Die Andésite des Kaukasus. Oorpat
enclaves similaires que j'ai observées dans les roches basaltoïdes.
A. Trachyies et andésites acides. — D'une façon générale, les enclaves de ce groupe ont été soumises à une température inférieure à celle qu'ont subies les enclaves des roches basaltoïdes. Les phénomènes de scorification y sont rares. Les recristallisations, au contraire, y sont extrêmement énergiques. Elles semblent dues surtout à l'action de minéralisateurs. Souvent, les produits ainsi formés enlèvent à l'enclave son cachet d'origine, aussi l'interprétation est-elle parfois difficile, et ce n'est que par la comparaison d'échantillons provenant de gisements très divers qu'il est possible de reconstituer leur histoire.
Un fait frappe Tattention tout d'abord : c'est Tabondance dans ces enclaves de quelques minéraux, et notamment de la cordiérite et de l'andalousite, qui sont généralement peu abondants dans les roches anciennes des régions d'où proviennent ces enclaves ou qui même n'y ont jamais été signalés. La première idée qui vient à l'esprit est d'attribuer ces minéraux à l'action de la roche volcanique englobante. L'existence dans plusieurs gisements d'enclaves de granulite ou de gneiss à cordiérite, andalousite, sillimanite, dont j'ai pu suivre toutes les modifications, permet toutefois de rejeter cette hypothèse dans les cas que j'ai moi-même étudiés et l'on peut dire, d'une façon générale, que si la cordiérite et l'andalousite sont fréquentes dans les enclaves modifiées des roches trachytoïdes, c'est que, parmi les éléments des granulites et des gneiss enclavés, ce sont ces minéraux qui résistent le mieux à l'action du magma trachytique. Il en résulte une sorte d'enrichissement en minéraux rares qui rappelle celui qui se produit dans les cours d'eau charriant des sables granuli tiques. Dans ces derniers, les minéraux durs, peu abondants au
milieu des roches détruites, finissent par se concentrer ainsi en des points particuliers.
Toutefois, quelques auteurs, M. Osann entre autres, ont annoncé avoir observé la recristallisation de cordiérite aux alentours d'enclaves de roches anciennes à cordiérite ou ont admis sa cristallisation directe dans le magma volcanique. Je n'ai rien trouvé de semblable dans les échantillons que j'ai étudiés et il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que tous les essais qui ont été faits pour faire cristalliser de la cordiérite dans des roches volcaniques acides fondues, sont restés sans résultats.
Le cas le plus simple qui se présente, comme modification, est celui qu'on observe dans les pegmatites enclavées dans les trachytes de Menet : elles sont exclusivement composées de feldspath et de quartz. Ce dernier se fendille ; comme toujours, ses inclusions liquides se vident; le feldspath est criblé d'inclusions gazeuses, il se brise suivant ses deux clivages, puis il est imbibé par du feldspath récent plus sodique, s'orientant cristallographiquement sur lui (PL V, fig. 2) et pouvant même Tépigéniser totalement.
Plus rarement, le feldspath est fondu et recristallise sous forme rectangulaire, comme dans les enclaves des roches basiques, ou sous forme de larges sphérolites à allongement négatif, rappelant celui des porphyres pétrosiliceux.
Les phénomènes sont plus complexes dans le cas d'enclaves de granité ou de gneiss. Un fait est général, c'est la façon dont la biotite se modifie; elle se transforme en spinelle vert et magnétite octaédriques, souvent accompagnés de biotite recristallisée. Ces substances jalonnent le moule du minéral disparu et sont englobées par du feldspath récent. (PL V, fig. 5 et 11). Fréquemment (le
Capucin), il se développe en outre, aux dépens de la biotite, de Thypersthène d'un vert très foncé, plus rarement enfin de Taugite.
