TUBERCULES MALADES
POUR CENT
Engrais complet intensif connant 400 k. de polasse
30,000 kil.
4,500 kil.
Engrais complet contenant 76^ d azote et 100 k. de potasse.
Engrais complet contenant 42^^ d’azote et 150 k. de potasse.
Sulfate d’ammoniaque contenant 100 k. d’azote
M. le lieutenant-colonel Roze, à Sens (Yonne) :
RÉCOLTE A l’hectare.
Engrais complet (azote 28 kil.) 17,446 Très-belles et très-
saines.
Sulfate d’ammoniaque (azote 100 k.). 18,564 Malades.
Nitrate de soude (azote 75 kil.) 15,361 Malades.
Sans aucun engrais 10,570 Petites et laides, pas
malades.
On doit à M. Liébig deux observations non moins décisives que les précédentes.
L’éminent chimiste avait institué trois cultures dans des caisses séparées remplies de tourbe : la première caisse n’avait reçu aucun engrais; la seconde avait reçu du phosphate de chaux et de la potasse, la troisième de la matière azotéee sans addition de minéraux.
La maladie ne sévit que sur les tubercules venus dans la tourbe naturelle et dans la tourbe additionnée de matière azotée sans minéraux (1).
(1) « Six semaines après la récolte, dit M. Liébig, on s’aperçut que
Vous le voyez, l’absence de minéraux, l’abus ou l’excès des matières azotées, ont toujours coïncidé avec l’apparition de la maladie.
Vous trouverez peut-être, Messieurs, que ces exemples, malgré l’accord qu’ils présentent, ne sont ni assez nombreux ni assez décisifs pour justifier une conclusion définitive.
J’incline, pour mon compte, en faveur d’une grande réserve et suis tout à fait d’avis qu’il faut en appeler à de nouvelles expériences.
Mais en attendant, il me paraît singulièrement instructif de rapprocher des faits dont il vient d’être question ceux non moins significatifs qu’on a observés aux colonies sur la canne à sucre.
Une maladie spéciale sévit depuis quelques années sur la canne à la Martinique, et surtout à Bourbon et à Maurice.
Outre cette maladie qui a beaucoup d’analogie avec celle de la pomme de terre, la canne est attaquée par deux insectes : le borer et le •pou blanc à poche; mais dans les deux cas leur atteinte semble précédée par l’apparition d’un cryptogame à l’aisselle des feuilles.
Un fait sur lequel on est unanime, c’est que la maladie et le parasite n’ont pris des proportions inquiétantes que depuis l’abus qu’on a fait du guano,
les tubercules provenant de la tourbe pure et ceux qui avaient reçu des sels ammoniacaux étaient atteints de la maladie, tandis que ceux provenant de la caisse qui n’avait reçu que des phosphates et de la potasse n’en présentaient pas de trace. »
{Lois naturelles de V Agriculture.)
qui contient beaucoup d’azote et de phosphate de chaux, mais qui manque complètement de potasse.
Cette croyance est en parfaite harmonie avec nos observations.
J’ai reçu de la Guadeloupe et de la Martinique des communications en grand nombre, à l’occasion d’essais sur les engrais chimiques. Les personnes qui m’écrivaient ne se doutaient pas plus que moi, à ce moment, de l’importance que ces essais prendraient" un jour pour expliquer la maladie de la pomme de terre.
M. Sauzier, qui habite Maurice, après m’avoir exposé très en détail les désastres dont les plantations de l’île étaient frappées, ajoute :
« Un sucrier de Bourbon a essayé, en désespoir de cause, l’engrais que vous recommandez pour la canne. Cet essai a* été fait sur un hectare pris au milieu d’un champ plus étendu; cette portion que j’ai vue est très-florissante, tandis que le reste du champ, planté comme d’habitude, est frappé de stérilité comme toutes les autres parties de l’établissement. »
Entre l’engrais chimique qui a réussi, et le guano qui ne réussit pas, quelle est la différence ?
Le premier contient de la potasse et peu d’azote ; le second beaucoup d’azote et pas du tout de potasse.
A ce témoignage favorable à l’intervention de la potasse, je puis en ajouter un autre non moins précis.
Un honorable négociant de la Martinique, M. Momblet, m’écrivait à la date du 5 novembre 1867 :
« Deux propriétaires de la Martinique, MM. Lenard et Gustave Litté, qui ont fait l’emploi des engrais chimiques sur leurs terres depuis 1867, ont des cannes magnifiques.
« Pour M. Litté, c’est une véritable résurrection, car ses terres épuisées par l'ahus du guano ne lui produisaient plus que des cannes coiffées, dévorées par les pucerons. »
Plus récemment, j’ai reçu de l’honorable M. de Jabrun, ancien délégué de la Guadeloupe à Paris, une lettre dans laquelle il est dit que, sur deux parcelles contiguës du même champ, l’une ayant reçu du guano et l’autre de l’engrais chimique, sur la parcelle au guano, les rejetons qui ont succédé à la première récolte meurent, tandis qu’ils sont en pleine prospérité sur celle fumée avec l’engrais chimique.
Ne trouvez-vous pas. Messieurs, que ces faits donnent une importance singulière à nos observations sur la maladie de la pomme de terre et raffermissent les conclusions que nous en avons tirées ?
Pour moi, plus j’expérimente, plus mes observations se multiplient, et plus se confirme à mes yeux le témoignage que la cause première de la maladie réside dans le régime du sol.
Fidèle cependant à l’engagement que j’ai pris avec moi-même de ne jamais aller au-delà du témoignage de l’expérience, de suivre les faits et de ne pas les devancer, je m’abstiens de toute conclusion radicale. Je dis seulement : Voilà ce que j’ai vu, ce que vous allez voir vous-mêmes et vérifier. Là où la plante n’est pas fumée, elle est malade; là où elle manque de po-
lasse, elle est malade; là où la dose d’azote est trop forte, elle est malade.
Après que vous aurez vu, je vous laisserai le soin de conclure, je vous dirai : Expérimentez vous-mêmes.
La végétation est influencée par trop de circonstances différentes pour qu’un observateur isolé puisse avoir l’espérance de résoudre de telles questions à bref délai par ses seuls efforts. Pour obtenir rapidement et sûrement une solution certaine, il faut de toute nécessité multiplier les expériences, les instituer dans des conditions différentes de sol et de climat, et soumettre leurs résultats à une sévère comparaison.
Les engrais chimiques, à raison de la fixité de leur composition et de la sûreté avec laq[uelle on peut la régler à son gré, permettent de donner à ces recherches collectives une base commune à laquelle on ne pouvait prétendre lorsqu’on n’opérait qu’avec du fumier qui est un tout indivisible, dont la richesse et l’état physique présentent de si nombreuses variations. L’engrais chimique, lui, est partout le même.
Il faut donc faire des expériences d’après un plan arrêté d’avance.
En première ligne, je propose l’essai de doses progressives de matière azotée dans l’engrais complet, pour savoir exactement oû il faut s’arrêter dans une culture normale, car je trouve mes observations insuffisantes pour décider ce point capital.
En second lieu, on devra employer parallèlement les mêmes matières azotées, en l’absence des éléments minéraux de l’engrais.
Enfin, comme dernière tentative, des expériences
poursuivies pendant plusieurs années sur la même terre qui ne serait jamais fumée.
Pour ces divers essais, des parcelles de deux ares sont grandement suffisantes.
PARCELLE No 1.
EivCiRAlS» COiHPi^ïiT avec 100 kil. d’azote par hectare.