‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 84 sur 206 · M XJ · texte numérisé non relu

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CShamps Phlégréens. — Cratère de rAstroni. — Au cours de mon voyage de 1893, j'ai trouvé à TAstroni de très remarquables enclaves qui, à ma connaissance, n'ont pas encore été décrites.

Quand on descend dans le fond du cratère par le petit sentier, on trouve, en rejoignant en bas la route carrossable, un chemin qui conduit au milieu du cratère. Ce sentier, à quelques mètres de la route, a été taillé dans le tuf trachy tique; c'est à ce point et à droite du chemin, que j'ai trouvé d'énormes blocs d'une roche à grands éléments, constituée par l'enchevêtrement de cristaux de humboldtilite atteignant parfois 0^°^ 5.

A Pœil nu, en outre de la humboldtilite, on distingue de Taugite. Dans les nombreuses cavités de la roche, se trouvent de fines aiguilles transparentes d'apatite, et des prismes fibreux de phacélite.

Par places, la humboldtilite est colorée en jaune rougeâtre. Les cristaux fort nets présentent les formes p (001), m (110), A^ (100), h^ (310), 6* (112); ils sont aplatis suivant la base, leur coloration est souvent plus intense à leur périphérie qu'à leur centre.

Quelques échantillons sont parcourus par des veines noires, à pâte fine et rugueuse, dans lesquelles se distinguent, à l'œil nu, des aiguilles blanches d'apatite et de phacélite.

Au microscope, la humboldtilite se montre en grands cristaux, à un axe négatif, présentant un clivage basique grossier, mais très répété. La biréfringence est plus grande sur les bords des cristaux qu'au centre, et d'autant plus grande que le minéral est plus coloré. J'aurai l'occasion de revenir dans un prochain travail sur les variations de biréfringence de ce minéral.

Dans les variétés colorées, le minéral est en lames minces d*un beau jaune d*or et très pléochroïque avec :

Bg ^ jaune d*or.

np = jaune pâle.

Les inclusions vitreuses à bulles sont très abondantes ; elles manquent au contraire dans le pyroxène; celui-ci est une augite verte pléochroïque dans les teintes vertes et jaunes. Ce minéral semble être contemporain de la humboldtilite, il possède généralement des formes nettes.

L'apatite en longues baguettes est englobée par les minéraux précédents et se trouve également dans les géodes. C'est dans ces conditions que se présente la phacélite en cristaux, renfermant des inclusions vitreuses en forme de longs canaux, ou des aiguilles d'augite orientées parallèlement à Taxe vertical des prismes hexagonaux.

Enfin, les interstices miarolitiques de la roche sont sou* vent comblés par de la leucite, sans formes distinctes, montrant très nettement les macles polysynthétiques. C'est ce même minéral qui va être caractéristique des veines noires dont j'ai parlé plus haut.

Elles sont, en effet, essentiellement constituées par de la leucite, soit en grandes plages, soit en cristaux globuleux pressés les uns contre les autres et moulés par un mélange de haûyne et de humboldtilite, ou bien encore par de grandes plages de humboldtilite.

La haQyne, avec ses longues inclusions noires, entrecroisées en forme de grillage, est incluse dans la leucite ou disséminée, comme nous venons de le dire, dans l'intervalle des cristaux de ce môme minéral. Elle forme alors des cristallites, très allongés, souvent grêles et parfois contournant d'une façon étrange les minéraux plus anciens qu'elle ; la humboldtilite qui se trouve dans ces assem-

blages est criblée d'inclusions ferrugineuses opaques parfois palmées, donnant au minéral un aspect scoriacé. Ces inclusions manquent généralement dans les grands cristaux de humboldtilite qui ne sont pas accompagnés d'haûyne.

Le pyrozène existe aussi dans ces agrégats soit en grands cristaux, soit en longues baguettes ressemblant à d'énormes niicrolites. Fréquemment, à sa périphérie, il se transforme en œgyrine.

Enfin, un peu de labrador s'observe par places en petites plages postérieures à la leucite.

