Lettre à rAcadémie française
2 M. de Lamartinp, XIV* Entretien.
ESTHER ET ATIIALIE. 3i3
en juger par l'épigramme de Fontanelle et par beaucoup de chansons du temps*, excita vivement le dépit de ses ennemis; c'est alors qu'il l'attachait tout particulièrement à sa personne.
Il faut donc en revenir à l'explication de M"" de Gaylus : si le chef-d'œuvre de Racine n'obtint pas à Saint- Cyr l'éclat de représentations solennelles, c'est que M"* de Maintenon reçut « mille avis, mille représentations » de dévots et de poètes jaloux de la gloire de Racine ; » cest que ceux-ci, non contents de faire parler les gens n de bien, allèrent jusqu'à écrire des lettres anonymes ; » c'est que M"* de Maintenon ne sut pas résister à l'in- » fluence de discours qui n'étaient fondés que sur l'envie » et la malignité »; c'est qu'enfin tous les ennemis du talent et de la faveur du poète s'entendirent pour cette dernière cabale, mêlèrent à leur cause les intérêts de la religion et de la vertu, alarmèrent habilement la protectrice de Saint-Cyr pour la modestie des jeunes élèves, trop exposée par la publicité de ces représentations, par les regards et les applaudissements de la cour, par l'eni* vrement du succès, et déclarèrent ces exercices dangereux et peu compatibles avec une éducation simple et chrétienne.
Ce premier coup prépara l'insuccès d'une public^nlion