‹ Les enfants du capitaine Grant [microforme]Chapitre 36 sur 37 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

James, Burck, GRANT.

Grant reparaît par la droite, son fusil à la main, et ne voit pas tout d'abord James et Burck.

GranT.—Rien ! plus rien dans cette île. (Apercevant Buick.) Burck!… toi ici... misérable !.…. (/7 Le couche en joue.) JAMES (se fraînant au devant de son père\.— Père !.… père ! Il m'a secouru !. Il ma rappelé à la vie !

GRanT.—Lui !…

Burok.--Tu peux me tuer, Harry Grant !.. je he me défendrai pas |

GranrT.—Le ciel aurait-il donc touché ton âme? A:t-il fait ce miracle... au moment où il semblait nous abandonner tout à-fait ?

Burok Je me repens!. Fais de moi ce quetu voudras !.….

GRanT.-—Tu renies ton passé et tu as secouru mon enfant, Burck. J'ai peut être été trop sévère, trop dur en te faisant châtier à mon bord !...

Burok./J'’étais coupable... mais maintenant, capitaine.

GRANT. Maintenant, il n’y a plus ici ni chef ni matelot. Il n’y a que deux hommes égaux devant Dieu! Burck! (Burck confus remonte en pleurant.) Burck, tu seras notre compagnon, notre ami! ..…

Burck--Non, capitaine | votre esclave !... (77 se met à genoux.)

GranT.—Relève-toi! Nous lutterons ensemble contre la misère. contre la mort!

Burck.--Nous lutterons, maître, contre ce froid terrible et cette nuit de quatre rgis !.….

GRaANT--Hélas ! le ciel avait fait luire à mes yeux un instant d'espérance, il y a quelques jours, une baleine était venue s'échouer sur la grève... je l'ai attaquée, frappée de mon harpon !.…

BurcCKk.—-Oui, oui, je l'ai vue !.. j'ai touché ce harpon où vous aviez gravé votre nom, et celui de notre île. Capitaine Grant... îlot Balker.… tandis que pour l’achever vous étiez sans doute allé cher: cher une autre arme !

GRANT.—Et quand je suis revenu, la marée, poussée par un vent furieux, avait devancé l’heure !

BurCK.—Et la baleine, remise à flot, avait pu

EU l'E

se ser L.. (Æn ce moment, on entend un coup de canon au loin. Burck se redresse et soutient James qui n'a pas la force de marcher. Grant s'élance sur les rochers de la falaise.)

GRanT.—Un coup de canon !

Bürok.—Capitaine ! Un navire !... un navire !..

GRANT.—Ah ! Dieu nous a entendus ! Nous sommes sauvés, mes amis |

Burok ET JAMES.—Nous sommes sauvés !.…

GRANT.—]Je reverrai mes enfants !... mon pays !.…

James.—Quelle joie ! quel bonheur !

GRaNT.—Mais ce bâtiment n’a pu nous voir !… Il tire sur la banquise pour se frayer un chemin à travers les glaces !… Est-ce bien pour se rapprocher de nous? .. (Deux autres coups de canon.)

Burok.—Un signal! Il faut faire un signal !...

GRANT.—Cnmment ?

JAMES.—Père.. ton fusil ! | .. GRANT.—Oui! oui! (77 remonte rapidement sur

da roche et décharge les deux coups de son fusil en l'air.) Ils ne nous ont pas entendus. (Crtant.) Au secours |

James ET Burok.—Au secours ! au secours !

GRANT.— Au secours |... Plus rien, (Za neige tombe abondamment.)

James.— Hélas !.. Avoir entrevu la délivrance, le salut, le bonheur !... et retomber dans le désespoir et la mort... (Quatrième coup de canon.)

Burok.-—Le canon encore ?...

GRanT.—Et plus rapproché cette fois !..

Burok.—Voyez ! voyez! Capitaine !.. la banquise se déplace !.…

James.—Mon Dieu !... mon Dieu !.. auriez-vous enfin pitié de nous !..

Burox.—Et voilà le soleil qui revient !.…

GRANT.—La mer est libre !..

Jaues.—Ah ! reçarde ! regarde, père lMUne barque ! une barque !

Page 1