LES INFORTUNES DE TOUCHE-A-TOUT
Gros Thomas, notre jardinier, Dit-il, est toujours à crier Qu'on ne touche pas à sa ruche !
Ce jardinier est une cruche :
Une mouché qui fait du miel Ne peut avoir le moindre fiel.
Les abeilles, je le parie, Entendent la plaisanterie.
Il dit, et, sans plus de façon, Voilà notre petit garçon Qui, de sa baguette, fourrage Les abeilles et leur ouvrage.
Soudain l'essaim se précipite Sur son nez, ses mains et ses yeux.
Comme Touche-à-Tout prend la fuite Devant leur assaut furieux !
Pendant qu'à terre il se démène, Gros Thomas sur lui fait pleuvoir Toute l'eau de son arrosoir, Et le délivre avec graniTpeine.
En un clin d'œil il est enflé, Déformé, gonflé, boursouflé.
Il souffre, et sa triste figure Devient rouge comme une mûre.
Touche-à-Tout, piqué, jura bien De ne jamais toucher à rien.
Bertall.
Voyez 1a fin de l'histoire dans : les Infortunes de Touche~à- Tout; Hachette, éditeur.
LES INFORTUNES DE TOVCHE-A-TOVT .
Comme c'est drôle l'eau qui bout !
Dit un jour Monsieur Touche-à-Tout ; Et comment dans cette bouillote Se fait-il donc que l'eau clapote?
On croirait ouïr le caquet D'une pie ou d'un perroquet.
Il vous saisit la cafetière.
Ahi ! ahi ! vite en arrière Il se jette; mais à l'instant.
Sur ses pieds se précipitant, L'eau chaude, par mainte brûlure, Met le bonhomme à la torture, Et, ce qui n'est pas le plus beau, Ses pauvres pieds n'ont plus de peau.
Tùitcht-à-Teut.