Ghampmeslé
2. Ici sans doute, Fauteur joue sur le nom du président Rose, secrétaire du roi.
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pièces de Racine, en commençant par la ThébcMBy œuvre qui ne lui appartient que de nom :
Car, pour dire la vérité, Phœbus par la racine en fut si peu la cause, Qu*Apollon par un autre avait tout inventé.
Cet autre, nous l'avons vu^ c'est Rotrou, à qui Racine avait fait d'abord un emprunt qui disparut à l'impression.
A propos i^Alexandrey Barbier ne manque pas de reproduire les critiques de Saiht-Evremond. Il reproche au charlatan d'avoir
Rempli d'une vertu si rare
Un prince indien et barbare Qu'il eut plus qu'Alexandre et d'esprit et de cœur, Et fit voir un vaincu plus grand que son vainqueur.
Mais rien n'égale, pour la finesse et Turbanité, l'appréciation d*Andromaqu£ :
La racine s*ouvrant une nouvelle voie
Alla signaler ses vertus Sur les débris pompeux de la fameuse Troie,
Et fit un grand sot de Pyrrhus,
D'Andrumaque une pauvre bête
Qui ne sait où porter son cœur,
Ni même où donner de la tête, D'Oreste, roi d'Argos, un simple ambassadeur. Qui n'agit toutefois avec le roi Pylade
Que comme avec un argoulet.
On reconnaît dans ces vers toutes les critiques de la
Folle Querelle. Barbier n'oublie pas non plus la grave
irrévérence dont Racine s'est rendu coupable envers un
poète encore populaire, il parait, en dépit de Malherbe
et de Boiieau; il reproche à Tautcur i*Andromaque d'avoir disposé, malgré la Pranciadey des destinées du jeune Astyanax,
Et, pour changer la catastrophe, Dcfimé des soufflets à Bonsaré*
Barbier n'est pas plus content de la comédie des Plaideurs, et il est heureux de faire du succès tardif de cette œuvre spirituelle un échec complet et lamentable. Il ne se donne pas la peine de formuler longuement son arrêt contre Britannicus; il lui suffit de dire en passant qu'Apollon
Porta sa Racine dans Rome, Où, se montrant cruelle avec peu de raison, Contre Britannicus, qui n'était qu'un jeune homme
Elle fit Teffet du poison.
 propos de Bérénice^ j il n'oublie pas de reprocher à Racine les soupirs et les larmes de Titus. Il n'oublie pas non plus le mot de Chapelle, et il prend plaisir à repro^ duire et à commenter cette épigramme qui avait été, dit-on, sensible au poète :
nociëre Junon, faut-il qu'elle périsse !
Compatissez de grâce à l'amoureux supplice
De cette pauvre Harion,
Qui gémit, qui pleure et qui crie.
Tant elle veut qu'on la marie.
1. Cependant, dans les Sentiments de Cléanthe (2* partie), en réfutant Villars, qui avait publié contre lui une Apologie du P. Bouhours, il témoigne moins de mépris pour Bérénice et pour Racine : « Par quelle raison, dit-il, aurions-nous échappé au censeur de deux » excellents poèteSf dont l'un n'a pas daigné lui répondre et l'autre » n'a dit qu*en deux mpt4 pourquoi (1 ne lui répopd pas? »
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On devine que le mol de Corneille aura fourni à Barbier toute la matière de son jugement sur Bajazet. Comme Visé et Robinet, il accuse les Turcs de Racine d'être des Français. Il critique aussi, comme M"' de Sévigné, la grande tuerie de la fin :
Lorsque la fureur turque eut joué de son reste, Toute leur séquelle en pleura; Mais c'était aussi grand dommage Que tant de gens morts à la fois .
Qui n'étaient Turcs que de visage, Car pour leï mœurs, pour le langage, C'étaient des naturels françois.
