M PÏTIT MARCHAND DES RUES
Deiessfris EAileur. f.Uîi Kido Ireiçj i .Riciier 7 .
LE SAVOYARD
^m jsmimî m^^<m.i^js^ mm iLuriss.
E VOUS étonnez pas de les voir tous deux rangés sous le même titre, car bien qu'en apparence il y ait peu d'analogie entre eux , et qu'ils semblent suivre deux routes bien opposées , ib se rencontrent pourtant au même point :
9.à la souffrance et à la misère, centre ; r fatal d'attraction où viennent conver-
ger tous le» rayons de cette circonférence immense qu'on nomme le peuple. C'est donc sous ce point de vue que nous allons les considérer tous les deux.
Vous les avez vus cent fois, l'un couvert de ses habits grossiers^ couleur de suie, le boaaet de grosse lainey de même couleur et de forme conique , enfoncé jusque sur les yeux , essayant de soustraire , autant que possible , ses petites mains à la rigueur du froid, en les cachant dans sa poitrine, sous son habit. Vous avez remarqué son air tristement résigné , et ses yeux mélancoliques, dont sa figure barbouillée de suie fait ressortir le blanc pâle , et le double collier de ses dents fines et régulièrement rangées, qui , par leur contraste avec la couleur de sa figure, éclatent à la vue comme des perles blanches sur un velours noir; sa physionomie vous a frappé aussi, tant elle est bonne et naïve, tant elle inspire la confiance et appelle la sympathie. N'est-ce pas qu'en le regardant, vous comprenez bien la naïveté de ce petit Savoyard qui, trouvant sur sa route un sac de nuit renfermant, entre autres objets , un portefeuille gorgé de billets de banque et un étui à lunettes, disperse négligemment, jette au vent et foule aux pieds les premiers > pour jouer gaiment avec cet instrument, objet d'une curiosité d'autant plus vive chez lui, qu'il ne l'a jamais vu que sur le nez respectable du curé de son village. L'autre, au contraire, a dû attirer votre attention par son air légèrement moqueur, son regard malin , sa parole rapide, sa tenue pleine d'assurance et sa démarche hardie et dégagée. Il n'a pas encore parlé ; vous ne savez pas ce qu'il va dire , et vous êtes sûr cependant qu'il dira quelque chose de spirituel ou de singulier. Son esprit vif et rapide ne s'arrête jamais sur une répartie ; il vous dirait une farce , il vous ferait un calembourg , plutôt que de rester sans réplique.
Le premier s'efforce de se résigner à la misère; mais s'il n'en est pas accablé, il la porte comme un fardeau, il la sent et s'en attriste, il n'en voit pas le terme, et sa vie est languissante et décolorée. Le peu qu'il gagne, il l'entasse sou à sou, et s'impose de rudes privations pour accroître sans cesse son pauvre trésor.
Le second semble jouer avec la pauvreté, tant il la porte légèrement; il ne sait ce que c'est que la tristesse; il espère un
— ail -
lendemain toujours meilleur, et, dans sa misère présente, il se repait de sa fortune à venir; insoucieux du, lendemain , il semble croire qu'il est toujours temps de penser à combattre l'iaforttine et à s'en attrister, lorsqu'elle se présente : aussi il la connaît si bien qu'elle lui est devenue femilière et qu'il l'accueille tranquillement comme un de ces hôtes importuns, mais nécessaires, auxquels on se résigne d'abord avec chagrin, et dont on apprend ensuite, à force d'habitude, à supporter la présence sans en être gêné. Â-t-il quelques^ sous devant lui? il les jette, sans réflexion, sans regrets, à la première envie qui le presse. Â quoi bon amasser, se dit-il; chaque jour suffit à gagner sa nourriture !
La différence de leurs caractères vient autant de la diversité de leur vie et de leurs occupations, que de la différence de leur origine et des premiers exemples qui ont frappé leur imagination , et des premiers sites qui ont laissé dans leur esprit une empreinte analogue à l'effet de leurs aspects ; car l'esprit de l'homme ne reçoit pas seulement l'empreinte des exemples et des mœurs qui l'entourent dans son enfance , mais il prend aussi la teinte des lieux auxquels s'habituent ses regards. L'habitant des montagnes a-t-il l'humeur de l'habitant des côtes> et l'habitant des forêts , celle de l'habitant des villes ?
