‹ Les enfants du capitaine Grant [microforme]Chapitre 2 sur 37 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

© GRANT, JAMES, AYRTON, BURCK, FoRSTER, DICK,

SEPT MATELOTS.— Tous ont leurs vêtements en mauvais état. Les uns sont étendus sur le sol, des autres vont et viennent sur la plage. Au ever du rideau, le capitaine Grant est debout, à droite, sur une haute roche, et, les bras wroisés, il observe l'horizon. Ayrton, Forster et Dick forment un groupe à part. À gauche, James examine avec anxiéte ce qui se fait autour de lui.

der MATELOT (@ voix basse).Non!.….. Non !…

assez de souffrance comme cela !

“2e MATELOT (de même). - Vouloir s'enfoncer si

doin dans le sud, c’est tenter Dieu!

Dick.- C'est tenter le diable, et le diable n’aime

pas qu'on le tente! Aussi, vous voyez ce qu il à fait du “ Britannia ” ! (1/ montre la carcasse échouée en mer.)

ler MATELOT.—Oui |. une carcasse qui n'est plus bonne à rien, et que le premier coup de vent va démolir |

2e MATELOT (montrant Grant du poing).—Et

tout cela par la faute de ce capitaine de malheur. FoRsTER (à Ayrton). — Tu le vois, Ayrton |..." Ils sont maintenant montés contre Grant! Pro

fitons-en !

Dick.—Oui.. et commande à sa place!

AYRTON. — Patience, Forster ; patience, Dick. Le moment n’est pas encore venu, mais il est proche, et je ferai payer à cet homme tout €e que j'ai souffert dans mon amour-propre et mes intérêts. Ah ! capitaine Grant !.c’est toi qu’on a investi de cette mission d'aller à la découverte du pôle sud, et de préférence à moi; c’est toi qu'on a nommé commandant du ‘“ Britannia ”, sur lequel je n’occupais que la seconde place! Eh bien ! le naufrage aura fait ce que ma volonté n’a pu faire! Malheur à toi!

JAMES (à parf).—Qu'ont-ils donc à se dire ainsi tout bas ! Je tremble pour mon père ! Il me semblé que nous ne sommes entourés que d’ennemis!

FoRSTER (à Ayrton).—Mais pourquoi attendre plus longtemps ?

AYRTON.— Parce que je veux savoir, avant d'agir, à quel parti va s'arrêter Harry Grant.

ForsTER.—Et quel parti veux-tu qu’il prenne, si ce n’est de quitter cet îlot, par quelque moyen que ce soit, et de regagner les terres du Nord ?

Dick. — Un baril de biscuit et un quartaut d'eaude-vie pour treize personnes |. Avant huit jours nous serions morts de faim !

Sn 'ÉS

AYRTON.—Dans quelques instants nous saurons à quoi nous en tenir |

ForsTER.—Et si le capitaine s’obstine dans l’accomplissement de son projet qui est, maintenant, une menace de mort pour tout l'équipage ?

AYRTON.—C'est alors sa propre condamnation qu'il prononcera

Dick.—Et qui se chargera de l'exécution de la sentence ?..

AYRTON ( montrant Burck).—Qui?... Cette brute qui est là, rugissant encore de haine et de fureur !..

Drck.—Burck P

AYRTON..--Oui, Burck, que le capitaine a fait fouetter pour acte d’insubordination ! Ce tigre se vengera tôt ou tard, et nous évitera d’être accusés d’avoir tué le capitaine !

ForsTErR —Tu crois qu'il aurait ce courage P

AYRTON. — Lui! attendez. (S’approchant de Burck.) Burck!

Burck.—Hein?

AYRTON.—Que ferais-tu, si le sort de Grant était remis entre tes mains P

BURCK (se relevant et montrant le poing).—Je le tuerais |...

AYRTON (à part).—Bien ! (4 demi-voix et s'adressant aux matelots. .) C’est une terrible situation que la nôtre, mes amis !..

FORSTER (à w1-voix). Et cest le capitaine qui nous y a plongés ! Malheur à lui!

AUTRES MATELOTS (sourdement). — Oui, oui,

malheur à Grant ! malheur à lui! (Grant, à ce moment, quitte le poste qu'il occupait sur la haute roche à droite, et vient se placer au milieu des mutins qu'il regarde en face.)

GRANT.—Qu'est-ce à dire ?

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