‹ Les enfants du capitaine Grant [microforme]Chapitre 27 sur 37 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LES MÊMES, AYRTON, Puis THALCAVE.

AYRTON.—Vous avez bien tardé à me rejoindre.

FoRSTER.— Partis en même temps que toi de Valparaiso, nous ne sommes arrivés à Melbourne que huit jours plus tard Le navire que nous mon: tions ne marchait pas comme le “ Duncan”. Et puis il a fallu réunir nos compagnons épars dans læ province,

AYRTON. - Combien êtes vous ?

Dick.—Ici, dix seulement.

AYRTON- Et les autres ?

ForsTER.—Dans la forêt... à moins d’un mille.

AYRTON.—C'est bien. Notre plan a échoué à Valparaiso, parce qu’au lieu de se rendre à terre, le capitame du ‘“* Duncan” est resté à bord avec tout son équipage.

Dick.—Mais alors, par quel moyen espères-tu réussir ?

AYRTON.—-L'affaire est maintenant en bonne voie. Glenarvan et ses compagnons que j'ai égarés dans ces forêts à la recherche des Onéidas, se croient à cinquante milles de la côte, lorsqu'ils en sont en réalité, à une distance si rapprochée, que si je n'avais arrêté leur marche en ce lieu, ils auraient pu, bientôt, gagner le littoral et apercevoir

les mâts de leur navire (4 ce moment, le buisson de fougère de gauche s'entr'ouvre et laisse passer la

tête de Thakcaue.) Je puis donc en peu de temps être à bord du ‘‘ Duncan”, où je vais, enfin,‘ comi-

mander en maître :.… 2 LEA TES FoRsTER.—Comment ! Toi ?...%7 7, 7?

Dick.—Toi ! Ben-Joyce ?.…. Leds DU

THALCAVE (à part).—Ben-Joyce !.….

AYRTON. —Quelques instants encore, j'aurai l'autorisation écrite de Glenarvan, et le capitaine du ‘ Duncan ” sera placé sous mes ordres .. Toi, Forster, va rejoindre nos camarades. Vingt d’entre eux me suivront, et je les recevrai à bord du ‘ Duncan ”.. Va, et ne perds pas une minute.

ForsTER.— Compte sur moi. (77 sort.)

THALCAVE (à part).—Celui-là... d’abord, et les autres ensuite. (77 disparaît en se on sur les Das de Forster.)

Dick. - Et nous, Ayrton, que devons-nous faire ?

AYRTON. -- Vous tenir à distance dans la direction de la côte, prêts à attaquer Glenarvan et les siens et à les exterminer sans pitié, lor:aue vous m'aurez revu, muni des pouvoirs qui vont m'être donnés. Si leur résistance se prolonge, je serai bientôt de retour, et je vous viendrai en aide avec le reste des nôtres. (Bruit au dehors.’ On'entend des voix à gauche.)

Dick. — Ecoutez,

AYRTON.—C'est le dernier coup préparé par moi, qui vient de les frapper. Le découragement et l'effroi se sont emparés d'eux |... Partez vite? Maintenant, ils sont à nous !...(Dick et Les convicts s'éloignent.) L'instant approche enfin, où je vais devenir maître suprême à bord du “ Duncan 7 Less mon navire |.

a— 5 —— SCÈNE IV.

AYRTON, BoB, GLENARVAN, ROBERT, PAGANEL, MULRAY, ARCHIBALD, ALFRED, MATELOTS.

Bo (appelant) —Monsieur Ayrton ! Monsieur Ayrton!

AYRTON.—Que me veut-on ?

GLENARVAN.— Un nouveau malheur !

AYRVON.—Un malheur ?

GLENARVAN.—Nos deux derniers bœufs sont tombés foudroyés !.….

AYRTON. Morts !ils sont morts!

PAGANEL.— Toujours le gastrolobium, monsieur Ayrton !

