MAITRE PIC
J'ai barbe au menton,
Rouge chaperon,
Un bec qui pénètre
Le chêne et le hêtrel Bûchant, piochant plus que trois, Je suis le Pic, le pique-bois.
Un brave ouvrier
Sait plus d'un métier :
Docte en chirurgie,
Charpente et magie, Savant et fort seul plus que trois, Je suis le maître es arts des bois.
L'arbre ou vert ou sec
Passe par mon bec,
J'extrais, j'extermine
Fourmis et vermine.
Adroit et fort seul plus que trois, Je suis l'opérateur des bois.
Ch. Ma.rbl.lb.
LA POULE COVVEUSE ET LES CANARDEAUX.
La pauvre poule couveuse, D'une cane barboteuse Eût tous, les œufs en dépôt; Pareils aux siens blancs et beaux, Son tendre amour les tient clos, Co co co co co co co co, Cot cot co det, Cot cot co det !
Bientôt sous son aile éclos :
Gloussent, gloussent, gloussent tous les canardeaux .
— Ce sont mes poussins, dit-elle ; Qu'ils sont jolis ! Sous mon aile Leurs duvets se sont faits beaux !
Qu'ils sont gentils, vifs et gros, Tous forts et douze jumeaux !
Co co co co co co co co,
Cot cot co det,
Cot cot co det !
N'allez pas si près des eaux ; Prenez, prenez garde, prenez garde aux flots !
Mais sans écouter la mère, Accourant vers la rivière, Tous les hardis canardeaux, Joyeux de fendre les flots, Vont barbotant dans les eaux :
Co co co co co co co co,
Cot cot co det,
Cot cot co det !
Eveillant tous les échos, C'est la pauvre poule appelant ses jumeaux.
Plaignez la pauvre couveuse, Inquiète, malheureuse, Errante au bord des ruisseaux, Rappelant ses canardeaux Qui nagent joyeux et beaux !
Co co co co co co co co, Cot cot co det, Cot cot co det !
Les œufs qui te sont éclos, Pauvre oiseau, t'emportent et joie et repos.
M lle de Montqolfier. (Mélodies du Printemps. G-arnier, édit.)