‹ Les enfants du capitaine Grant [microforme]Chapitre 19 sur 37 · FORSTER, DICK, AYRTON · texte numérisé non relu

FORSTER, DICK, AYRTON

ForSTER.—EÆEh bien ! quoi de nouveau, Ayrton? AYRTON.—J'’arrive de la côte, où j'ai laissé quelques uns de nos compagnons. J'ai vu, là, croisant et courant des bordées, un navire superbe, un yacht à vapeur de plus de huit cents tonneaux qui n’est pas gêné de filer ses douze milles à l'heure ! Il se nomme le “ Duncan”. Il a quatre caronades sur son pont. Ce doit être un yacht de plaisance, | mais un de ces yachts qui défient les meilleurs | marcheurs de la flotte anglaise. Ah ! si nous avions | un pareil bâtiment sous les pieds, camarades, nous | serions les rois de la mer!

Dick.—N'est-il aucun moyen de nous en em-

parer P

AYRTON —Ah ! si ce ‘ Duncan ”, au lieu d’être en rade à Valparaiso, eût êté sur la côte australienne P...

FORSTER.-- Oui, mais ce navire n’est pas en Australie, et ici, à Valparaiso, nous ne pouvons rien |

AYRTON.—kRien ?... Peut-être !

Dick.—Que veux-tu dire?

AYRTON.—Ecoutez-moi bien ! Les Fêtes d’or que donnent aujourd'hui les mineurs chiliens au- | ront lieu sur la grande place de Valparaiso, en face

“du palais du gouverneur. Tous les gens de la ville, ‘tous les marins du port, accourront en foule à ces ‘fêtes. Comme tous :les.autres navires, le ‘ Duncan” ‘sera pour une heure au moins presque abandonné des siens, et alors quelques hommes déterminés et habiles suffiraient pour s'en emparer ét lui faire gagner le large!

ForsTERr.—Et le ‘ Duncan ” serait à nous!

AYRTON.—Oh ! le succès de ce plan serait plus certain si je parvenais à me faire admettre sur-ce navire, soit comme naufragé demandant à être ra- “patrié, soit en qualité de second ! Je pourrais’älors vous recevoir à bord pendant le tumulte de la fête, -et nous voguerions vers l'Australie, où Ayrton, ré devenu Ben-Joyce, le -chef suprême des convicts, formerait son équipage de ses plus braves compa- -gnons |

Dick.—Nous pourrions alors nous promener en maîtres sur l'Océan !

AYRTON.—Tous les navires marchands devien- -draient nos tributaires !

ForsT£R.—Et je ne serais pas fâché, pour ma part, de pousser une pointe jusqu’à l’îlot Balker !

AYRTON.—EÆEs-tu fou ?

FORSTER.—Non, je voudrais savoir comment “ont fini ceux que nous y avons abandonnés, le‘ capitaine Grant, son fils James, et.

AYRTON.—Et Burck, cette bête fauve que nous avons laissée avec eux 1 Si ‘celui-là ne les a pas tués d’abord, deux hivers, dans ce désert de glace, “Ont eu raison d'eux tous !

Dick.—C'est égel, moi aussi, je voudrais sa- Wwoir...

-BoB (au dehors). — Hôtelier !

-AYRTON. Silence...

cs AN SCÈNE II.

LES MÊMES, BOB, fuis L'HÔTELIER.

Bo8.—Holà |... l’hôtelier ! l’hôtelier !

L'HÔTELIER (entrant) — Voilà ! voilà ! monsieur!

Bo8.—Le thé pour milord Glenarvan et sa suite.

AYRTON (#as).—Glenarvan ! Eh mais ! c’est le propriétaire du ‘ Duncan”! Attention !

L'HÔTELIER ,guz est allé inspecter la table pendant ces paroles). Eh bien ! vous voyez, tout est prêt ! Il n’y a plus qu’à servir quand on en donnera l'ordre | ;

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