‹ Les enfantsChapitre 8 sur 53 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle. Enfant! n'enviez point notre âge de douleurs, Où le cœur tour à tour est eselave et rebelle, Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

Votre âge insouciant est si doux, qu'on l'oublie I Il passe comme un souffle au vaste champ des airs,

Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie, Gomme un alcyon sur les mers.

Oh! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées! Jouissez du matin, jouissez du printemps; Vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées ; Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

Laissez venir les ans! le destin vous dévoue, Comme nous , aux regrets , à la fausse amitié, A ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue, A ces plaisirs qui font pitié I

Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance ; Riez ! n'attristez pas votre front gracieux , Votre œil d'azur, miroir de paix et d'innocence, Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !

Février 1825.

Toute espérance , enfant , est un roseau.

Dieu dans ses mains tient nos jours, ma colombe;

Il les dévide à son fatal fuseau ,

Puis le fil casse et notre joie en tombe ;

Car dans tout berceau

Il germe une tombe.

Jadis, vois -tu, l'avenir, pur rayon a Apparaissait à mon âme éblouie.

Ciel avec l'astre, onde avec l'alcyon, Fleur lumineuse à l'ombre épanouie.

Cette vision

S'est évanouie !

Si, près de toi , quelqu'un pleure en rêvant, Laisse pleurer sans en chercher la cause. Pleurer est doux, pleurer est bon souvent Pour l'homme, hélas! sur qui le sort se pose

Toute larme, enfant T

Lave quelque chose.;

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