‹ Les enfans d'EdouardChapitre 32 sur 106 · ACTE 1 , SCÈNE YI · texte numérisé non relu

ACTE 1 , SCÈNE YI

GLOCESTER

Alors j'aurais la main forcée.

BUCKINGHAM

Erreur !

GLOCESTER

Si le conseil abuse de ses droits , Que faire ^ Buckingham?

Refuser.

GLOCESTER

Ah! tu crois?

BUCKINGHAM

Oui, refuser^ milord.

GLOCESTER

Parle plus bas.

BUCKINGHAM

De grâce!

Quand vous accepteriez , comment vous faire pJace ?

Sur les fils d'Edouard un faux bruit débité

Ne saurait prévaloir contre la vérité.

Il faudra donc s'armer d'un bien triste courage^

Et frapper des deux mains pour s'ouvrir un passage.

J'accepte : ce seul mot renferme leur trépas ; Et ce mot plein de sang ^ vous ne le direz pas.

GLOCESTEK.

Tu fus moins scrupuleux dans plus d'une entreprise,

BUCKIWGHAM.

J'en conviens 3 que m'importe à moi qui les méprise,

Si tous ces noms cliétifs, si ces races d'un jour^

Qu'un rayon du pouvoir fait éclore à la cour ,

Rentrent dans le néant, quand le soleil se couche ,

Sous le bras qui les fauclie ou le pied qui les touche.

Se baisse qui voudra pour en prendre souci ;

Mais quant au sang royal il n'en est pas ainsi :

Ses droits sont les garans des droits de la noblesse ,

Les deux princes , c'est nous : qui les touche nous bless(

Le peuple^ sans raison, deviendra leur soutien.

Je sais que tout ceci ne le regarde en rien :

Pour avoir un avis il n'est baron ni comte.

Mais c'est un spectateur dont il faut tenir compte.

Acteur, il est terrible; et que d'orgueils jaloux

Irriteront sa rage en le lâchant sur vous.

Il vous faudra braver, appuyé d'un vain titre,

Et l'église et l'armée, et le casque et la mitre;

Et pour vous harceler, sans être jamais las ,

On peut s'en rapporter à l'esprit des prélats.

Vos plus proches cousins, si vous n'y prenez garde,

Pourront à l'échafaud vous servir d'avant-garde :

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