Lettre du 12 juillet
sa fille : « Racine fait des comédies pour la Charapmesié
> et non pour la postérilé ; si jamais il n'est plus jeune » et qu'il cesse d'être amoureux^ cène sera plus la même
> chose ^ Ailleurs, elle s'est déclarée lasse du café, et a prédit qu'on s'en dégoûterait comme d'un indigne favori. Voltaire, avec sa légèreté spirituelle, s'est emparé des deux jugements et les a réunis sous celte forme piquante, que la Harpe et d'autres critiques ont trouvée chez lui et citée comme textuelle '. Au reste, la méprise de la Harpe peut se comprendre; M"" de Sévigné aime ces comparaisons plaisantes. Elle aime aussi, à propos de Racine, à fau*e de la critique prophétique. Rien n'est plus dangereux que de prédire l'avenir d'un écrivain : on court la chance de recevoir bien des démentis. Après Andromaquey elle avait dit : a H n'ira pas plus loin (\\i! Andromaque\ » Racine répondit par Britannicus, Iphigénie, Phèdre, Plus tard, elle s'écria : « Esther est un sujet unique, » et bientôt parut Athalie.
Si Racine avait de bien injustes détracteurs, il avait aussi, pour comble d'infortune, des partisans peu éclairés dans leur enthousiasme. Tel était M. de Tallard, dont W^* de Sévigné cite le jugement sur Bajazet ; « M. de » Tallard^ dit que cQtle comédie est autant au-dessus » des pièces de Corneille que celles de Corneille sont » au-dessus de celles de Boyer. Voilà ce qui s'appelle » bien louer. » On conçoit que la ridicule exagération de ces éloges ait révolté les admirateurs de Corneille, qu'elle ait amené des protestations et des ripostes, et qu'elle les ait jetés, par une revanche assez naturelle,