Les modifications subies par Tenclave peuvent en général être ramenées à deux types. Le premier, qui s'observe dans les enclaves de tracbyte du Capucin, est caractérisé par la corrosion graduelle des feldspaths qui, attaqués, soit sur leurs bords, soit à leur périphérie, sont remplacés peu à peu par de Tortbose sodique de nouvelle génération offrant la même orientation que le feldspath ancien. Le quarts est plus ou moins complètement résorbé; la cordiérite, Tandalousite sont criblées d'inclusions vitreuses et de spinelle de nouvelle formation (PL IV, fig. 4 et 11). La roche conserve sa structure primordiale. Souvent le volume des minéraux de nouvelle génération n'est pas égal à celui des minéraux résorbés (Mont-Dore) , il en résulte des cavités que tapissent (PI. Y, fig. 3) de nombreux minéraux récents bien cristallisés : tridymite, orthose, hypersthène, oligiste, etc.
Dans le second type, les feldspaths récents sont grenus, nont plus aucune relation d'orientation avec les minéraux anciens ; la schistosité et la forme de Fenclave sont encore respectées parce que la transformation s'est produite lit par lit. La roche est criblée de spinelle et de magnétite récents ; il se développe en outre en abondance de la biotito de nouvelle formation. Les cristaux feldspathiques de nouvelle génération ont souvent des formes géométriques et sont pressés les uns contre les autres, séparés seulement par un peu de verre (Eifel, PI. IV, fig. 2 et 6). Les grands cristaux d'andalousite (Plateau Central de la France, Eifel, Siebengebirge, etc.), plus rarement ceux de disthèneet de sillimanite (Monte Amiata) sont eux-mêmes attaqués et se transforment en un mélange de spinelle, do corindon en
cristallites ou en grands cristaux (fig. 14 et PL IV, fig. 2 et 6). Il y aen outre, quelquefois, formation de eillimanite qu'il n'est guère possible de distinguer de la siliimanite ancienne. Enfin, de nombreux petits cristaux de rutile sont disséminés dans la roche : ils sont sans doute formés aux dépens de la biotite.
 Fontenilleet au Lioran, il est possible de suivre pas à pas les transformations qui viennent d'être décrites. Dans l'Eifel, le Siebengebirge, en Toscane, etc., au contraire, les enclaves ne nous ont montré que le terme ultime de la transformation des feldspaths. Fréquemment, on voit varier la structure de la roche nouvellement formée, qui est tantôt à grains extrêmement fins (PI. IV, fig. 3 et 7), tantôt à plages feldspathiques très grandes, donnant à la roche l'apparence d'une kersanlite; dans un grand nombre de cas, on rencontre des vestiges de la roche primordiale sous forme de cordiérite, de moules d'andalousite, etc. (PI. IV, fig. 5 et 10) ; mais souvent aussi, ils font défaut et la nature de l'enclave ne peut plus être établie que par analogie avec celles dont toutes les étapes successives de transformation ont pu être suivies.
Un fait qui mérite d'appeler l'attention est l'abondance de rhypersthène, comme élément récent des enclaves quartzofeldspathiques dans les roches volcaniques acides, et la rareté relative de l'augite qui ne s'observe que dans des gisements spéciaux. Dans un grand nombre de trachytes et d'andésites normalement dépourvus d'hypersthène, ce minéral se forme en abondance à proximité des enclaves, dans la roche volcanique.
B. Trachytes à hailyne, — Les enclaves que l'on trouve au lac de Laach (granulites, gneiss et schistes, souvent riches en cordiérite, andalousite, siliimanite, corindon, etc.) présentent des modifications semblant indiquer l'action
d'une température plus élevée que celle que nous avons constatée dans les trachytes normaux. L'action des minéralisateurs parait avoir été au contraire faible : cela tient sans doute à ce que les blocs étudiés n*ont été que peu de temps soumis à Faction de la roche volcanique et qu'ils ont été brusquement arrachés au sous-sol par les grandes explosions dont cette région a été le siège.