L'apatite, la phacélite généralement calcifiée sont assez abondantes.

Cette roche noire est presque toujours imprégnée de calcite secondaire ; elle présente des aspects très variés suivant que la leucite est plus ou moins abondante et que son ciment cristallin est lui-môme plus ou moins développé. Il existe des passages insensibles entre ces veines noires et la roche à humboldtilite dominante.

Cette dernière roche possède les caractères extérieurs et la composition minéralogique (pyroxène et humboldtilite), des scories fréquentes dans les fours à chaux où Ton cuit des calcaires siliceux.

Il est donc certain que les roches que je viens de décrire sont le résultat de la transformation de calcaires, sous Taction d'une roche volcanique dont les veinules noires leucitiquessont, sans doute, les témoins endomorphisés. Aucune roche à leucite n'est connue en place dans celte région, mais des fragments de leucotéphrites ont été signalés dans les tufs trachytiques de divers points des Champs Phlégréens et J. Roth * en a trouvé, notamment à l'ouest de

1. Monatshcr. d. k. p. Akad. d. Wissensch. Berlin. 994, 1881.

Torre Lupara, sur les bords du cratère de rAstroni. Il est possible que le métamorphisme de ces calcaires soit dû à des roches analogues. Je n'ai recueilli qu'un seul morceau de cette roche en contact avec une ponce trachy tique. La zone de contact est formée par de longs cristaux d*augite vert foncé, au delà de laquelle le trachyte est extrêmement riche en petits grains d'augite jaune. L'enclave renfermant de la leucite, et la roche enveloppante n'en contenant pas, il faut supposer que le bloc a été englobé par le trachyte, alors qu'il était déjà métamorphisé par une roche différente, à moins que l'on ne regarde la leucite et l'haûyne comme un produit métamorphique, ce qui semble peu probable.

En outre de ces roches à humboldtilite, j'ai recueilli, dans les tufs trachytiques de l'entrée du cratère (près la maison du garde), un petit nodule d'environ 4^ de diamètre, ayant la composition des blocs à forstérite de la Somma. Il est exclusivement formé par de grands cristaux de forstérite et par du spineile violacé et verdâtre en lames minces. La roche, très caverneuse, est imprégnée de calcite secondaire.

Un autre échantillon est formé de pyroxène vert foncé, d'anorthite et de wollastonite en cristaux à formes nettes, accompagnés de beaucoup de petits prismes d'apatite. Tous ces minéraux sont noyés dans de la calcite microcristalline qui les imprègne et qui semble d'origine secondaire.

Monte Olibano. — Dans les grandes carrières de trachyte du Monte Olibano, et particulièrement dans celles que l'on trouve immédiatement après la hatte du chemin de fer de Gerolomini, en allant à Pouzolles, j'ai recueilli, en même temps que les sanidinites étudiées plus loin, de petites enclaves constituées par du pyroxène vert foncé et un peu d'anorthite. Ces enclaves, généralement drusiques,

rappellent beaucoup celles de Santorin et ont probablement la même origine.

Des de Procida et de Vivara. — Les tufs irachytiques de Procida renferment à la sortie même du port de la ville de Procida (marina de San Gattolico}, en même temps que des trachytes, de très nombreux blocs de sanidiniteSy de leucotéphrites et enfin des calcaires^ plus ou moins modifiés qui ont déjà été brièvement signalés par J. Roth ^ Ce savant a trouvé des calcaires calcinés et renfermant parfois de Tidocrase.

Les nombreux échantillons que j'ai moi-même recueillis en 1893 sont assez différents de ceux étudiés par J. Roth.

Ces calcaires modifiés peuvent être rapportés à trois types.

Les plus rares de ces enclaves se rapprochent des calcaires zones et drusiques de la Somma, bien que leur structure soit beaucoup moins régulière.

A Tune des extrémités d'un des échantillons que j^ai recueillis, des cristaux de péridot et de spinelle, tout à fait identiques à ceux de la zone intérieure des blocs drusiques de la Somma, sont disséminés dans de grandes plages de calcite, puis vient une zone constituée par des grains de spinelle et de péridot, englobés par des produits de décomposition d'un minéral disparu.

