DEUXIÈME TESTAMENT
« A H cas que je vinsse à mourir sans faire d'autre acte, ma volonté est que mes propriétés particulières ^ principalement mes tableaux, soient vendus au profit de mes filles naturelles Charlotte et Louise, filles de M"^' Brown, et un cinquième de la somme au profit de Charles, mon fils naturel, par Virginie Oreille. Les 70,000 francs dans mon pointe feuille seront partagés entre les deux mères de mes dits enfants.
« Elisée, ce 5 septembre 1817 .
« Charles-Ferdinand. »
Après celte publication, il ne me reste rien à dire; les termes employés ne peuvent laisser de doute, et l'intervalle compris entre ces deux testaments, qui se répètent identiques à sept années de distance, nous apporte la preuve évidente et indiscutable que jamais M. le duc de Berry n'avait été marié avant d'épouser la princesse des Deux-Siciles. Les filles qu'il a eues d'Amy Brown sont des enfants naturelles comme le fils qu'il a eu de Virginie Oreille, et s'il favorise les deux premières au point de vue pécuniaire, il ne les en placepas moins sur la même ligne au point de vue de leur origine, en leur donnant à tous les trois la même qualification. L'avantage fait aux deux mères est identique pour chacune, et la somme qui leur est attribuée est partagée de façon égale.
Si l'on essayait de vouloir prétendre, pour le tes-
LES ENKANTS HU DUf. DE MRRRY. .'{"î
lament de 1817, que son mariage avec Marie-Caroline forçait le rluc de Berry à dissimuler, môme dans un acte de ce genre, la situation légitime de ses Mlles, c'est un argument que viendrait détruire le testament de 1810, écrit à une époque où il n'était obligé à aucun uiénagement. Pauvre exilé en 1810 ou prince toutpuissant en 1817, il a employé les mêmes termes pour parler de ses filles. La lecture même de ces actes dispense de tout commentaire, et c'est ce qu'a jugé Mgr le duc de Parme; il s'est lassé d'entendre accuser d'avoir été bigames son grand-père et sa grand'mère, et il n'a pas voulu non plus que sa mère et son oncle puissent passer aux yeux de personne pour des enfants naturels et adultérins. Héritier de son oncle, il a jugé qu'il était temps de mettre un terme à cette légende invraisemblable, que le comte de Rorch'Yantel s'efforçait à nouveau d'établir.
Je lui suis profondément reconnaissant du choix qu'il a bien voulu faire de ma personne et de la confiance qu'il a daigné me témoigner en me chargeant de cette tâche. La discussion se trouve close d'une manière définitive, car nous connaissons maintenant la vérité tout entière, et c'est par l'assertion du duc de Berry luimême qu'elle s'est trouvé proclamée.
Vicomte de Reiset.
Château de Vic-sur-Aisne, septembre 1904.
'^w^KT-^^ . " ■ y p-if-"'" 1
Ï-BS.-
ce H
c^ CD
NI
' xb-l -^
'-îj