‹ Les enfants anormauxChapitre 19 sur 36 · Lorsqu on a besoin d’un bon conseil, que faut-il faire · texte numérisé non relu

Lorsqu on a besoin d’un bon conseil, que faut-il faire

10. Avant de prendre parti dans une affaire importante, que faut-il faire ?

11. Pourquoi pardonne-t-on plutôt une mauvaise action exécutée avec colère qu’une mauvaise action exécutée sans colere?

12. Si 1 on vous demande votre avis sur une personne que vous connaissez peu, que faut-il faire?

13.. Pourquoi doit-on juger une personne d’après ses actes plutôt que d après ses paroles?

Ces questions présentent des difficultés diverses, de pensée et aussi de vocabulaire. Nous les avons

L’EXAMEN PÉDAGOGIQUE DES ANORMAUX D’ÉCOLE 99 essayées sur un grand nombre d’enfants d’école, et elles correspondent assez exactement au niveau des enfants des âges indiqués.

Les réponses des enfants peuvent être bonnes, passables, médiocres, ou négatives (l’enfant ne répond pas), ou même absurdes ou inintelligibles. Pour coter les réponses, on ne tiendra pas compte du mot incorrect, du tour de phrase maladroit, mais on cherchera la pensée et on se demandera si l’enfant a réellement compris. Il peut paraître assez délicat et arbitraire de coter ces réponses; en pratique la difficulté n’est pas grande. Voici quelques exemples.

Question 9, la réponse : et Le demander à quelqu’un de capable, à un maître, à un parent », est une réponse bonne ; « Le demander — l’écouter », sont des réponses passables. Question b, la réponse : « payer et s’excuser » est bonne; « le payer », réponse passable. Question % la réponse « pardonner » est meilleure que la réponse « ne pas le dénoncer ». Question 1, la réponse « se dépêcher » vaut mieux que celles-ci : « sonner — se dépêcher le lendemain — on est à la retenue ». Question 3, la réponse : « on est ignorant » vaut mieux que cette autre : « on est puni ». Question 4, la réponse a se reposer, puis marcher » vaut mieux, étant plus explicite, que celle-ci : « marcher ».

Nous cotons 3 les réponses bonnes, 2 les passables, 1 les médiocres, 0 les absurdités et les silences. Ce sont les silences qui parfois embarrassent ; ils peuvent provenir soit de la timidité, soit même d’une réflexion prolongée. Il faut, sans changer la forme

de la question 1 , encourager l’enfant et le presser de répondre; Avec un peu d’habitude, on voit quel est celui qui cherche, et celui qui ne comprend pas.

Nous avons dit que les enfants normaux de onze ans répondent aux questions 10 à 13. Nous entendons par là bien entendu que la majorité y répond; il n’y a pas de test qui puisse, à moins d’être d’une facilité enfantine, caractériser tous les sujets sans exception d’un même groupe; il se produit toujours des défaillants. Nous citerons à titre d’exemple les recherches que nous avons faites dans une école primaire, avec nos questions de 10 à 13, qui ont été posées à tous les enfants de onze ans appartenant à l’école et distribués selon leurs capacités dans les classes les plus différentes. Il y avait 36 élèves. Le maximum des points obtenus dans les réponses était de 12, puisque les questions sont au nombre de 4, et que la réponse bonne vaut 3. Nous obtenons ainsi les moyennes sui- —vantes :

Questions d’intelligence posées à des enfants normaux de 11 ans.

Moyenne des cotes de réponses,

! (Cours supérieur), l re classe. 11

j (Cours moyen, 2 e année), 2 e classe. 6

(Cours moyen, l re année), 3 e et 4 e classes. 4,7

Il y a eu, dans le cours moyen 2 e année, deux

1. Bien des fois, nous avons été obligés d’arrêter dès instituteurs qui, témoins de l’expérience, voulaient intervenir en mettant la question sous une forme plus facile. Il est inutile d’insister sur l’erreur qu’ils commettaient. La forme de la question présente une difficulté calculée, qu’on n’a pas le droit d’amoindrir par une paraphrase.

L’EXAMEN PÉDAGOGIQUE DES ANORMAUX D’ÉCOLE 101 enfants qui ont eu 0 et 1. Dans le cours moyen première année, il y en a eu 4 qui ont eu 0, et un qui n’a eu que 1. Que sont donc ces élèves, qui certainement ne sont pas arrivés au niveau intellectuel moyen de onze ans?Deux sont déclarés anormaux par le directeur de l’école; retranchons-les ; mais il en reste 5 ; et ces derniers travaillent assez bien pour se soutenir dans leur classe, et la suivre. Leur réussite est un fait très important. Un enfant peut ne pas avoir grande intelligence; mais s’il a de la mémoire, de l’application, de la volonté, il reste régulier dans ses études et cela compense sa faiblesse intellectuelle. Nous l’avons déjà remarqué bien souvent : quand un enfant est un régulier scolaire, la question de savoir s’il est un arriéré ne se pose même pas. Elle se pose seulement dans le cas inverse. Supposons qu’il soit en retard très nettement, de deux ans, de trois ans, avec une scolarité suffisante. Si, malgré ce retard, l’examen psychologique prouve qu’il est tout de même assez intelligent, c’est une circonstance favorable dont il faut le faire profiter. En d’autres termes, l’examen psychologique est capable de le faire reconnaître comme normal, quand il est retardé dans ses études; cet examen ne peut en aucun cas servir à le faire considérer comme anormal, quand il est régulier dans ses études. Voilà pourquoi nous plaçons cet examen tout à la fin.

Voici quelques très bonnes réponses d’enfants normaux.

GR... (certificat d’études). - %

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