Le reste de la roche est formé par un agrégat de grands cristaux de humboldtilite, de grenat, de wollastonite, de pyroxène et d anorthite, avec quelques octaèdres de spinelle verdâtre.

Les proportions relatives et la taille de chacun de ces éléments sont très variables d'un point à un autre. Les

1. Monatsber. d. k, p. Akad. d. Wissensch. Berlin, 1003, 1881.

cristaux atteigneat parfois 0"^ 5, alors que dans d'autres parties de la roche, ils ont à peine 0™™ 10.

Un autre échantillon est drusique. Dans l'intérieur du calcaire, le péridot, entouré de petits grains de spinelle, est extrêmement abondant, et finit même au voisinage de la druse par constituer à lui seul la roche qui devient une véritable péridotite à laquelle se mêle un peu de pyroxène et de woUastonite.

La cavité drusique est bordée par une zone de humboldiilite sur laquelle s'appuie le remplissage de la druse, formé par une sanidinite de composition fort simple (sani< dine dominante, avec un peu de pyroxène).

Bnfin, au milieu d'un échantillon presque exclusivement formé de grenat avec un peu de pyroxène, de woUastonite, de humboldtilite et d'anorthite, j'ai trouvé une cavité remplie par de la sanidine, de la davyne, en grands cristaux à un axe positif, et du pyroxène.

Un petit fragment est composé d'un mélange à grands éléments d'anorthite, de woUastonite en partie calcifiés, et de très petits grains de pyroxène.

Notons, en terminant, que tous ces échantillons sont fortement chargés de calcite secondaire qui en rend souvent l'étude pénible.

Nous avons retrouvé ici quelques-uns des types décrits plus haut à la Somma. Ils se sont sans doute formés de la même façon. Les principales différences résident dans l'irrégularité des zones et dans la formation au sein même du calcaire de minéraux tels que le grenat, la woUastonite et la humboldtilite qui, à la Somma, ont été surtout constatés dans les druses, ou dans les calcaires dont les minéraux métamorphiques sont disposés sans ordre.

Quant aux sanidinites de remplissage des druses, elles ne renferment ni amphibole, ni grenat, ni idocrase.

liB second type est exclusivement constitué par du grenat et du pyroxëne. Le grenat grossulaire forme de beaux cristaux jaune cannelle 6^(110), a^(211), serrés les uns contre les autres ; leurs intervalles sont comblés par du pyroxène peu abondant. Ces blocs ressemblent beaucoup à ceux que nous étudierons plus loin au lac de Bracciano, ainsi qu'aux calcaires dévoniens des Pyrénées, transformés au contact du granité.

Enfin le troisième type ne contient que de l'anorthite et du pyroxène, avec rarement un peu de sphène. Les blocs qui le constituent sont généralement rubanés. Le pyroxène vert foncé, pléochroïque en lames minces, est moulé par de l'anorthite grenue ; souvent il reste un peu de calcite primaire. Ces roches offrent une frappante analogie avec quelques gneiss à pyroxène.

Parfois le pyroxène se présente en grains excessivement petits, pressés les uns contre les autres ; il est de couleur plus pâle que dans la roche précédente. L'anorthite forme généralement de grandes plages.

En terminant, notons que J. Roth^ a signalé, dans les tufs trachy tiques de l'ile de Vivara, des calcaires faiblement dolomitiques, plus ou moins calcinés et renfermant de la périclase altérée. N*ayant pas visité cette île lors de mon voyage à Procida, je n'ai pas eu à ma disposition d'échantillons de ce gisement.

Hé d'Ischla. — Les tufs trachytiques du flanc nord de TEpomeo renferment de petites bombes de sanidinite qui seront décrites plus loin, et des fragments de calcaire entièrement transformés.

J'ai examiné notamment plusieurs échantillons presque identiques. Je dois Tun d'eux à l'obligeance de M. Bassani ;

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