Zeitschr. d. d. geol. Gesellsck, XVIII
2. Atti Ace, dei Lincei , 205, 1876, et Zeitschr. f. KrysL, 1, 225, 1877.
recueillis au point de vue spécial où je me place dans ce mémoire, ne représentent probablement pas tout ce que Ton pourrait trouver à cet égard. Us proviennent des tufs de Marino, de Genzano, d'Âlbano, d'Ariccia, de Nemi, de Frascati et enfin des alentours de Tavolato près de Rome. J'emploierai les mêmes divisions que pour les calcaires de la Somma, et je considérerai successivement :
a) Blocs calcaires.
bj Blocs dépourvus de calcaire,
a) Blocs calcaires. — Les blocs calcaires sont très abondants dans le peperino de la Campagne romaine. Ils sont généralement plus ou moins calcinés. D'après vom Rath, ils renferment une quantité variable de magnésie, pouvant atteindre 24 0/0. Ils subissent les mêmes transformations que ceux de la Somma ; ils se sont recarbonatés et généralement hydratés, donnant souvent naissance à de Thydrodolomite.
Les échantillons partiellement silicates sont relativement rares. J'ai recueilli, au dessus du lac d'Albano, un fragment de calcaire cristallin à apparence de marbre, dans lequel on ne distingue, à rœil nu, aucun minéral métamorphique. Au microscope, on constate l'existence d'une quantité considérable d'octaèdres de périclase^ généralement entourés d'une zone de calcite microcristalline; la pcriçlase se transforme parfois en une matière fibreuse, à allongement positif, que j'ai rencontrée en abondance dans un même échantillon où elle semble avoir une même origine. Un peu de péridot (forstérite) accompagne la périclase. Ces calcaires sont absolument identiques aux calcaires à périclase de la Somma.
Contrairement à ce qui se passe dans ce dernier gisement, il n'existe pas dans le Latium (au moins à ma
connaissance) de blocs calcaires drusiques avec les zones siiicatées régulières, décrites plus haut à la Somma, bien que beaucoup d'entre eux présentent une structure rubanée.
Vom Bath a signalé dans la collection de Rome un calcaire avec cristaux d'idocrase. M. Strûver a décrit le même minéral de couleur brun jaune avec mica vert, engagé dans la calcite; d'autres échantillons présentent, en outre, du pyroxëne vert et du grenat brun.
J'ai recueilli à Ariccia un bloc calcaire renfermant en grande quantité des dodécaèdres b^ (110) et des grains irréguliers de grenat mélanite, englobés dans de grands cristaux de pyroxène verdâtre associé à du mica brun clair; celui-ci forme soit de grandes plages, soit de petits nids de fines lamelles. Ces minéraux sont accompagnés à de haOyne d'un bleu verdâtre très clair. Les silicates sont par places dominants, seulement moulés par un peu de calcite, alors que dans d'autres points de la roche, c'est ce dernier minéral qui domine. Gà et là, on y observe, en outre, de gros cristaux d'idocrase jaune clair.
M. StrOver a indiqué l'existence de loutremer soit en petites masses, soit en grains disséminés dans des blocs de calcaire dolomitique, et parfois associés à la pyrite. J'ai recueilli plusieurs échantillons de ce genre dans les carrières de peperino de Marine. Ija roche est un peu rubanée, à cause de la distribution en zone de l'outremer.
Au microscope, on constate que ce minéral, en plages irrégulières d'un bleu superbe, est associé à du pyroxène qu'il moule. Par places, le calcaire disparait et l'on se trouve en présence d'une véritable pyroxénile à outremer, tout à fait identique, comme structure, aux roches du lac Baïkal ; la pyrite est localement assez abondante.
Un de mes échantillons renferme, au milieu du cal*
caire, de petits fragments anguleux, à structure rubanée,
et possédant une couleur bleue très intense. En lames ]
minces, on constate que la périphérie de ces fragments |
est uniquement formée par de Toutremer avec un peu do
pyroxène, ces mêmes minéraux se rencontrent clairsemés
dans la masse même, à peu près isotrope. Il semble que ces
fragments soient formés par un schiste argileux englobé
par le calcaire au moment de son dépôt, et autour duquel
il y a eu plus tard développement exagéré des minéraux
métamorphiques.
b) Blocs silicates. — La composition des blocs silicates est très complexe et je les diviserai immédiatement en deux catégories, suivant qu'ils ne renferment pas de leucite ou au contraire qu'ils en contiennent.
a. Blocs sans leucite. — Les bombes appartenant à cette catégorie sont tout à fait analogues à quelquesunes de celles de la Somma, et il semble possible de les considérer comme formées dans les mêmes conditions, c'est-à-dire par transformation totale de calcaires.
