‹ Les ennemis de Racine au XVIIe siècleChapitre 21 sur 156 · Ëpître au roi sur son retour de Flandre, 16G · texte numérisé non relu

Ëpître au roi sur son retour de Flandre, 16G

suivant le vœu exprimé par Saint-Evremond ', « il aurait » adopté l'auteur d'Alexandre^ pour former avec la ten- « dresse d'un père son véritable successeur». Malheureusement pour tous les deux, Corneille, jusqu'en 1674, continua de donner des pièces. Il persista, ou plutôt il fut réduit par sa pauvreté à rester comme champion dans la lice, où son rôle naturel était celui de juge. Avec un talent altéré moins par Tâge que par l'exagération d'un système, il aflronta la puissance tyranique de la mode, la mobilité d'une foule chez qui la reconnaissance et le respect ne tiennent pas longtemps contre le plaisir. C'est ainsi que la comparaison Ait possible entre le jeune homme et le vieillard ; c'est ainsi que celui-ci put voir dans l'apparition d'un nouveau génie une concurrence, un danger pour lui-même, et, dans sa prédilection malheureuse pour ses derniers ouvrages, faire retomber sur le jeune auteur les torts du public et de sa propre décadence.

Retraçons rapidement l'histoire de ces tristes dissentiments, où, nous nous hâtons de le reconnaître, les torts les plus graves furent du côté de Racine. Le jeune poète avait soumis sa tragédie d'Alexandre au jugement de son illustre devancier. Celui-ci, après en avoir entendu la lecture, dit à l'auteur qu'il avait un grand talent pour la poésie, mais qu'il n'en avait point pour la tragédie '• Quand on compare la manière de Corneille à celle de Racine, on comprend facilement cette condamnation. Fontenelfe en dit autant à Voltaire après la représenta- l tion de Brutus. Tous deux étaient de bonne foi : Corneille ^ trouvait Racine trop simple, Fontenelle trouvait Voltaire trop brillant. Mais le public ne ratifia pas la sentence de Tàuteur du Cid, Sans doute Racine triompha de ce

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