Arrivant à la tragédie de Mithridate, Tauteur plaisante agréablement sur la vertu du mithridatey qui n'a pu garantir le roi de Pont du suc pernicieux de la racine. Comme toujours, il se borne à reproduire des critiques déjà faites :
Apollon, plus puissant que mille opérateurs,
Déterra Xipharès, ressuscita Monime,
Dont ce prince (Mithridate) avait fait une double victime
Et vint, malgré la mort et ses pâles froideurs,
De deux fantômes vains rallumer les ardeurs.
Reste Iphigénie, qui était encore dans sa nouveauté, et dont l'ironie même de Barbier constate le succès. Molière est mort : Apollon, ne pouvant plus égayer son empire, prend le parti de le plonger dans la douleur, et, par le moyen de la nouvelle tragédie, il le noie d'un déluge de larmes :
Mais, à propos de pleurs, je me suis laissé dire Que ce maître Apollon, n'ayant plus de quoi rire Depuis qu'il a perdu l'usage du moly (Molière), Qui fut un simple si joly,
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DHin déluge de pleurs va noyer son empire.
En effet, sa Racine attendrit tant de cœurs, Lorsque d'Iphigénie elle anime les charmes, Qu*elle fait chaque jour, par des torrents de larmes. Renchérir les mouchoirs aux dépens des pleureurs.
Puis Barbier attaque Tinvention d'une seconde I phigénie :
La fausse est distillée avec la véritable; Est-il rien de si pitoyable?
Il n*est pas plus satisfait du dénoùraent :
Mais la fille d*Àgamemnon, N*est donc pas la victime? Non.
La Racine est assez hardie Pour la garantir du trépas.
Une autre doit mourir, quoi que Galchas die ; Le sujet de la tragédie Est celle qui ne mourra pas.
Quant aux caractères, voici ce qu'il en pense : Iphigénie
De rinnocente Agnès a Tair et la parole, Hors qu*en son caquet doucereux La belle enfant affecte un style Qui marque un cœur plus langoureux Et moins digne du grand Achille.
Ulysse soutient mal son caractère, et
Se borne à signaler son éloquente voix Par un récit patibulaire.
Mais Clytemnestre, et ses fureurs, et son désespoir? Mais les cruelles agitations d'Âgamemnon? Mais la
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colère impétueuse d'Achille? Barbier ne juge pas à propos d'en parler; il aura tout dit par ces vers :
Amis, pourquoi donc la pleurer (Iphigénie) ?
Vous feriez mieux de séparer Son père et son amant qui sont prêts à se battre.
Il ne manque à cette appréciation qu'un dernier traita l'éloge de la tragédie de Le Clerc. Mais Fauteur, épuisé par un effort si long, par une inspiration si sublime, est pressé d'en finir, et sa pièce se termine brusquement par une piquante antithèse :
Tout beau, répond Phœbus à ce donneur d*avis, Ne troublez pas le cours des pleurs que j*ai fait naître ; Des petits et des grands nos secrets sont suivis ; Je suis bon charlatan, si je ne suis bon maître.
On voit combien cette satire, dont nous avons cité les passages les plus saillants, est pauvre et vide. Cependant, il ne manqua pas de gens pour la célébrer. Les frères Parfaict témoignent qu'on la regarda a eomme le modèle » d'une critique badine», et l'on trouverait encore cette opinion dans quelques dictionnaires historiques qui l'ont acceptée sur parole, sans en vérifier la justesse. Les frères Parfaict sont bien plus vrais quand ils la jugent a mal imaginée, plus mal conduite, pleine d'allu- > sions froides, et très-faiblement versifiée ». En somme, cette pièce n'a d'intérêt qu'en nous montrant l'acharnement de certaines haines qui poursuivaient Racine. Elle nous prépare à tout attendre d'ennemis si passionnés. Par là elle nous conduit à la cabale qui fut l'effort extrême et l'assouvissement le plus complet de leur fureur : après la concurrence de Le Clerc, après la satire envenimée de Barbier d'Aucour, l'intrigue montée contre Phèdre semblera moins prodigieuse.