Ilisluire (le IWcadèinie. Vie do l'altUt- de l.avau
± lloileaii. Ép. Vil, v. 90.
o. (I L'abhé TalL-niaiit s'avisa un jour, c» pleine Académie, de lui reprocher sa faute. « Oui, monsieur, lui répondit mon père, vous " avez r.ais(>n, c'est l'endroit le plus honteux de ma vie, et je donue- » rais tout mou sang pour l'effacer; » ce qui fit taire ral>l)é Tallemant cl tous les rieurs ijui commençaient à lui applaudir. » (.1//'nioires sur la vie de Jean Uacine. Œuvres complèlcs de llacinc. KdiliDU lUs (irands écrirains de ia France, t. l, p. i'^'u note.)
Charpentier. Celui-ci avait composé des inscriptions emphatiques pour les tableaux sur les victoires du roi, dont Le Brun avait enrichi les galeries de Versailles. Louis XIV et Louvois en furent choqués ; on eiïaça ces pompeuses déclamations * ; et à qui fut confié le soin de corriger l'œuvre de Charpentier? à Racine et à Boileau. Les deux amis remplacèrent les belles périodes du pauvre académicien par quelques phrases simples, courtes et précises. Le roi et toute la cour applaudirent; mais Charpentier n'oublia pas cet affront, et il saisit toutes les occasions d'hostilité contre les deux poètes.
On voit, par cette émnnération, quelle supériorité le parti des anciens auteurs devait avoir dans les délibérations de l'Académie. Ce n'est pas la seule preuve qu'on puisse donner de leur longue prédominance. Jusqu'à la fin du xvu* siècle, à une époque où la carrière de Molière était finie, où Racine, Boileau, la Fontaine avaient donné presque tous leurs chefs-d'œuvre, où tant de grands prosateurs, secondant par leurs ouvrages l'influence de ces poètes, avaient, à ce qu'il semble, complètement ramené €t fixé le goût public, les Boyer, les Le Clerc, les Benserade, les Cotin, étaient encore les auteurs favoris de l'Académie française, ceux qu'elle produisait dans les jours de séance publique, ceux dont les lectures rehaussaient l'éclat des grandes solennités. Colbert donne-
I. Louis Racine. — Dans une chanson sur lu réception de Fontcncllc à l'Académie française, dont nous avons cite un couplet (page l!2), on raille ainsi les inscriptions de Charpentier :
Doyoïi lie pesante fi^niro, Qui trouves le secret nouveau De |)arli'r aux rois en peinture, Et (l'apostropher leur tableau,
Ah ! qu'il fait beau De te voir, dans cette posture, Faire à Louis le pied de veau !
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t-il une fiHo à ses confW'ies de l'Académie'? c'est Pernmlt el l5oy(n' (pii, par leurs vers, représenlenl dans celle circonslaiiec mémorable l'illuslre assemblée. L'abbé Colbcrt est-il reçu à l'Académie? le grand événement de la séance, ce n'est pas le disconi's de !>acine, dont le Mercure rend compte avec des louanges aigresdouces'; c'est un Discours de philosophie débité par Colin, ce sont des pièces de vers lues par Quinaull, Furelicre, Boyer, Le Cler;', Cliarpenlier el par un |)oèt(^ bien mal placé en pareille compagnie, Corneille. L'année suivante ^, à la réception (1<^ l'abbé de Lavau, le public est encore régalé des confidences poétiques de Le Clerc el de Boyer. Et quand l'ennemi de tous ces auteurs, quand Boileau est rei,'u à l'Académie, alors même, comme pour allester qu'ils vivent encore, malgré les blessures de la satire, ou peut-être pour faire payer à Boileau l'honneur un peu forcé qu'ils lui accordent, ces poètes qu'il avait plus ou moins maltraités, les Boyer, les Le Clerc, les Benserade, font succéder au discours du récipiendaire pt à la réponse du directeur, l'abbé de la Chambre, des vers de leur façon. La Fontaine, qu'on avait reçu l'année précédente -», fil aussi une lecture : c'était peut-être de sa part une attention délicate pour Boileau; il mêlait ainsi un peu de miel à l'absinthe que l'on avait servie à