‹ Les enfantines du "Bon pays de France"Chapitre 25 sur 157 · LA MERE · texte numérisé non relu

LA MERE

Un enfant reposait dans les bras de sa mère, Sa bouche s'agitait et s'ouvrait à demi, Il riait à son ange ; elle, oubliant la terre, Souriait en silence à son fils endormi.

Mais — des jeux maternels, ô sourire éphémère ! — Elle voila bientôt son visage attendri; Des pleurs mystérieux emplirent sa paupière, — Quelle mère ne pleure après avoir souri?

Coulez, célestes pleurs que l'amour fait répandre î L'enfant, s'il vous voyait, ne vous pourrait comprendre; Mais Dieu vous voit, vous compte et connaît votre prix.

Baignez l'enfant qui dort, larmes saintes et pures ! Qui sait que de douleurs, de fautes, de souillures, Les larmes d'une mère épargnent à son fils !

A. de Ségur.,

Les Contes de la Nourrice.

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