Les faits les plus intéressants à signaler dans les enclaves granitiques consistent dans la fusion de la biotite et la formation à ses dépens de spinelle, de magnétite, de biotite et souvent de grands cristaux d'hypersthène. Quant aux gneiss à cordiérite, ils sont intacts ou bien en voie de transformation ; dans d'autres cas» enfin, la cordiérite, le grenat, Tandalousite, une partie du quartz subsistent dans le verre, seuls ou accompagnés d'hypersthène, de biotite et de feldspath recristallisés comme dans les roches décrites à Santorin, au cap de Gates, etc. Ces enclaves à cordiérite ont donné lieu à de nombreuses discussions, quelques auteurs voulant y voir des produits d'origine volcanique ou des minéraux recristallisés, tandis que d'autres les considéraient comme témoins de schistes plus ou moins modifiés. Je me suis prononcé pour l'origine ancienne de la cordiérite des échantillons que j'ai eus entre les mains.
C. Phonolites. — Les documents que j'ai pu recueillir sur les enclaves quartzofeldspathiques des phonolites sont peu nombreux : ils consistent dans des fragments de gneiss, recueillis dans divers gisements du Plateau Central de la France et du Kaiserstuhl. Les transformations sont très intenses et souvent complètes ; elles sont très ana-* logues à celles que nous avons étudiées dans les trachytes et les andésites acides.
Il y a en général fusion plus ou moins complète des feldspaths et recristallisation d'orthose sodique grenue ou
à formes nettes. Le mica se transforme en spinellides et parfois en sillimanite (Kaiserstuhl). Ce dernier minéral, qui existe aussi à Tétat ancien dans quelques gisements (Valette), est parfois épigénisé par du spinelle.
L'œgyrine ou Taugite œgyrinique est fréquente dans ces enclaves, surtout dans les parties où le magma phonolitique a pu pénétrer la roche englobée, Thypersthène y est absent.
Quant au verre non recristallisé, il est presque toujours transformé en zéolites (mésotype, analcime, thomsonite), au milieu desquelles s'observent souvent de beaux cristaux d'œgyrine (Valette), et parfois de la wollastonite (Eaiserstuhl).
Enfin, certaines enclaves du Kaiserstuhl ne renferment plus qu'un mélange schisteux de feldspaths et de biotite, accompagnés de sillimanite, de spinellides, de corindon et de pyroxène : les zéolites y sont généralement abondantes.
La nature de ces enclaves ne peut guère être établie que par analogie avec celles dont les divers degrés de transformation ont pu être étudiés.
A. Trachyles et andésites acides.
Plateau Central de la France. — Puy-de-Dôme. Je dois à Tobligeance de M. Vélain un bloc de trachyte à biotite et augite {dômite) recueilli dans la cinérite supérieure de Pailloux, au Sud-Est du Puy Gros (Mont-Dore). Cet échantillon renferme une enclave très intéressante, c'est une granulite à coixliérite, andalousite, sillimanite, analogue à celles que j'ai rencontrées non loin de là dans les basaltes du lac de Guéry. Elle fait partie de la même série géologique que les enclaves à cordiérite du Capucin qui seront étudiées plus loin.
L'iDtérôl des enclaves de Pailloux réside surtout dans ce fait qu'à côté d'enclaves plus ou moins modifiées, s'en ti*ouvent d'autres, absolument intactes, dont Torigine est indiscutable.
Les granulites non modifiées sont riches en quartz; elles sont essentiellement composées par de Torthose, de l'oligoclase et de la cordiérite.
La cordiérite se présente en cristaux allongés atteignant 2 '"' ; leurs bords sont souvent rectilignes ; ils offrent les macles polysynthétiques suivant m (110) ; ils sont souvent entourés par une gaine légère de limonite. Leur couleur bleue et leur polychroïsme sont intenses. On observe en lames minces :
^» 1 violet.
nm I
Dp incolore.
rip étant parallèle à l'axe vertical, on voit que le maximum de polychroïsme a toujours lieu transversalement el que les sections p (001) restent bleues sans grand polychroïsme, à cause de l'absorption presque égale suivant ng et nm . Toutes les autres propriétés sont celles de la cordiérite normale.
