‹ Les engrais chimiques (volume 2)Chapitre 35 sur 100 · OU SEIGLE · texte numérisé non relu

OU SEIGLE

Dépense pour les six ans 902 fr.

Ici la dépense est plus élevée, mais ayez égard aussi à la nature et à la valeur des produits. En mettant même les choses au plus bas, je crois qu’en moyenne le produit brut de la récolte ne doit pas s’éloigner de 1,000 à 1,100 francs par hectare.

Je pourrais multiplier les exemples, vous citer d’autres assolements, mais comme ils rentreraient tous dans les mômes règles et se déduiraient des memes principes, il me paraît préférable de vous rappeler ces principes et ces règles, ce qui vous permettra de substituer votre initiative à la mienne, et d’arrêter vous-mêmes la formule et la dose de vos engrais.

Je l’ai dit à plusieurs reprises, et il faut que je le répète

* (*) Il faut enterrer les cendres avant le premier labour et ne répandre le sulfate d'ammoniaque qu’au moment de semer

encore : le fumier doit ses bons effets à l’azote, au phosphate de chaux, à la potasse et à la chaux qu’il contient.

Car si on opère côte à côte avec du fumier et avec un mélange de ces quatre corps ; à richesse égale, les rendements obtenus avec les engrais chimiques remportent toujours sur ceux du fumier.

Je vous ai dit, en outre et je dois également le répéter, que chaque terme de l’engrais complet remplissait une fonction prédominante ou subordonnée à l’égard des trois autres, suivant la nature des plantes que l’on cultive. Ainsi l’azote, qui est la dominante du froment, descend au rang d’agent subordonné à l’égard des légumineuses, etc. Mais, et c’est ici un point essentiel, sur lequel je dois insister, que les dominantes ne manifestent leur action, qu’à la condition expresse que le sol soit pourvu, dans une certaine mesure, des trois autres termes de l’engrais complet.

La matière azotée est la dominante du froment et du colza. Et pourtant, dans un sol de sable pur, la matière azotée seule ne produit presque pas d’effet; mais ajoutez les minéraux au sable, la matière azotée imprime à la végétation une activité qui tient du prodige, et, jusqu’à une certaine limite, le rendement correspond à la proportion d’azote employé.

Cela étant, vous allez comprendre quel est le rôle du fumier, dans le système des fumures mixtes. Par sa nature et par sa masse, il agit nécessairement avec lenteur, attendu que son action est subordonnée à la décomposition préalable de la partie hydro-carbonée qui en forme les 95 centièmes. Dans ces conditions le fumier devient l’équivalent d’un fonds de richesse acquise. Avec le fumier tout seul les grands rendements sont impossibles, parce que la somme des agents assimilables disponibles n’est jamais assez élevée. Mais que l’on ajoute annuellement au fumier la dominante que réclame chaque culture, et aussitôt les rendements et les bénéfices atteignent leur limite la plus élevée. Et maintenant, si je rappelle que la matière azotée

est la dominante du froment, du colza et de la betterave ; la potasse, celle des légumineuses; le phosphate de chaux, celle des navets; que les minéraux sans azote donnent les rendements les plus élevés avec la luzerne; que les minéraux additionnés d’un peu d’azote, conviennent de préférence au lin et à la pomme de terre ; non-seulement vous apercevez les régies qui m’ont dirigé dans les indications qui précèdent, mais vous pouvez à leur aide combiner les successions de cultures les mieux appropriées aux conditions dans lesquelles vous êtes placés.

Ce n’est pas tout encore : pour que la solution du problème de la production agricole soit vraiment complète, il ne suffit pas de connaître les agents qui sont la source et la cause de la fertilité; il faut être sûr que leur emploi 11’est pas une cause de dépérissement pour le sol, et qu’en fin de compte ils ne lui prennent pas plus qu’ils ne lui rendent.

Afin d’apporter à l’examen de cette question un caractère de rigueur, de précision, et en même temps de généralité, qui rendent mes conclusions sans appel et applicables à tous les cas possibles, je la formule en ces termes :

Peut-on cultiver indéfiniment la même terre avec des encrais CHIMIQUES, ET TOUJOURS AVEC LE MÊME SUCCÈS? Ma RÉPONSE EST ABSOLUE. — Ouï, CELA SE PEUT, MAIS A DEUX CONDITIONS TOUTEFOIS :

1° Rendre à la lerre par les engrais plus de phosphate de chaux, plus de potasse, plus de chaux que les récoltes ne lui en ont pris ;

2° Lui rendre environ 50 p. 100 de l’azote des récoltes. Je dis environ, parce que cette proportion n’a rien d’absolu, attendu qu’il y a des plantes qui en demandent moins, et d’autres même qui peuvent s’en passer complètement.

Ici une première question se présente. Pourquoi plus de minéraux, et moins ou point d’azote? Pourquoi? Mais vous avez déjà répondu. Parce qu’une partie de l’azote des végétaux vient de l’air, et qu’il y en a meme qui le puisent plus particulièrement à cette source. A l’égard de l’azote,

la quantité qu’il faut rendre au sol varie suivant les plantes entre 0 et 50 p. 100. S’agit-il des légumineuses? c’est 0 ; passe-t-on au froment? c’est 50 p. 100.

A l’égard du phosphate de chaux, de la potasse et de la chaux, il faut que la restitution excède ce que la terre a perdu, parce que c’est exclusivement dans le sol que les végétaux les puisent, et qu'on doit non-seulement compenser les pertes que chaque récolte détermine, mais encore parer à celles qui résultent de l’action dissolvante des eaux pluviales.

Examinons si les formules d’engrais que j’ai prescrites satisfont aux deux conditions que je viens de vous indiquer.

Je vous ai dit clans notre dernier entretien qu’on pouvait cultiver indéfiniment le froment sur la même terre, à la condition de lui fournir en quatre ans les doses suivantes d’engrais ainsi réparties :

A L’HECTARE

QUANTITÉS

PRIX

DÉPENSES

j Phosphate acide de chaux .

64 lr.'j

lre ANNÉE.

| Nitrate de potasse

295 fr.

CLÉ. i

( Sulfate de chaux

2e ANNÉE. 1

BLÉ

j Sulfate d’ammoniaque . . .

( Phosphate acide de chaux.

3e ANNÉE. J

1 Nitrate de potasse

BLÉ. j

Sulfate d’ammoniaque. . .

, Sulfate de chaux

4e ANNÉE. 1

BLÉ

| Sulfate d’ammoniaque. . .

Dépense totale. . .

713 fr.

C’est-à-dire :

Azote 260 kil. équivalant dans la récolte à 620 kil.

Acide phosphorique . . . • 120

Potasse 141

Chaux 306

Au moyeu de ces doses renouvelées tous les quatre ans, on obtient très-aisément quatre récoltes de 50 à 55 hectolitres et de 5,000 kilogr. de paille chacune par hectare.

Or, si nous faisons la balance, de ce que l’engrais a fourni à la terre, et de ce que les quatre récoltes lui prennent, nous trouvons qu’elle se solde, à l’égard de tous les termes de l’engrais, par un excédant en faveur du sol.

PEHTE. GAIN’.

J’OUll POUR

ENGRAIS

RÉCOLTE

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