Ëb I bien , vous connaissez la Savoie, le Piémont, et l'Auvergne?,.. Ces régions où la nature étale tant de richesses aux yeux du poète et de l'artiste , tant de misères aux regards du cultivateur. Et pourtant ce pays pauvre et ingrat, ils l'aiment, ces pauvres gensl et le jour qu'ils le quittent pour un pays meilleur, ils versent des larmes amères; c'est qu'ils y laissent, je le sais, une mère, un père, une sœur, des amis, source inépuisable de regrets ! Mais ils n'y laisseraient ni parens, ni amis, qu'ils pleureraient encore en le quittant; que bien loin de lui et bien long-temps après, ils pleureraient encore à son seul souvenir^ au seul espoir d'y retourner finir leurs vieux jours. Pourquoi ?.. . . C'est que l'on apprend à comprendre les lieux où l'on est né ; c'est que chacun d'eux rappelle, un souvenir, un bonheur, un rêve peut'étre, mais un rêve qui a charmé ; chacun d'eux a sa
voix^ 80D langage, sa signification, que celui-là seul entend, qui Fa appris dès son enfance ; c'est qu'enfin on aime à mourir où l'on est né.
Je ne vous dirai pas la vie du petit Savoyard dans sa famille, car je vous ai avertis de vous préparer à voir un tableau de misères ; et si pauvre , si chétive ^ si bornée que soit chez son père l'existence du pauvre enfant dont je vous occupe, elle est brillante, opulente^ heureuse, comparée à celle qu'il mènera dès le jour où il aura perdu de vue la chaumière paternelle. Le voyezvous, suivi de sa mère en larmes , de son vieux père , qui s'efforce courageusement de retenir ses pleurs , soutenu par son frère aîné qui l'encourage et fait brilleri à travers les douleurs de l'exil, les jours du retour? Voici la croix de pierre qui niarque la dernière limite du village voisin ; c'est ici qu'il faut se séparer ! Les sanglots redoublent, mais l'image divine du Rédempteur est là, placée exprès, pour encourager leç &ibles et raffermir les forts dans leurs forces chancelantes. A genoux, tendre mère; à genoux, pauvre enfant; levez les yeux et demandez un appui et des consolations à ce Dieu qui eût une mère, et connut les douleurs d'un fils. Le père bénit son fils, et la mère, le serrant sur son cœur, couvrant sa figure de baisers et de larmes, lui répète tout bas la grave bénédiction du père , mêlée à des paroles d'amour dites avec cette voix pénétrante et douce, harmonieuse et vibrante, qui trouve si bien le chemin du cœur ! Ils se relèvent , ils sont consolés,... ils sont fortifiés.... Adieu, mon enfant, mon pauvre enfant!... Adieu, mère; adieu, bonne mère!... Adieu!..., adieu! Us partent, et, aussi long-temps qu'ils peuvent s'entendre, ils se disent adieu de la voix, et quand la distance ne leur permet plus de s'entendre, ils se parlent encore du geste, et leurs lèvres murmurent encore adieu I
Us partent,.... et les villages qui leur sont connus dispa— raissent l'un après l'autre à leurs yeux ; voici venir au-devant d'eux des villes dont le nom leur est à peine connu , et chaque jour la route s'étend derrière eux et se raccourcit ^u-devant. Quelle est cette grande ville qui de loin dessine ses contours dans le ciel, par un grand cercle de brouillards épais? C'est
LE PETIT S.WOYAB.D.
Deaesserts Eàt
«ur
Lifch.Riéo frères , i .Richer , 7.
