Ah ! ah ! ah ! que dit le chat
Que fais-je ici, que fais-je là, A brûler ma belP rot^e dans les tisons, Ça s'ra pour fair' la noce du papillon.
(Angoumois, Poitou.) — Tiré des Chants et Chansons populaires de l'Ouest, par J. Bujeaud. Nior Clouzot j Paris, Aubry.
Les variantes et couplets ci-dessus ont été récités à l'auteur du présent recueil par L. -Marie Pelletier, vieille Poitevine et ancienne pastoure du pays de Joulnay, près du Clain, à 2 lieues de Poitiers.
On remarquera que la chanson telle qu'elle est donnée par Bujeaud, ne met en scène et n'invite à la noce, en fait de bête malfaisante, que le renard. Mais il se fait si * petit » qu'il faut bien lui pardonner ses voleries et ses rapines en faveur de sa gentillesse.
Notre variante introduit dans la compagnie la belette, la fouine et le loup, — qui s'excuse, lui, de sa méchanceté par sa « jalousie » ! Elle donne au chien le rôle d'un parasite éhonté qui ne craint pas d'affronter les coups de bâton pour fouiller les casseroles et jouer jusqu'au bout son personnage de Lèche- Tout. A ce titre elle a raison de nous le présenter en dernier lieu, et de le mettre en parallèle et en opposition avec le chat, cette autre variété du parasite. Celui-ci, indifférent et dédaigneux, assiste, sans y prendre part, à la joie de ces petites gens, ne songe qu'à tenir sa place au foyer, et s'y met à l'aise, s'y étend sans s'émouvoir autrement de ce qui se passe autour de lui. Quand il y a paressé jusqu'à brûler sa robe dans les tisons, il veut nous faire croire, l'hypocrite ! qu'il s'est mis dans ce bel état pour l'amour des mariés, — qu'il a porté le sacrifice jusqu'à roussir pour eux sa belle fourrure. — Un peu plus, il leur demanderait de le dédommager, mais il veut qu'ils soient bien convaincus au moins qu'il s'est dévoué jusqu'à aller au feu pour eux.
l'alouette et le pinson*.
L'alouette et le pinson, Tous deux se sont mariés ; Le lendemain de leur noce, N'avaient pas de quoi manger.
Alouette, Ma" tourlourfsette,
Mon oiseau, Que tout lui faut.
Far ici passe un lapin, Sous son bras tient un pain.
Alouette, etc.
Mais du pain nous avons trop, C'est d* la viande qu'il nous faut.
Alouette, etc.
1 Voyez, dans le supplément, la Chanson Bretonne (les Noces du Roitelet), et le Chant funèbre de Coq Robin.
Par ici passe un corbeau, Dans son bec tient un gigot.
Alouette, etc.
Mais d' la viand' nous avons trop, C'est du bon vin qu'il nous faut.
Alouette, etc.
Far ici pass' un' souris, A son cou pend un baril.
Alouette, etc.
Mais du vin nous avons trop, C'est d' la musiq' qu'il nous faut.
Alouette, etc.
Mais d' la musiqu' nous avons trop, Et c'est d' la dans' qu'il nous faut.
Alouette, etc.
Par ici passe un gros rat, Un violon tient sous son bras.
Alouette, etc.
— Serviteur, la compagnie, N'y a-t-il pas de chat ici ?
Alouette, etc.
— Entrez donc, maître à danser, Notre chat est au grenier,
Alouette, etc.
Mais T chat descend du grenier Et aval' T maître à danser.
Alouette, Ma tourlourisette,
Mon oiseau, Que tout lui faut.