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GLENARvVAN. - Conduisez le chariot et le fourgon dans cette prairie ; Décidémerit nous passerons ici la nuit.
AYRTON.— J'ai donné des ordres pour le cainpement.
GLENARVAN (à Kobert). —Tw dois être bien fatigué, Robert ?
ROBERT.—Mais non, milord ! D'ailleurs nous approchons !
PAGANEL.— Certainement, nous approchons:!
Nous sommes enfin sur une bonne piste... N'estil pas vrai, ami Ayrton P
AYRTON.—La tribu dans laquelle j'ai laissé le capitaine Grant et son fils ne doit pas être à plus de vingt milles d'ici.
GLENARVAN.—Quant au ‘ Duncan ”, que nous avons laissé à Melbourne pour nous enfoncer dans les terres, il doit maintenant se trouver à l'embouchure du Murray.
AYRION (à parti.—J'y compte bien !
GLENARVAN.— À quel distance sommes-nous encore de cet endroit où Wilson doit nous attendre ?
AYRTON.-—A cinquante milles au moins, milord.
PAGANEL (éfonné).—A cinquante milles ! Allons donc, c’est impossible !
THALCAVE. - L'air que nous respirons est celui qu’apporte la mer. Ayÿrton s’est trompé. La côte est plus rapprochée qu'il ne le dit. |
PAGAÿEL.—Certainement, et, d'après mes calculs, je crois pouvoir affirmier…
AYRTON (avec force). —Et je soutiens, moi qui ai traversé ces forêts, lorsque je m 'échappais des mains des Onéidas . je soutiens... que je ne me trompe pas.
PAGANEL. — Cependant, mes calculs.
AYRTON ( /rotdement).—Sont inéxacts, monsieur.
PAGANEL.— Alors. c'est nous qui nous trompons, monsieur Thalcave.
GLENARVAN.—Ah ! il est temps que nous arrivions |. Par une inconcevable fatalité, tous les animaux de notre caravane sont morts l’un après l'autre ! Il ne nous reste plus que deux bœufs sur les dix qui composaient l’attelage primitif du chariot, et nos chevaux sont tombés sur la route.
AYRTON.—Les accidents de cette nature sont fréquents dans les forêts australiennes. Les pâturages y sont abondants, mais ils produisent une herbe vénéueuse qui tue les animaux domestiques.
PAGANEL.—Oui, oui, le gastrolobium !
AYRTON.—C'est cela même.
PAGANEL.—Mais je croyais que les chevaux et les bœufs fuyaient instinctivement cette herbe, et qu’il fallait qu’on la mêlât, par mégarde…
AYRTON (vivement).—-Erreur ! Ils la recherchent et la mangent au contraire avec avidité.
PAGANEL (b/essé).—Il paraît qu'aujourd'hui ma science est, en toute chose, complètement en défaut | | |
THALCAVE. - Seul, entre tous, le cheval d’Ayrton a été préservé.
GLENARVAN.— Et cela est heureux, puisque
Ayrton, mieux qu'aucun de nous, peut aller en avant et reconnaître le pays.
THALCAVE.—Soit, mais 1l n’est pas bon que,
depuis Melbourne la route que nous avons suivie ait été marquée par les pas de ce cheval.
AYRTON (gvement).—Le pas de mon cheval ?
THALCAVE.— Oui! le fer porte un trèfle qui s'imprime sur la terre et le rend partout reconnaissable.…. (Se baissant.) Regardez.
ROBER1.— C'est vrai!
AYRTON (4 part).—Il voit donc tout, ce sauvageP... | . PAGANEL.—Diable let l'on parlait à notre dé:part, de nombreux convicts échappés, de Ben- Joyce et de sa bande! | GLENARVAN.—Ben-Joyce !.. Une pareille trace suffirait pour le guider, s’il s'était mis à nous suivre ? AYRTON.—-Milord, c’est un usage fréquent en ce pays, de ferrer les chevaux comme est ferré le mien. Mais si Votre Seigneurie le désire, à la première occasion, je le ferai déferrer.
GLENARVAN.— Soit ! Rejoignons maintenant lord Archibald et Alfred... et tenons-nous sur nos gardes !.… AYRTON (à part).—Rien! Ils ne viendront donc pas !
PAGANFL.— Allons, milord. ://s sortent, Ayrton reste en arrière et semble regarder au loin.) THALCAVE (qui l’observe) —Ayrton reste-t-il ici? AYRTON (se retournant)—Moir... Non, non!
Qu'’a-til donc à m'observer toujours? (77 sort à son tour, suivt par Thalcave.)