— 2*3 — Paris! la ville aux mille contrastes, où se trouvent entassés cdte à côte les choses, les bommes et les sentimens les plus opposés. Coin prenez- vous maintenant pourquoi, si jeune encore , le petit Marchand des rues est déjà raiUeur , spirituel , sceptique, insoucieux, effronté, sans crainte des hommes et des choses , incapable d'étoanement , et menant de front les sentimens les plus opposés, la gafté et les privations, les dangers et la plaisanterie? contraste perpétuel, antithèse vivante; c'est un véritable enfant de Paris, et son père ne peut le renier, car le caractère du fils est bien celui du père. Vous pouvez tout craindre et tout espérer de lui ; il commettra aussi aisément, suivant les inspirations du moment, un crime, qu'il fera une action sublime.
Or, ses occupations tiennent encore à son caractère etauz lieux où il est né : ici, il porte devant lui, sur une petite table ambulante, un magasin de merceries au petit pied, et vous vend des cordons à deux sous le mètre (nouveau style), ou des épingles à un sou le cent; des aiguilles anglaises surfines à trois sous le paquet: dans un autre endroit, vous le verrez promenant tranquillement dans les rues une boutique à trois sous et * demi, où tout est au choix. On ne comprend pas, vous dit-il
- 2H avec un aplomb surprenant , comment on peut livrer ces objets,
« parfaitement établis , pour la somme modique de trois sous et demi! Là, vous l'entendrez crier d'une voix aiguë et plaisamment cadencée : Cuillères de bois pour manger des petits pois ! Cuillères de buis pour manger de la bouillie ! Cest mon père qui les fait y c'est moi qui les vend , &est moi qui mange l'argent ! Sur le boulevard^ écoutez-le répéter patiemment du matin au soir : Allumettes chimiques allemandes ! un sou le paquet , deux sous la boîte! et, pour prouver l'excelleiice de sa marchandise, à chaque repos il fait crier une allumette sur la borne voisine , et l'allume aux yeux des passans.
Ëncourageons-le et ne le plaignons pas; il est heureux autant que personne, ce lutin-là; réservons notre compassion et notre intérêt au petit Savoyard^ bien plus à plaindre que lui ; quels rudes métiers il £ait 1 Que de courage il lui faut ! Sa principale occupation, vous le savez, consistée ramoner les cheminées; sitôt que les beaux jours sont passés, il vient, avant-coureur de l'hiver, vous rappeler que bientôt le foyer se rallumera; vous entendez alors sa voix claire et perçante crier, dès le matin : Hoc-to-bol Faites ramoner vos cheminées! Et vous figurez-vous la peine que doit lui donner ce travail ? Armé de sa raclette y s'aidant des reins et des genoux, qu'il protège par de fortes plaques de cuir appelées .genouillères y il monte dans ces ouvertures étroites et longues , où l'air et la lumière lui manquent presque également; la suie lui tombe dans les yeux, souille ses habits, pénètre jusqu'à la peau, s'y attache, et lui cause de vives démangeaisons. Quelquefois, ces espèces de voyages aériens ne sont pas sans danger; il se trouve des cheminées si étroites qu'il n'y peut passer qu'à peine , et se voit arrêté sans pouvoir ni monter ni descendre. Dans cette position , il suffoque et ne peut appeler de secours , car ou n'entendrait pas sa voix qui monte , portée par le tuyau de la
cheminée, et se perd dans l'air Si quelque circonstance
heureuse ne vient à son secours, il peut périr; ou bien des
' pierres mal cimentées, ébranlées par les efforts qu'il fait en grimpant, peuvent tomber sur lui et le blesser dangereusement.
