X PRÉFACE
Ni la diflBiculté des communications , ni la distanc(î, ni la lenteur des courriers, ne l'arrêtent ou le découragent. Il écrit toujours : il écrit à Heinsius, à Stockholm ; à ScheËFer, à Upsal ; à Gronovius, à Leyde ; à Ferrari , à Padoue , et leur demande ou leur donne des détails sur tout ce qui intéresse un homme de lettres , un érudit, un bibliophile, un homme curieux de ce qui s'imprime ou paraît dans son propre pays et dans les pays étrangers.
On n'a pas l'idée d'une vie si active , si laborieuse, si exclusivement vouée à l'amour de l'étude et au culte des lettres. Sous ce rapport, Chapelain est sans égal ; et nous ne voyons personne, ni parmi ses contemporains, ni avant, ni après lui , à qui nous puissions le comparer. A cet égard. Voltaire même, dont les lettres sont hors de pair et si précieuses à tant de titres, ne lui est pas supérieur. Sa correspondance nous entretient de ses succès, de ses revers, de ses intrigues et de ses mécomptes littéraires. Qu'on nous passe l'expression, c'est un bureau de renseignements privés sur l'homme le plus célèbre du dix-huilième siècle ; ce n'est pas, comme dans Chapelain, un bureau universel de renseignements sur tous les hommes célèbres de l'époque, amis ou ennemis , de Paris ou de la province , Bourguignons ou Normands, français ou étrangers. Voilà, peut-être, ce qui plaira dans l'ouvrage