D’ADAM ET D’ÈVE
FANFAN et MARIETTE.
Ce citronnier ?
LE COMTE
Ses fruits sont aigres, désagréables au goût... il ne peut donc pas vous coûter beaucoup d’y renoncer.
Moi , les citrons m'agacent les nerfs.
FANFAN
Et moi, ça me donne la colique.
MARIETTE
Mais puisqu’ils sont si mauvais, pourquoi nous les défendre ?
LE COMTE
Qu’il vous suffise de savoir que je ne me réserve que cet arbre... mais si vous y touchez, je vous en préviens, je cesse de vous protéger.
FANFAN
Nous vous promettons de respecter vos volontés, n'est-ce pas, Mariette?
MARIETTE
J’en jure... mais pourquoi plutôt ce vieux citronnier?..
LE COMTE
C’est mon secret... (a part.) Je n’y tiens pas plus qu'à un autre, mais il faut leur en interdire un... (Haut.) Maintenant, mes amis, je vous quitte, mais, quoiqu’absent , je saurai si vous m'avez désobéi...
MARIETTE
Est-ce que vous auriez compté vos fruits, M. le Comte?
LE COMTE
Je n’ai pas besoin d’employer ce moyen-là.
Dam ! c’est que le vent peut en faire tomber de l’arbre.
LE COMTE
Vous les laisserez à terre... ne l'oubliez pas. FANFAN.
Je marcherai plutôt dessus que d’en ramasser un...
LE COMTE
Au revoir, mes amis.
MARIETTE
Nous allons vous reconduire, M. le Comte.
LE COMTE
Avec plaisir, mes enfans.
An : Botidcau delà CbiiioiuuM.
Partons, tous les trois ,
Mais qu'à mon choix Ici l'on se soumette ,
Pulsqu’enfln à cette Condition Est ma protection.
MARIETTE
Votre secret , tout en marchant ,
Monsieur )’ Comte! vous allez m’ le dire?..
LE COMTR.
Oh ! là-dessus, ma chère enfant ,
Tu ne pourras pas me séduire.
ENSEMBLE
Partons tous les trois.