Presque tous sont comme enrégimentés sous un mattre qui^ le matin, les disperse dans les divers quartiers de la ville, et, le soir, exige d'eux une certaine somme, à laquelle ils taxent le produit de leur journée. Malheur au pauvre enfant qui revient le soir sans cette somme! les injures grossières, la privation de nourriture , les mauvais traitcmens de toute espèce, les coups même deviendront le châtiment injuste de son malheur. Aussi, comme ils tremblent de rentrer le soir à leur logis sans la somme exigée ; beaucoup préfèrent , dans ce cas, passer la nuit dehors, couchés au coin d'une borne, sur le pavé de la rue où ils grelottent de froid et de peur, ou bien hors de la ville, étendus dans un fossé des boulevards extérieurs. Oh ! comme elle doit leur sembler longue , cette nuit de douleur ! comme les heures s'en écoulent lentement au gré de leur souffrance! comme alors ils doivent pleurer amèrement les nuits où, sous l'abri de leur pauvre toit de chaume, ils s'endormaient tranquilles et heureux aux paroles de leur bonne mère ! Ces jours de leur enfance , dont le souvenir fait couler leurs pleurs, ils sont passés pour toujours. Hélas! reverront-ils jamais l'humble croix de pierre où ils se sont agenouillés au départ, et le clocher de leur village chéri ? N'avais-je pas bien raison de vous dire qu'ils étaient dans l'opulence alors , comparativement à ce qui les attendait?
Mais le jour va renaître bientôt; peut-être seront-ils plus heureux qu'hier ; peut-être gagneront-ils en un seul le produit de deux jours ; alors ils pourront se présenter avec confiance à leur terrible Mentor, qui les accueillera sans même s'informer de l'endroit où ils auront passé la nuit. Que lui importe en effet? Ce qu'il lui faut, c'est le produit de deux journées; priez Dieu pour que l'espoir du petit Savoyard ne soit pas trompé! — Quand il ne peut mieux faire , il attire l'intérêt des passans, en exposant à leur vue sa marmotte en vie ; il vous jouera , sur sa vielle y un air du pays natal, vous chantera sa petite chansonnette, et dansera même la bourrée nationale. Pourriez-vous lui refuser le sou qu'il vous demande si humblement?.. .. Fautil, pour vous engager à être charitable envers lui, vous dire un
mot encore qui vous décide? — Eh! bien^ songez qu'il est enfant comme vous, et privé de sa mère, et vous lui ferez bien vite et de bon cœur Taumône , pour remercier Dieu de vous avoir conservé la vôtre. N*hésitez pas à faire cette petite bonne action, car vous rougiriez tout-à-l'h(*ure de votre indifférence et de votre dureté de cœur, en lisant l'histoire que je vais vous raconter.
L'année ^1839 expirait; on était à la fin du mois de décembre, le plus froid de l'hiver; dix heures venaient de sonner à Saint- Thoma^d'Aquin ; c'est l'instant où Paris semble renfermei^ deux villes^ l'une qui dort et puise, dans un repos mérité , des forces pour le travail du lendemain , ou veille pour ajouter au faible produit du jour ; l'autre qui s'amuse et folâtre , et ne sait comment dépenser sa fortune; l'une laborieuse et pauvre, l'autre riche et désœuvrée; la première finit la journée et s'en* dort, quand l'autre commence la sienne et s'éveille.
Les mains dans les poches de son pantalon et sifflant la Parisienne y marchant d'un pas que le froid rendait léger , un jeune garçon traversait la rue du Bac. On ne rencontrait plus que de rares piétons^ gens attardés par leurs affaires, qui se hâtaient de regagner lé coin de leur foyer. Le Parisien, si flâneur dans les autres temps , se montre très-casanier quand il gèle. De brillans équipages, traînés par des chevaux fougueux^ troublaient seuls le silence dés rues. Leur vue interrompait de temps en temps le sifflottage de notre jeune marcheur et lui arrachait des réflexions qu'il se faisait à demi-voix. — Sont-ils heureux d'avoir des ou^t75 de renfter^ ces particuliers-là?.... Ça m'irait, moi , de me faire carrioler dans des Omnibus de cette £aiçon4à , en compagnie avec soi- seul 1 . . . .