A ces minéraux essentiels, il faut ajouter la sillimanitc en fines aiguilles enchevêtrées, englobées par la cordiérite et tous les autres éléments de la roche. L'andalousite forme aussi de grands cristaux cristallitiques souvent englobés dans les touffes d'aiguilles de sillimanite. La biréfringence et le signe de l'allongement, différents dans les deux minéraux les font, dès le premier coup d'œil, distinguer l'un de l'autre. L'andalousite ne forme du reste pas de fibres comme la sillimanite.
D'une façon générale, on constate l'existence d'une quantité considérable d'inclusions gazeuses et surtout vitreuses
dans tous les éléments essentiels et spécialement dans la cordiérite et le quartz. Les inclusions vitreuses ont presque toutes une bulle gazeuse ou des octaèdres de spinellides. Elles aflectent souvent la forme de cristaux négatifs, surtout dans la cordiérite (longs canaux allongés suivant l'axe vertical).
Au contact du tracbyte et de Tenclave, on voit cette dernière fuser dans la roche volcanique. Le feldspath disparaît le premier, le quartz prend des formes arrondies, la cordiérite reste intacte. Le Irachyte qui est normalement très acide, formé en grande partie par des microlites d'orthose, ne semble guère modifié par cet apport de matière étrangère. Au fur et à mesure que Ton se rapproche de Tenclave, on voit les fraguieuts granulitiques augmenter; enfin, on arrive à la roche non pénétrée par le tracbyte. (PI. IV, fig. 8.) Les feldspaths et le quartz sont généralement fondus sur les bords; Tenclave a dû subir, au moment de son englobement, une sorte d'étonnement qui, en rendant les divers minéraux indépendants les uns des autres, leur a permis de fondre chacun à sa périphérie. Le verre résultant est incolore ou brun clair (peut-être par suite de Texistence d'un peu de biotite fondue). Ce verre est parfois dépourvu de cristaux ; il possède une structure fluidale rappelant celle des pechsteins. Le plus souvent, il s*y développe quelques microlites rectangulaires d'orihose ou des cristaux du même minéral aplatis suivant /(OlO), avec contours p (001), a*'* (201), se groupant en grand nombre pour former le squelette d'un grand cristal. Le verre est parfois très riche en tridymite. Enfin, par places, le produit de la fusion est entièrement recristallisé sous forme de feldspath groupé en rosettes ou en sphérolites autour d'éléments anciens.
Il faut aussi attribuer une origine récente à quelques
rares octaèdres de spinelle qui se développent dans la cordiérite au millea des touffes de sillimanite.
Mont-Dore. — Les trachytes à biotUe et hornblende du rocher du Capucin, au Mont^Dore, renferment en très grande quantité des enclaves variées qui ont depuis longtemps attiré Tattention à cause des minéraux qui tapissent leurs druses^ Je les ai moi-même étudiés à deux reprises^, et j'ai montré que les enclaves riches en cordiérite sont bien des fragments de gneiss arrachés à la profondeur. On trouve en outre dans le même gisement des enclaves de granité et de granulite.
Toutes ces enclaves sont surtout abondantes au sommet du rocher du Capucin; on peut en recueillir aussi en grande quantité dans les bois qui couvrent la montagne au dessus du village du Mont-Dore. Elles sont anguleuses, et se détachent difBcilement du trachyte qui les englobe.
Des enclaves du même genre se rencontrent aussi dans d*autres points de la vallée du Mont-Dore et notamment près de la Grande Cascade, dans le ravin des Egravats, etc. , mais elles y sont assez rares.
Gneiss à cordiérite. Les enclaves de cette roche sont anguleuses et tranchent par leur couleur bleue noirâtre sur le trachyte gris clair. Elles sont fréquemment vacuolaires et renferment alors des minéraux de nouvelle génération.
1. Des Cloizeaux, Manuel de minéralogie, II, Appendice, p. XIV, 1874, et Neues Jahrb. Briefl. MittheiU, 45, 1878.
Vom Rath. Poggend. Ann. CLXII. 27. 1874.
