LE FOUET, PUNITION ARISTOCRATIQUE EN ANGLETERRE
La fustigation est le privilège réservé aux proviseurs, directeurs et chefs d'institution en Angleterre.
Les sous-maîtres et surveillants ne partagent point ce droit avec le head-master.
Chose curieuse et digne de remarque! Loin d'être réputé un procédé inférieur d'éducation, le fouet est surtout en honneur dans les écoles aristocratiques.
Je ne saurais mieux faire que de transcrire littéralement une lettre que nous adresse, à ce sujet, un des professeurs les plus distingués de Londres, M'.H.R...
« Il n'y a pas, dit-il, de règlement écrit en matière c de correction dans les collèges anglais. C'est le c chef de la maison qui décide s'il y a lieu de punir.
t Dans les écoles primaires, le maître principal a à seul droit de frapper. — Dans les écoles « comt munales bourgeoises », la correction est passée de t mode. On punit comme en France, ou bien on i expulse de l'établissement. — La fustigation se i maintient surtout dans les grandes écoles aristt> i cratinu^s.
t Dans ces collèges, les jeunes gens préfèrent la : canne aux pensums, et les verges à l'expulsion qui
« pourrait compromettre leur avenir. Cette discipline c n'est pas infamante comme elle le serait en France. « Les élèves la regardent comme la juste peine due à « leur faute, et l'exécution une fois consommée, on c se serre la main.
« Il serait ridicule, malséant, lâche, de gardei t rancune au correcteur : tout le monde serait con « tre le coupable qui n'accepterait pas la peine de « bonne grâce. »
Certes, un maître en France, risquerait en pareil cas de se voir assommer par son jeune auditoire.
L'auteur des « Odeurs de Paris » admet a priori, (n'est-ce pas a posteriori qu'il faudrait dire?), la nécessité absolue du fouet, le plus... frappant de tous les arguments imaginables.
« La jeunesse anglaise, dit-il, cette pépinière « d'hommes libres et forts, est fouettée. Il n'y a « peut-être pas un député, un pair, un évêque qui o n'ait été fustigé. Pitt, Fox, O'Connell, Gladstone c ont fait des chevauchées sur le cheval de bois ad « hoc. On ne peut nier que, loin d'avoir des tendances a serviles, l'Angleterre n'ait de fiers hommes, et de « h> s juges. »
Pour nous, nous estimons que si le fouet est, en principe, . nécessaire vers deux ou trois ans, il esl mauvais à dix ans ; scandaleux plus tard.