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» tures... L'esprit se nourrit de toutes ces idées de ten- » dresse. » Qu'est-ce donc quand l'amour se produit sur la scène, où, comme dit Bossuet, « tout paraît effectif, » où de vraies larmes dans les acteurs en attirent )> d'aussi véritables dans ceux qui regardent, où de "» vrais mouvements mettent en feu tout le parterre et ji toutes les loges *■ ! » Sans trouver d'expressions aussi fortes, aussi éloquentes, pour peindre ce danger du théâtre, l'abbé de Villiers redoute, comme le grand théologien, cette participation du spectateur aux choses de la scène. Il touche aussi en passant à la grave question des acteurs, qui a inspiré à Bossuet des pages si émouvantes, et il voudrait que les rôles de femmes pussent être supprimés. Mais s'il est moins absolu dans ses conclusions que Bossuet et le prince de Conti, si, au lieu de demander la suppression du théâtre, il se contente d'une simple réforme, c'est qu'il a cru, contrairement à eux, que la tragédie peut subsister sans l'amour ; c'est qu'il a prétendu combattre, même au point de vue de Tart, le règne exclusif de cette passion sur la scène moderne. Selon lui, le théâtre peut être réconcilié avec la religion; l'art est d'accord avec la morale, et, pour établir sa théorie, il s'appuie sur l'exemple des anciens, sur les plus belles tragédies modernes, et en particulier sur Iphi^ génie.
Dans un pareil sujet, le contraste entre les poètes du paganisme et la pratique des poètes chrétiens ne pouvait manquer d'être présenté. Mais Tabbé de Villiers n'a pas bien compris la raison de cette différence, et il a fait honneur à la sagesse des écrivains et à la sévérité des mœurs de leur époque de ce qui tient à l'infériorité de la civilisation. Si l'amour a peu de place dans la tragédie