Or, sifflant et faisant ses réflexions, notre garçon était arrivé devant un superbe hôtel, illuminé splendidement, dans la cour duquel une foule de riches équipages veûaient s'arrêter. La curiosité l'arrêta un instant devant cette porte, la curiosité et Fintérêt aussi , et la pitié ; car, au coin d'une des grandes bornes^ se trouvait un enfant qui implorait avec des larmes la charité de ces hommes qui allaient perdre à l'écarté^ en une
heure, ce qui l'eût fait vivre, lui, dix ans dans Tabondance; mais ni ces hommes opulens, ni ces jeunes et belles femmes, dont la chevelure étincelait de diamans , ne l'entendaient ni ne le voyaient; avaient-ils d'ailleurs le temps de penser à un pau^ vre abandonné? Il s'agissait pour eux d'une bien autre affaire, vraiment I... Ils allaient au bal; et les voitures passaient devant lui, sans qu'aucune voix répondit à la sienne, sans qu'un seul regard se fixât un instant sur lui, sans qu'aucune main eût laissé tomber dans sa main la pauvre aumône qu'il attendait. Une voiture s'avança; celle-ci, le carreau de la portière baissé, marchait assez lentement pour lui faire espérer d'être entendu; il s'avance donc plus près, trop près, hélas 1 car tout-à-coup les chevaux, excités par un coup de fouet, s'élancent avec rapi(ûté ; le pauvre enfant est renversé,... Notre faiseur de réflexions se précipite aussitôt vers lui et le relève, en apostrophant ainsi le conducteur delà voiture : — Dites-donc, cocher de malheur ! ne vous gênez plus ; écrasez le pauvre monde maintenant ! — Paroles inutiles et perdues : la voiture avait passé comme une flèche. Jacques Lerond, c'était le nom du jeune homme, s'a* perçut bientôt avec plaisir que le petit avait eu plus de peur que de mal. — Que fais-tp là, moutard? — J'attendais quelques sous.... — Pourquoi demandes-tu l'aumône?... est-ce qu'un brave garçon demande l'aumône? Pourquoi n'es-tu pas à cette heure à ta chambrée? — Parce que je n'ai pas fait aujourd'hui ma journée, et que mon maître me battra si je rentre sans argent, lui répond en sanglottant le petit Savoyard. — C'est un vilain modèle que ton maître, tu peux lui dire de ma part. Et combien te faut-il pour le satisfaire, ton bourreau de patron ? — Douze sous, et je n'en ai pas le premier. — Peste! et moi qui n'ai gagné que cela aujourd'hui, avec mes chimiques ; si je re-viens à la maison sans argent, je recevrai une fameuse danse de mon père. — Vous avez un père 1 — Cette bêtise! Certainement que j'en ai un de père et une mère aussi. — Oh ! que voua êtes heureux ! — Au fait , c'est vrai ça ! Tiens, voilà tes douz^ sous ; au bout du compte, vaut mieux être battu par un pèreque par un étranger : il frappe toujours moins fort et moina
long-temps. Viens avec moi, je te vais reconduire à ton logis ; et avant que le petit Savoyard, étonné et ravi, eût eu le temps de le remercier de son dévouement , Jacques l'entraînait, d'un pas rapide ; il le reconduisit à son maître, puis s'en fiit chez lui, un peu soucieux de la façon dont son père prendrait l'histoire des douze sous. Mais le père Lerond, qui sous une rude apparence cachait un coeur généreux et savait son fils véridique , l'écouta tranquillement jusqu'au bout; puis , au lieu de le battre, il le loua de sa générosité, en lui disant : Tu as bien fait, garçon; nous, sommes plus pauvres de douze sous, mais nous sommes plus riches d'une bonne action, et nous y gagnons encore.
Le pauvre Jacques, donnant tout son argent à un plus pauvre que lui, et le donnant au risque d'une rude correction, n'est-il pas un noble et admirable exemple de charité?
Oh ! gloire au noble petit Marchand des rues ! Honte et mépris à l'enfant riche qui ne sent pas des larmes dans ses yeux et de l'émotion dans son cœur, à Taspect d'un enfant pauvre et souffrant!... Honte et mépris à l'enfant bassement égoïste, (jui ne comprend pas le bonheur de secourir son semblable; à celui qui ne sait pas prélever sur s^s plaisirs la part des pauvres, honte et mépris ! . . .
JUJLBS MOUVIXR.