LA MERE
Un enfant reposait dans les bras de sa mère, Sa bouche s'agitait et s'ouvrait à demi, Il riait à son ange ; elle, oubliant la terre, Souriait en silence à son fils endormi.
Mais — des jeux maternels, ô sourire éphémère ! — Elle voila bientôt son visage attendri; Des pleurs mystérieux emplirent sa paupière, — Quelle mère ne pleure après avoir souri?
Coulez, célestes pleurs que l'amour fait répandre î L'enfant, s'il vous voyait, ne vous pourrait comprendre; Mais Dieu vous voit, vous compte et connaît votre prix.
Baignez l'enfant qui dort, larmes saintes et pures ! Qui sait que de douleurs, de fautes, de souillures, Les larmes d'une mère épargnent à son fils !
A. de Ségur.,
Les Contes de la Nourrice.