Leurs éléments constituants sont le plus souvent disposés d'une façon quelconque, mais parfois la roche est rubanée. Quelquefois, ces bombes possèdent une structure zonaire rappelant vaguement celle des blocs mixtes de la Somma, grâce à la distribution des éléments colorés (mica, pyroxène) autour de minéraux incolores ou très clairs (olivine jaune paille), mais je ne crois pas, au moins dans mes échantillons, que cette structure soit due à la même cause que dans les échantillons de la Somma.
Les éléments les plus fréquents de ces blocs sont le
pyroxène, le péridot, le mica et le spinelle. Le pyroxène est
soit jaune verdâtre, grenu, friable, légèrement jaune en
lames minces et à peine pléochroïque, soit, au contraire,
vert presque noir. Le péridot est jaune paille et possède
ss
les clivages et toutes les propriétés de celui de la Somma. Le mica est brun foncé, brun rouge ou vert ; le spinelle, vert foncé.
Quelques blocs sont formés exclusivement de mica ou de pyroxène, mais le plus souvent les quatre minéraux qui viennent d'être énumérés sont associés, formant des types pétrographiques très variés suivant l'abondance plus ou moins grande de chacun d'eux et suivant leurs dimensions relatives.
Le mica est généralement le minéral le plus récent et ses lamelles englobent parfois un grand nombre de grains des autres minéraux formant de larges lames à structure pœcili tique.
La composition de ces blocs vient se compliquer par l'apparition du grenat jaune clair, de Tidocrase, de la humboldtilite et de la woUastonite. Ils sont parfois creusés de druses que tapissent des cristaux des éléments qui viennent d'être énumérés, ainsi que de quelques autres minéraux, magnétite, haûyne, riches en faces décrites par M. Strûver; le pyroxène a la forme de la fassaïte.
Un de mes échantillons est formé de péridot jaune paille noyé dans de la calcite, formant des nodules entourés par des lamelles de mica verdâtre, qui sont intimement associées à de la humboldtilite. Ce sont les échantillons signalés plus haut qui rappellent les blocs mixtes de la Somma^ auxquels on ne peut les comparer que si Ton considère les nodules à péridot comme le résultat de la transformation totale du calcaire, et le mélange de mica et de humboldtilite (disposés d'une façon quelconque] comme le résultat du remplissage total de druses.
C'est encore à ce groupe de bombes qu'il y a lieu de rattacher des associations d'augite vert clair à formes de diopside, de pléonaste et d'apatite et d'autres, constituées
par du pyroxène vert, de Tanorthite et un peu d'haûyne, associations minérales décrites par M. Strûver. D'après ce savants Tanorthite est très rare aux Monts Albains. Ce fait est à opposer à Tabondance du même minéral dans les bombes similaires de la Somma. Tous les minéraux des roches que je viens de passer en revue renferment des inclusions vitreuses avec ou sans bulle.
A cette catégorie de blocs, on pourrait rattacher, malgré l'existence fréquente de la leucile, des roches riches en grenat et en haûyne généralement incolore ou de couleur très pâle. Le grenat ne se voit guère qu'au microscope en innombrables petits grains, se groupant pour former des agrégats légèrement contournés; plus rarement, on observe des dodécaèdres b^ (110) nets. Ce grenat est jaune brunâtre en lames minces. Il est constamment associé à du pyroxène soit en gros cristaux dont les bords sont dentelliformes et entourent du grenat, de la haûyne, du mica, soit en petits grains rappelant les formes étranges du grenat. De la biotite en grandes plages est fréquente. Enfin, dans quelques blocs, j'ai observé du spinelle vert, de Tapatite, de Tanorthite en grandes plages, de la humboldtilite. Ce minéral forme de grands cristaux creusés de cavités, ou des agrégats de petits individus groupés de façon à former le squelette de grands cristaux qu'interpénétrent du mica, du grenat ou du pyroxène.
Tous les minéraux qui viennent d'être énumérés sont, le plus souvent, noyés dans de la haûyne incolore qui, suivant les échantillons, remplit seulement les intervalles laissés entre eux par les autres silicates pressés les uns contre les autres ou forme plus de la moitié de la roche.
Enfin, parfois, on voit apparaître des nids de sani-