Gonnard. Ac. Sc.etc, de Lyon, XXIV, \%70. — Miner, du Puy de-Dôme^ Pan«. Savy, 1876. — BulU Soc, miner. II. 150 (1879), IV 43(1881), VIII 46 (1885).
CEbbecke. Bull, Soc, miner, VIII, 5G, (1885). — Busz. Zeilschr, f, Kryst. XVII,554, 1890.
2. BuU, Carte géol, de la France, n* 11. t. II, 48, 1890, et Bull, Soc, géoU ^' série, XVIII, 845, 1891.
L'e^camen microscopique montre que ces eDclavee sont esseutiellemeut formées de cordiérite, d'andalou&ile, de sillimanile, de corindon, de grenat almandin, d'apatite, d'orthose, d'oligoclasc et de quartz (PI. IV, &g. 1 1).
La cordiérite est semblable à celle des enclaves de Pailloux ; l'audalousite se présente en très grandes plages.
Les modifications siiliies par ces roches consisteul surtout dans la résorption, souvent complète, du quarlz, de l'orthose et d'une partie de l'oligoclase, qui constituaient primitivement la roche, et dans leur remplacement par de l'orthose (sanidiue) qui parfois s'oiiunte sur les restes corrodés du feldspath ancien (lig, la). La corrosion ne se fait pas loujours par la périphérie des cristaux. On observe dans quelques cas des faculea de feldspath récent au
milieu de feldspath ancien, facules rappelant le quartz de corrosion des roches granitiques anciennes.
Les autres éléments de la roche ne sont pas altérés, mais il s*y développe des inclusions vitreuses à bulle en mâme temps qu'une très grande quantité de spinelle vert et de magnétite.
Le spinelle forme parfois des octaèdres a^ (111) absolument creux et réduits à une mince pellicule ; ils offrent alors Taspect d'une petite boîte octaédrique, dont on per« çoit les détails en faisant mouvoir lentement la vis micrométrique du microscope. Le spinelle s'amasse autour des cristaux anciens et principalement autour de Tandalousite. Souvent le spinelle est placé au milieu d'une inclusion vitreuse avec ou sans bulle de gaz.
La magnétite se produit de préférence autour des cristaux de cordiérite dont elle dessine les formes; on la trouve aussi autour ou dans le grenat et la biotite.
11 se forme, en outre, un autre élément, Thypersthène, qui est souvent très abondant, moulant tous les autres minéraux, môme l'orlhose récente. Cet hypersthène est très ferrifère et possède une couleur et un polychroïsme parfois très intenses :
Ilg = vert bouteille à vert divine.
nm = rouge clair.
Ilp = rouge brunâtre.
Il se développe avec abondance dans les parties de la roche riches en biotite, entourant ce dernier minéral qui semble, par sa fusion, avoir déterminé la formation du pyroxène rhombique qui nous occupe. La biotite est rarement intacte et presque toujours plus ou moins transfor mée en produits ferrugineux.
A tous les minéraux qui viennent d'être énuraérés, il y a lieu d'ajouter la tridymite, souvent très abondantci
Dans beaucoup d'échantillons, tous les éléments anciens du gneiss, sauf Tandalousite, la cordiérite, la sillimanile et une partie de la biotite ont disparu, et Ton ne peut expliquer la persistance de la forme de l'enclave et de la disposition relative de ses éléments anciens, qu'en admettant que la résorption du quartz et du feldspath ancien s'est faite d'une façon lente, au fur et à mesure que lorthose récente recristallisait et empêchait Tenclave de se disloquer.
Cette résorption parfois complète du quartz et des feldspaths des gneiss à cordiérite peut expliquer pourquoi Ion ne trouve au Capucin que des enclaves de gneiss à cordiérite et pas de gneiss normaux. Les fragments de gneiss normaux ont pu être complètement résorbés ou transformés puisqu'ils ne renfermaient pas de minéraux réfractaires à l'action du magma trachytique.
Quant au corindon, il accompagne toujours Tandalousite; il s'est peut-être formé à ses dépens, ainsi que cela a lieu dans les enclaves d'autres gisements que j'étudierai plus loin, bien que certains cristaux semblent être anciens.
