‹ Les ennemis de Racine au XVIIe siècleChapitre 35 sur 156 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

cette pièce pour rabattre l'orgueil des partisans de Racine et pour la venger du « bruit importun de Bajazet^ »! « Il nous donnera encore Pulchériey où Ton reverra

La main qui crayonna La mort du grand Pompée et Tâme de Ginna. ■

Cette pièce, elle l'entend lire par lui chez M. de la Rochefoucauld : « Il nous lut, dit-elle, lautre jour une comédie qui fait souvenir de sa défunte veine '. » Cependant, peu de temps après, elle est forcée d'avouer à sa fille que ses prévisions ont été trompées. Elle se borne à une courte phrase qui laisse voir son désappointement : a Pulchérie n*a pas réussi. » Sans doute, ce qui irrite encore son chagrin, c'est le triomphe de Mithridate. Avec quelle froideur elle dut accueillir, dans sa retraite des Rochers, l'éloge que M""* de Coulanges lui adressa de cette pièce ^ I Que de réserves elle dut faire en elle-même, en lisant l'appréciation enthousiaste de sa cousine, qui appartient tout à fait à la nouvelle cour, et est toute gagnée au nouveau goût et aux nouveaux poètes I

Mais M"»* de Sévigné, plus âgée que M""« de Coulanges^, avait eu une autre éducation littéraire. Bien jeune encore, elle avait entendu Corneille lire ses tragédies à l'hôtel de Rambouillet; de bonne heure, elle s'était habituée à ne rien concevoir au-dessus de lui. Il

Page 1