‹ Les ennemis de Racine au XVIIe siècleChapitre 111 sur 156 · Act. II, se · texte numérisé non relu

Act. II, se

Loin de là, il la mettra sur le compte des dieux, et Achille aura le droit de lui dire :

Vous pouvez excuser ce lâche scélérat.

Qui, par son imposture et par son attentat,

A supposé mon nom et votre caractère

Pour immoler la fille et pour tromper sa mère ?

Mais pourquoi en vouloir à Agamemnon? Sa placidité ne se dément jamais, et loin de répondre fièrement aux reproches d'Achille, il courbe la tête avec une humilité vraiment chrétienne. Il est vrai qu'Achille lui-même est assez bénin : il faut l'en louer; il y aurait eu cruauté de sa part à trop maltraiter un si bon homme.

Le caractère de Clytemnestre est-il plus vigoureusement tracé que celui d'Agamemnon? Il faut reconnaître que certaines parties de ce rôle contrastent par l'expression du style avec la platitude et la froideur de tout le reste. Par malheur, ces passages sont presque littéralement empruntés à Rotrou, et là où Le Clerc n'a pas copié le vieux poète, le mouvement et le tour de ses périodes sont évidemment calqués sur Racine. Ces emprunts à Rotrou sont continuels ; mais nulle part ils ne sont plus complets, plus suivis, plus impudents que dans les scènes où Clytemnestre et Iphigéniearriventaucamp *, où la reine implore la protection d'Achille*, et dans celle où elle reproche à Agamemnon sa résolution barbare^.

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