Les éléments inattaqués sont souvent disposés dans le gneiss par lits, séparés par des bandes quartzofeldspathiques résorbées ; il existe des cas où le volume des minéraux de nouvelle génération n*est pas égal à celui des éléments résorbés; il en résulte des géodes dont l'ossature est formée par les éléments intacts du gneiss. Leurs parois sont recouvertes par une couche d'orthose récente. Il s'y développe alors de beaux minéraux drusiques qu'il ne faut pas confondre avec les minéraux anciens (grenat, cordiérite, quartz) en partie décapés, qui s'observent parfois au milieu d'eux.
Les minéraux formés dans les druses sont les suivants :
hypersthène^ tridymite, magnétite, spinelle, oliqisie et orthose.
L*hypersthène et la tridymite de ce gisement sont aujourd'hui trop connus des minéralogistes pour qu'il soit besoin d'insister beaucoup sur leurs propriétés.
Je rappellerai seulement les formes de Thypersthène. Ses cristaux sont très allongés suivant Taxe vertical, ils sont brun verdâtre; les formes suivantes y ont été signalées : m (110). g^ (010), A* (100), p^(120), a*'2(201), 6*'* (045), éî«(012), 6*'* (111), (6*6**3 A*'*)(212), (ji.3 ji-s /^i.aj (412), Og (211), (6* 6*'^^*'^ (232). Ces cristaux ne sont pas aplatis comme ceux des enclaves volcaniques qui seront décrites plus loin.
Il est intéressant de remarquer l'absence complète de pyroxëne monoclinique dans les druses de ces enclaves acides, tandis que ce minéral accompagne ou môme remplace rhyperstbène dans les enclaves non quaclzifëres du môme gisement.
M. Gonnard m'a confié un échantillon qui renferme une substance blanche, formant des palmes très délicates, monoréfringentes, constituées par de la silice. G^est probablement une forme particulière de tridymite que le peu de substance ne m*a pas permis d'étudier plus complètement.
L'orthose est rarement en cristaux suffisamment nets pour qu'il soit possible de les déterminer cristallograpbiquement. Dans un échantillon que je dois à Tobligeauce de M. des Gloizeaux, J'ai pu cependant isoler quelques cristaux fort nets d'environ 1"^"^. Ils sont aplatis suivant p(OOI); cet aplatissement est peu habituel aux feldspaths; il a été déjà signalé par M. Iddings* dans l'orthose sodique
1. Obstdian Cliiï, Seventh Annual Report. U. 5. Geol Surv., 1885-86, p. 267, Washington, 1888.
des lithophyses des rhyolites du Yellowstone Park. Les cristaux du Capucin sont en général riches en faces : p (001), m (110), g^ (010), A* (100), .^^^30), a*(Ï01), a*'* (201), e*'*(021). Les dômes et les pyramides ne forment que de très petites facettes. Dans quelques cristaux, les faces g^ sont très développées, h^ et g^ très réduites. La macle de Four la Brouque (Manebach) a été observée.
Il est facile de constater en lumière polarisée soit parallèle, soit convergente, les propriétés optiques habituelles des faces p de Torthose (orthose non déformée).
La fig. 3 de la PI. Y donne une idée de la structure des parties poreuses de ces enclaves en grande partie formées d'éléments récents, moulant la cordiérite ancienne.
J'ai rencontré plusieurs fois au Capucin des enclaves grenues constituées par du labrador, de la biotite très fraîche; le spinelle vert et la magnétite sont très abondants, accompagnés par de longues baguettes do zircon et de rhypersthène postérieur à tous les autres éléments.
Dans un travail antérieur, j'ai émis Topinion que ces roches pouvaient ôtre des kersantites ou une variété de gneiss. Leur comparaison avec certaines des enclaves qui seront décrites plus loin me font rejeter cette première manière de voir : ces roches sont certainement le résultat de la recristallisation complète d'enclaves de gneiss. On y trouve rarement de la cx)i*diérite.