ARCHIBALD.—Ï[mpossible maintenant, de continuer notre route |

ROBERT.—Eh bien, nous irons à pied jusqu’à ce que nous trouvions la tribu dont mon père et mon frère sont prisonniers !.…

PAGANEL.--Et qui portera nos effets et nos alles ?

Bo8.--Et les vivres ?

GLENARVAN.——-Ayrton. n’y a-t-il pas à proximité quelque établissement, quelque ferme où nous puissions remplacer les animaux Us nous avons perdus ? |

AYRTON.--Ici, et dans ce qui nous entoure au loin. milord, c’est le désert.

Tous.-Le désert !

PAGANEL.—- Hélas ! oùi, le désert, puisque je me suis si lourdement trompé, moi qui nous croyais à quelques milles seulement du littoral !

ALFRED.—Que faire alors?

AYRTON (& part).-—Allons !(Æaut.) Milord, mon cheval a t-il succombé aussi ?

GLENARVAN.--Non, . Votre cheval a seul résisté...

PAGANEL.--Seul entre tous |

AYrTON—-Eh bien, milord. il n’y a pas une heure, pas une minute à perdre, 1l faut.

Tous.—Achevez...

AYRTON.——I] faut que l’un de nous, porteur de pleins pouvoirs, connaissant les chemins et le littoral, aille rejoindre votre bâtiment... Il faut que vos marins et vos serviteurs viennent nous retrouver ici, amenant de nouveaux chevaux, qui permettront à la caravane de continuer sa route.

GLENARVAN.—Oui,oui, vous avez raison, Ayrton.

ALFRED.—ÆEt cet homme qui partira?

PAGANEL (vivement), — Muni de pleins pouvoirs... Mais il n’y a que Ayrton qui connaisse la route. Il n’y a que lui qui puisse monter le seul cheval qui nous reste.

GLENARVAN ——En effet, mais...

PAGANEL.—Pas d’hésitation, milord. Ayrton seul peut nous sauver tous

AYRTON à part).—Bon! Il ne parlerait pas mieux s’il était des nôtres.

GLENARVAN.—- Vous avez entendu, Ayrton ?.…

AYRTON.— J'accepte la mission, milord, et je suis prêt à partir.

GLENARVAN.—-Je vais vous donner une lettre pour Wilson, qui placera sous vos ordres l’équipage du “ Duncan ”

AYRTON.——Bien, milord.

PAGANEL id Glrnarvan).--Je vais écrire cette lettre sous votre dictée. J'ai toujours sur moi tout ce qu’il faut pour cela.

ARCHIBALD.--Ne vous trompez pas au moins, éternel distraït.

PAGANEL—-Soyez tranquille, cette fois.

GLENARVAN.-— Ecrivez, Monsieur Paganel,.,

ms QE

écrivez. ‘Ordre à Wilson de mettre l'équipage “ du ‘ Duncan ” à la disposition d’Ayrton et d’exé- ‘ cuter ses instructions en tous points.”

PAGANEL.— C'est fait...

GLENARVAN.—Donnez que je signe.

PAGANEL ——Attendez que je relise, puisque je suis distrait... comme dit milord. (Zisant.) ‘ Ordre à ‘ Wilson de mettre l'équipage du ‘ Duncan ” à la ‘“ disposition d’Ayrton et d'exécuter ses instruc- ‘tions en tous points.” (G/erarvan signe.) Est-ce bien cela, Ayrton P

AYRTON.—C'est cela.

GLENARVAN (à Bof ).——Amenez le cheval. (Bo8 sort à droite.) .

PAGANEL.——Et maintenant l'adresse. (77 met la lettre dans une enveloppe qu'il ferme soigneusement.)

Bo8B (revenant). Le cheval est prêt.

PAGANEL (remettant la lettre à Ayrton).—-Voilà |

ALFRED.—Que Dieu vous conduise, Ayrton ! !

Tous.—Adieu ! adieu! (77 disparaît à druite.)

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