est fort difficile d'en extraire un fragment de quartz un peu gros.
La tridymite se développe souvent dans les fissures de ce quartz en très belles lames transparentes.
A côté de ces enclaves de quartz et de celles de gneiss à cordiérite qui seront étudiées page 179, on trouve au Capucin de nombreuses enclaves d'une andésite augitique très cristalline. Dans Tune d^elles, j'ai rencontré une enclave de quartz entourée de la couronne de verre et
d'augite habituelle à ce genre d'enclaves dans les roches basiques. Il m'a paru intéressant de signaler ce cas d^ enclave dans enclave, d'autant plus que ce type d'andésite augitique, passant à la diabase, est inconnu dans la région.
Les enclaves de quartz que j'ai observées dans le tracliyte à biolite {dômite) du Puy-de-Dôme, du puy de Sarcouy, présentent des modifications du même ordre que celles qui viennent d'ôtre signalées.
Cantal. Les fragments de quartz enclavés dans les andésites à hornblende de la carrière de Boue, au Lioran, et dans les trachytes à anorthose de Menet se comportent comme ceux du Mont-Dore. Dans un échantillon d'andésite de Boue, j'ai observé autour d'un fragment de quartz des auréoles d'augite et de verre.
Prusse rhénane. — Région du lac de Laach, Les bombes de trachytes à haiiyne du lac de Laach contiennent très fréquemment de petites enclaves de grès, de grauwrackes ou de schistes dévoniens normaux ou modifiés par le granité (schistes tachetés, noduleux, schistes à andalousite et cordiérite). Les auteurs qui ont étudié cette région ont beaucoup insisté sur la composition minéralogique de ces roches*, qui a peu d'intérêt au point de vue où je me place ici. Ces roches en effet sont peu modifiées. Dans les échantillons que j'ai étudiés, j'ai observé quelques exemples de fusion : dans le verre qui prend ainsi naissance, se développent de nombreux microlites de pyroxène vert clair; l'enclave se dissocie peu à peu dans le trachyte.
Ces diverses roches anciennes absolument intactes sont abondantes dans les tufs du lac de Laach : les fragments
1, Voirnotamment : Dechen, op. cit., Wolf, Zeitseh. d. d. geol. Geseli, 1867, Laspeyres , op. cit., ainsi que Oittmar, Verhandl* d. naiurhist> Ver. Rheinl u. Westf^^ XLIV, 477, 1887.
enclavés dans les bombes de trachyte sont généralement de petite taille.
Le leucitophyre d'Olbrûck renferme de petites enclaves de grauwacke dévonienne à grains très fins; elles ne présentent au contact de la roche volcanique que des pénétrations irrégulières de cette dernière entre leurs lits, avec formation d*un peu d'ortbose et de pyroxëne.
Eifel et Siebengebirge, Les trachytes et andésites du Bocksberg, du Rengersfeld (Eifel) et du Siebengebirge, qui seront étudiés plus loin, englobent d'assez nombreux fragments de quartz. Ils sont modifiés comme ceux du Capucin et donnent généralement naissance à de beaux cristaux de tridymite. Vom Rath a signalé en outre au Perlenhardt ^ la formation de quartz récent que je n'ai point personnellement observé. Sa production s'est peut-être effectuée dans des conditions analogues à celle des enclaves des roches basiques de la région du lac de Laach.
M. Pohlig a signalé- dans les tufs du Siebengebirge une très grande variété de schistes à andalousite avec ou sans corindon et montré leur identité avec les schistes anciens granitisés. Ces roches plus abondantes dans les tufs que dans les roches massives sont accompagnées des enclaves quartzofeldspathiques qui seront étudiées dans le paragraphe suivant et qui sont profondément modifiées.
Santorin. — Des fragments de quartz et des débris de schistes se rencontrent en grande quantité parmi les plus récents produits de projection de la dernière éruption de Santorin. En 1875, M. Fouqué en a recueilli un grand nombre à la surface du cône de Georgios. Quelques-uns étaient isolés, mais la plupart étaient engagés dans la lave