Un échantillon, grossièrement rubané, montrait, en outre de la composition minéralogique énoncée plus haut, un peu d'augite. L'enclave était fortement corrodée et, dans ses cavités, j'ai observé des phénomènes de reproduction d'orthose, de tridymite, d'hypersthène, d'oligiste, analogues à ceux qui viennent d'être signalés dans les enclaves de gneiss. Il est probable que cette enclave, après avQir subi une première recristallisation en profondeur, a
été charriée dans le magma trachytique. Se trouvant alors placée dans des conditions physiques nouvelles, elle a subi de nouvelles transformations. La preuve que la recristallisation de cette enchive a pu se produire en profondeur réside dans ce fait, que j'ai découvert des enclaves analogues dans des andésites augitiques (passant aux diabases), elles-mêmes enclavées par le trachyte du Capucin. Ces andésites sont inconnues en place dans la région.
Granité. Les enclaves de granité sont arrondies ; M. P. Gautier m'en a récemment envoyé plusieurs échantillons qu'il a recueillis au sommet môme du rocher du Capucin. Elles se détachent beaucoup plus facilement du trachyte que les enclaves de gneiss à cordiérite. L'une d'elles est constituée par de la biolite, de l'oligoclase, de l'orthose et du quartz (rare). L'orthose moule l'oligoclase. Tous les éléments blancs sont remplis d'inclusions gazeuses comme dans les roches qui ont été soumises à une très haute température après leur consolidation.
La roche est creusée de nombreuses cavités produites par la corrosion de ses éléments (c'est le quartz qui disparait le premier), elle prend alors une sorte de structure miarolitique. Dans les nombreuses géodes ainsi formées, se produisent de l'hypersthène de couleur claire et de l'orthose, analogue à celle que nous avons vue dans les gneiss à cordiérite. De même que dans les enclaves de gneiss, l'orthose récente ne renferme pas les inclusions gazeuses signalées dans les éléments anciens; elle s'oriente souvent sur les feldspaths anciens corrodés.
La biotite est très altérée et elle est en partie remplacée par un mélange de niagnétite et de feldspath moulé par l'hypersthène; celui-ci, en lames minces, est à peine coloré et peu polychcoïque, contrastant par suite avec l'hypersthène des roches précédentes.
Dans quelques échantilloas, oo observe la recristallisatioD de très uombreuses paillettes de biotite et d'une grande quantité de gros cristaux d'hypersthène.
Le feldspath recristallisé accompagné de tridymite afiecte parfois les formes représentées par la fig. 3 de la PI. V ; mais, dans plusieurs échantillons originairement très pauvres en quartz» la tridymite ne se produit plus, le feldspath récent, en partie triclinique, devient franchement grenu, il englobe Thypersthëne parfois dentelliforme et cristallitique. La roche recristallisée présente alors une grande analogie avec certains gneiss à pyroxène. Dans un de mes précédents mémoires S j ai décrit une roche analogue provenant également du Capucin et une autre recueillie par M. Michel Lévy dans les andésites de Bcssole ; j'avais fait alors des réserves sur son origine que mes nouveaux échantillons viennent éclairer aujourd'hui. C^est là uu nouvel exemple des difficultés d'interprétation que Ton rencontre à chaque pas dans Félude des enclaves des roches volcaniques, difficultés qui ne peuvent être résolues que par Tétude d'un nombre considérable d'échantillons.
Roc de Gacadogne. — r Je dois à M . P. Gautier une enclave de granité provenant du irachyte à hornblende du Boc de Gacadogne, près du Sancy : ce granité est riche en pyroxène, sphène, zircon et apatite. Il est parcouru de veinules d'un verre brunâtre. Le mica est transformé en un agrégat de magnétite et d'augite; le pyroxène ancien est en pai*tie fondu et recristallisé sous forme de grains irréguliers entourant les cristaux anciens. Le feldspath et le quartz sont à peine fondus et leur verre est dépourvu de produits recristallisés. Quant au sphène, il fond et s'entoure d'une bordure noire opaque.