DE P.-J. PROUDHON
Sous le titre d' Œuvres complètes, nous réunissons toutes les ublications (livres, brochures, articles de journaux) qui ont aru du vivant de Proudhon, et dont il serait impossible de rouver aujourd'hui l'assortiment en librairie. Ces ouvrages, oints aux Œuvres posthumes, qui seront éditées dans le même ormat et par la même maison, comprendront, — pouvonstous dire, — l'encyclopédie des questions mises à l'ordre du our par la Révolution sociale. Philosophie, morale, politique, iconomie politique, exégèse religieuse, critique littéraire et .rtistique, rien n'a échappé au grand penseur, à ce « grand •emueur d'idées, » selon l'expression de Michelet.
Proudhon avait résumé sa tâche dans l'épigraphe de ses Contradictions économiques : destruam et jsdificabo. La
critique a pris comme un mot d'ardre d'accorder à l'auteur 1: gloire d'avoir largement rempli la première moitié de soi programme, destruam, je détruirai; mais elle lui reproch de n'en avoir seulement jamais ébauché la seconde partie œdiftcabo, je construirai.
« On crie sur moi au démolisseur, dit-il lui-même ; ce non» me restera jusqu'au bout : c'est la fin de non-recevoir qu'on oppos à tous mes travaux, homme de démolition, impuissant à pro duire!... J'ai pourtant donné déjà passablement de démonstra tiens de choses très-positives, telles que :
« Une théorie de la force : métaphysique du groupe (elle ser L surtout démontrée, ainsi que la théorie des nationalités, dans ui i livre qui sera prochainement publié) ;
« Une théorie dialectique : formation des genres et espèce par la méthode sérielle ; agrandissement du syllogisme , qij n'est bon que lorsque les prémisses sont admises ;
« Une théorie du droit et de la morale (doctrine de l'immanence)
« Une tbéorie de la liberté ;
« Une théorie de la chute, c'est-à-dire de l'origine du majr' moral : l'idéalisme;
« Une théorie du droit de la force : droit de la guerre et droi des gens;
« Une théorie du contrat : fédération, droit public ou constitu tionnel ;
« Une théorie des nationalités, déduite de la force collective indigénat, autonomie ;
« Une théorie de la division des pouvoirs, corrélative de I force collective ;
« Une théorie de la propriété;
« Une théorie du crédit : la mutualité, corrélative de la fédé ration ;
« Une théorie de la propriété littéraire ;
« Une théorie de l'impôt ;
« Une théorie de la balance du commerce ;
« Une théorie de la population ;
« Une théorie de la famille et du mariage ;
« Sans préjudice d'une foule de. «érités incidentes.. »
La partialité et le système de parti pris, dont se plaignait si justement Proudhon, ne dureront pas. On a compris que les grands problèmes sociaux posés et creusés par lui doivent être résolus, peut-être dès la génération présente. En tout cas, il n'est plus permis d'en ignorer. Aussi la pu- Dlication que nous entreprenons aujourd'hui répond-elle à un pesoin, à une nécessité de l'époque.
i Les œuvres anciennes formeront 17 volumes, savoir :
, Ier. — Qu'est-ce que la propriété? (1er et 2e Mémoires).
IIe. — 1° Avertissement aux propriétaires; 2° Plaidoyer de Fautera levant la cour d'assises de Besançon; 3° Célébration du dimanche; 1° De la concurrence entre les chemins de fer et les voies navigables; » Ll Miserere.
I IIIe. — Création de l'Ordre dans l'humanité. I IVe et Ve. — Système les Contradictions économiques.
VIe, VIIe et VIIIe. — Brochurîs et articles de journaux depuis Férrier 1813 jusqu'à 1862. (Solution du problème social, Organisation lu crédit et de la circulation, Banque d'échange, Banque du EurLi; , articles du Représentant du peuple, du Peuple, de la »oix du peuple, du Peuple de 1850 ; la Révolution sociale démonrée par le coup dTÈt