QUE
amaigrissement intense; il n’y avait pas de signes cardiaques.
Le malade mourut un mois après le début de sa chorée, après une atteinte de plus en plus considérable de l’état général.
Autopsie., -— Aucune lésion macroscopique des centres nerveux. [1 y a une symphise péricardique partielle préventriculaire gauche. Sur le bord libre des valvules sigmoiïdes aortiques, végétations difficilement visibles. Ces végétations, en raison de leur ténuité, ne peuvent pas avoir entraîné de troubles orificiels, ce qui explique l’absence de signes stéthacoustiques. L'examen histologique des cenires nerveux révéla une hyperplasie névroglique généralisée.
CN 1 OBSERVATION N°5 (Résumée).
BUCHANAN BAXTER (Brain, avril 1879) rapporte l’histoire d’une fiilette de 8 ans qui éprouvait de temps en temps quelques douleurs articulaires. Cette fillette eut deux attaques de chorée séparées par un intervalle de trois ans. Au cours de la seconde attaque, qui était intense, apparaissent des signes généraux caractérisés par de l’hyperthermie, mais on ne note aucun phénomène cardiaque. Puis brusquement la malade entra dans le coma et mourut le même jour, trois mois après le début des accidents choréiques, par hémorragie cérébrale.
Autopsie. — La valvule mitrale présentait sur le bord libre de sa face auriculaire une rangée de petites excroissances verruqueuses ef, sur un point, une masse lobulée molle, d'environ un pouce de long, attachée par un pédicule relativement mince et pendant dans l’orifice auriculo-ventriculaire, cette masse était molle et friable, On notait de {très nombreuse taches emboliques jaunâtres dans le rein droit, mais il n’y en avait qu'une dans le
rein gauche; la rate était grosse, plutôt molle, et contenait un infarctus de la grosseur d’un œuf de pigeon: les autres organes : poumons, foie, étaient sains. L'examen des centres nerveux révéla l’existence d’une hémorragie cérébrale qui avait envahie le ventricule latéral gauche; on ne retrouva pas la cause de cette hémorragie. I n’y avait ni embolie, ni anévrisme.
OBSERVATION N° 6 (Résumée).
AsBy rapporte l'histoire d’une fillette de 9 ans atteinte d’une chorée rhumatismale. Un mois après le début de cette affection on constate l’existence d’une endocardite, suivie bientôt de Ia paralysie des muscles extenseurs des doigts. Deux mois après survenaient des troubles de la parole.
Ces phénomènes nerveux rétrocédèrent, mais survint une aggravation progressive de l’état général qui aboutit à la mort. L’autopsie n’a pas été faite.
En somme on noie dans une proportion légèrement inférieure à 20 % des antécédents rhumatismaux, concomitants dans un cas et dans une période précédant la chorée variant de quelques mois à un an dans les autres.
L’endocardite maligne choréique est-elle donc sous la dépendance du virus rhumatismal éomme ja chorée elle-même ? On sait quels arguments invoquent les partisans de la théorie uniciste (Roger; Cadet de Gassicourt) à l'appui de cette conception.
a) Fréquence relative des cardiopathies chez -les choréiques. Or, le virus rhumatismal frappe avec prédilection l’endocarde, et Roger voit dans ce fait « une des meilleures preuves de leur communauté dori-
gine ».
ru BPAURS
b) La nature récidivante de l'affection qui est égälement un caractère évolutif de rhumatisme.
c) La fréquence considérable des cas où il y a eu tout à la fois chorée, rhumatisme et cardiopathie.
Bref, la chorée serait une manifestation du rhumatisme comme l’angine, comme le torticolis, comme les arthropathies,comme la cardiopathie.Tantôt on trouve les trois localisations, tantôt une seule. Ainsi la conception de la nature rhumatismale de la chorée constitue une théorie très séduisante pour l'interprétation. « Tout devient facile à comprendre, dit Cadet de Gassicourt, si nous admettons qu’une seule et même maladie domine ces diverses manifestations morbides ». Malgré tout cette théorie s'expose à des critiques.
Sans vouloir diminuer en quoi que ce soit la part énorme (du rhumatisme dans le déterminisme des cardiopathies, il ne semble pas déraisonnable de penser que l’électivité de l’endocarde n’est pas uniquement réservée au seul virus rhumatismal. C’est l’opinion de Triboulet qui s'élève contre le privilège exclusif que la plupart des auteurs accordent à cet égard au rhumatisme.
Le caractère évolutif à type récidivant n’est pas non plus un argument pérembptoire en faveur de l’unicité. Cela existe en dehors du rhumatisme : les staphylococcis, la syphilis, le paludisme, etc.
Le fait qu'un individu rhumatisant fait une chorée n'est pas une preuve d'identité; on peut avoir deux
affections différentes consécutivement et même simul-
+) es
tanément : il peut s’agir d’une coïncidence, C’est ce que pensent Rilliet et Batrhez. D'ailleurs, pourquoi la chorée ne cède-t-elle pas au salicylate de soude comme des arthropathies ? Sans doute il existe des arthropathies tenaces, mais on n’a jamais cité un seul cas de chorée qui fut amélioré-par le salicylate.
En ce qui concerne plus particulièrement les endocardites malignes, l'hypothèse de la nature. rhumatismale est peu plausible pour les raisons suivantes :
a) Le rhumatisme ne donne d’endocardite végétante que par une infection surajoutée que les méthodes
actuelles d'investigation bactériologique savent dépis-
ter : or, ici en particulier, dans l’observation princeps due à l’obligeance de M. le Docteur Ribierre, des hémocultures fréquemment répétées en différents milieux restèrent toujours stériles.
b) Le nombre des cas où l’action du rhumatisme pouvait être envisagée est relativement restreint, puisqu’on ne le retrouve que dans un peu moins de 20 %
des cas.
c) Pour qu’il y ait endocardite secondaire il faut qu'auparavant il y ait eu endocardite inflammatoire. Or, ici, on ne notait rien de pareil et dans les observations de Vicq, de Chavigny on avait noté en particulier l'intégrité clinique de l’endocarde. Sans doute il est possible qu’une endocardite atténuée ne laisse pas de troubles orificiels ; ces cas n’en restent pas moins l'exception.
Selon nous les faits que montre l'observation des
Re LEE
endocardites malignes choréiques ne sont pas en
faveur de la genèse rhumatismale de ces endocardites.