SECOURS EN NOURRICES
Les secours en nourrices ont été donnés jusqu’ici par le Bureau municipal des nourrices dont l’organisation défectueuse et le fonctionnement déplorable ont nécessité la suppression. Un très grand nombre de nourrices fournies par le Bureau municipal étaient demandées par bons spéciaux aux bureaux particuliers, ce qu’on appelait le système des billets jaunes, système désastreux qui occasionnait une mortalité considérable, les bureaux particuliers ne fournissant à l’Assistance que le rebut de leurs nourrices.
La Direction municipale des nourrices a été supprimée sur la demande du Conseil municipal, par décret en date du 22 novembre 1876. Cette .suppression aura pour conséquence de confondre ce service avec le service des Enfants Assistés qui sera chargé du recrutement des nourrices.
Avec la réorganisation du service, on pourra recruter chaque année do 1,200 à 1,500 nourrices destinées à prévenir les abandons.
« ... Nous estimons, dit M. l’Inspecteur départemental dans son « rapport, qu’avec un service bien organisé on arriverait à recruter toutes « les nourrices nécessaires aux secours dans nos circonscriptions d’Enfants « assistés dont le nombre pourrait être augmenté. Ce système est d’au- « tant plus logique qu’il s’agit ici d’un service départemental, et nous ne « voyons pas pourquoi nous nous adresserions à un établissement municipal (c pour nous procurer ce que nous pourrions fournir nous-mêmes. Les « nourrices seront faciles à trouver à la condition que les élèves secourus « soient complètement assimilés aux assistés, c’est-à-dire soumis aux « mêmes règlements. La seule différence, ce sera que les premiers « pourront toujours être rendus à leurs parents auxquels l’Administration
a donnera les moyens de communiquer avec les nourrices, eontraire- « ment à ce qui se passe pour les enfants immatriculés.
« Mais pour appliquer avec fruit cette organisation nouvelle, il est « indispensable que les nouveau-nés véritablement menacés d’abandon, « soient pourvus de nourrices pour un temps assez long ; les envoyer « au loin pour une période de courte durée, c’est exposer leur santé et « partant augmenter le chiffre de la mortalité.
« C’est par ce motif que, suivant le vœu émis par M. Clémenceau, « nous demandons que le bon de nourrice de 10 mois devienne la règle « générale pour les enfants menacés d’abandon et secourus sur le budget « départemental. Par contre, nous proposons en principe la suppression « des bons de nourrice de premier mois qui sont le plus souvent des (c secours impropres à prévenir l’abandon. Pour les filles-mères qui n’ont « besoin que d’une assistance momentanée, ces bons devraient, dans « notre pensée, être remplacés par des secours en argent représentant la K somme que coûterait l’enfant s’il était placé en nourrice. »
C’est là l’exécution des vœux que le Conseil général a émis dans ses sessions précédentes et votre Commission vous propose d’inscrire au budget départemental, la somme de 350,000 francs pour secours pour prévenir l’abandon.