A MEDITER
Un groupe de dramaturges se forme qui rêvent d'écrire des « pièces agricoles » probablement sous l'inspiration du Grand Protectionniste Français dont on connaît les discours explosifs, chargés de Mélinite.
Henri Céard me semble avoir tous les titres à figurer parmi ces Messieurs, lui dont on n'a pas oublié la Pêche, si chère aux spectateurs du Théâtre Libre qu'ils l'avaient surnommée, évangéliquement « la Pèche miraculeuse. » Pourvu qu'il n'amène pas avec lui, oh non! le déplorable Paul Alexis dont la Pomme appelle la Pomme (cuite» comme l'abîme appelle l'abîme.
11 est superflu de songer à évincer l'inéluctable Louis Figuier, auteur d'une Fraise pour laquelle on ressucita l'ironique dicton du XVIe Siècle « A la fraise, on connaît le veau î i Quant à M. Manuel ; il fera, bien entendu, sa Poire en compagnie de M. Zola qui, implorant et mélancolique, erre dans les couloirs de l'Académie française, en faisant le Poireau.
La littérature aujourd'hui se niche partout, de même
esprit courf les rues. Je n'en veux pour preuve
certain fruitier de mes amis qui relit Shakespeare
cuir.- la rente d'une douzaine de pommes et d'un demi-
Pont-1'Evôque. Ce gaillard est aussi facétieux que lettré. Dans sa boutique bien achalandée où l'on enveloppe deux sous de brie dans les bonnes feuilles du dernier roman de Méténier, une inscription mystérieuse court partout, appliquée en lettres rouges sur les glaces qui reflètent ça et là les calvilles et les beurres d'Isigny ou de Mayenne, une inscription devant laquelle béent les clients même les plus à la coule.
En effet, gravé sur les boiseries blanc et or on lit, en grosses lettres, un abscons :