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CARACTERE IRRITABLE DE RACINE. ISl
quelques circonstances, n'a pas manqué de lui rendre la pareille. Le poète était désespéré du mauvais succès de la Satire des femmes, contre laquelle on se déchaînait de toutes parts. « Rassurez-vous, lui écrivit Racine, v en homme habile à manier Tépigramme, vous avez » attaqué un corps très-nombreux et qui n'est que Ian~ » gués : Torage passera. y> Pendant longtemps Boileau avait lui-même fait lecture de ses ouvrages à Louis XIV. Mais vers la fin de sa vie, retenu chez lui par la maladie et surtout par une forte surdité, il ne paraissait plus à la cour. Ce fut Racine qui lut au roi les trois dernières Épitres; c'est encore lui qui,' à Tarmée, fit connaître à M. le Prince et au prince de Conti*, la Satire des femmes^ encore inédite. Au plus fort de la maladie qui l'emporta, il n'oublia pas son ami. Dans une lettre qu'il chargea son fils d'écrire au marquis de Cavoye pour obtenir le payement de sa pension, il voulut que Boileau fût aussi nommé. « Faites connaître à Boileau, dit-il, que j'ai été son ami jusqu'à la mort. » Rien n'est plus touchant que les adieux qu'il adressa à ce fidèle confident de tous ses travaux, lorsque, se soulevant sur son lit, et l'embrassant une dernière fois, il lui dit : « Je regarde comme un bonheur pour moi de mourir avant vous. » Quoi de plus simple, de plus abandonné, de plus aimable, que sa correspondance avec lui?
Mais rien n'inspire plus d'estime, plus de respect, plus de tendre sympathie pour Racine que la lecture des lettres à son fils. C'est le ton affectueux et grave d'un excellent père : sage et discret dans sa sollicitude et dans ses conseils, il sait garder la mesure entre une sévérité rebutante et une indulgence trop facile, et n'impose pas ce qui ne doit être qu'insinué ; il tempère ses exhor-