N. S. HARDY, LIBRAIRE-ÉDITEUR
La Sainte-Vierge et l'Annonciation
Le bon Dieu, en créant le monde, l'a fait pour son Fils unique, Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui devait se faire homme et descendre sur la terre au milieu des temps. Parmi toutes les créatures qui étaient ainsi destinées à former le grand royaume de son Fils, Dieu en fit une qu'il combla de grâces,
de bénédictions, .^e privilèges tcut extraordinaires, afin qu'elle pût être la digne mère de ce Fils unique ; qui est vrai Dieu avec le P^re et le Saint-Esprit. Cette ci éature,' unique et incomparable, c'est la Sainte-Vierge Marie, que ta bonne mère t'a fait connaître et chérir dès les premières années, mon cher ; etit enfant.
Di:u l'envoya au monde quarante siècles après la création d'Adam et d'Eve ; et il la fit naître de deux saints époux, déjà avancés en âge, appelés Joachim et Anne. Dès sa petite enfance, Marie fut élevée dans le temple de Jérusalem par les femmes pieuses qui se dévouaient au service de Dieu, aux bonnes oeuvres et à la prière. A l'âge de quatorze ou quinze ans, Marie futffiancée à un très-saint homme de sa'famille, nommé Joseph ; et elle vint habiter dans la petite ville de Naza-
reth en Judée, sur les bords de la mer de Galilée.
La vierge Marie, plus pure et plus douce que les Anges, passait toutes ses journées à prier et à travailler, dans l'humble solitude de cette maison de Nazareth Elle ignorait les grands desseins que le bon Dieu avait sur elle ; et, en demandant chaque jour dans ses prières la grâce de vojr, avant de mourir, le BiEu-Sauveur, le Christ promis et attendu dès le commencement du monde, elle aspirait au bonheur d'être la servante de la Vierge, qui, selon les antiques prophéties, devait l'enfanter.
Le 25 mars de l'année 4004, et de ]$, première année de l'ère chrétienne, la Sainte- Vierge, plus recueillie que jamais dans la prière et embrasée d'un amour extraordinaire pour le bon Dieu s'était retirée dans une petite grotte
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(que l'on vénère encore à Nazareth), creusée dans la montagne au pied de laquelle s'élevait son humble demeure.
Tout à coup une grande lumière brilla devant elle, et un Ange, revêtu d'une forme humaine, se présente à sa vue. C'était l'Archange Gabriel, un des sept grands Séraphins, qui, dans la gloire du ciel, se tiennent devant le trône du Seigneur. Il venait, de la part du Père, du Fils et du Saint-Esprit, annoncer à Marie qu'elle était la créature choisie de toute éternité, pour recevoir du ciel et pour donner à la terre le Chri: t, c'est-à-dire, le Fils de Dieu se faisant homme.
S'incliuant profondément devant la Sainte-Vierge, l'Archange Gabriel, au nom du ciel tout entier, la salua en ces termes : " Je vous salue, ô pleine de " grâce ! Le Seigneur est avec vous.
" Vous êtes bénie entre toutes les " femmes."
l'enfant- JÉSUS 111
L'humble Marie, en voyant cet Ange et en entendant ce magnifique salut, fut toute troublée ; elle gardait le silence, se demandant à elle-même ce que cela voulait dire.... Gabriel reprit avec un religieux respect : " Ne " craignez point, ô Marie ! car vous " avez trouvé grâce devant le Seigneur. " Vous allez concevoir et enfanter un " Fils, et vous l'appuierez Jésus. Il " sera très grand, et son nom sera le " Fils du Très- Haut. Le Seigneur Dieu " lui donnera l'héritage royal de David (l son père, et il régnera éternellement " sur la race de Jacob, et son règne " n'aura point de fin."
Marie et Joseph avaient fait vœu l'un et l'autre de rester* toujours consacrés au service du Seigneur, comme le font encore maintenant les Religieux et les Religieuses ; et ils ne s'étaient mariés que pour s'aider l'un l'autre à
servir le boa Dieu avec plus de ferveur. Aussi la Sainte- Vierge demauda-t-elle à l'Ange comment elle pourrait avoir un fils, elle qui était la Vierge de Dieu. Gabriel lui répondit : " Le " Saint-Esprit va descendre en vous, " et c'est par la toute-puissance du Très- " Haut que s'accomplira ce grand mys- " tère. Et voilà pourquoi l'Etre-Saint " qui naîtra de vous sera le Fils de " Dieu. Rien n'est impossible au Sei- " gneur.
Alors Marie, donnant son consentement libre à l'incarnation du Fils de Dieu en son chaste sein, dit à l'Ange Gabriel : " Je suis la servante du Sei- " gneur, qu'il me ,soit fait selon votre " parole ! " Et l'Ange disparut... Et Dieu le Fils s'incarna en Marie, c'està-dire qu'il prit en cette Vierge trèsparfaite un corps humain, un vrai corps de petit eufant, auquel il joignit une
âme semblable à nos âmes ; et à ce corps et à cette âme il unit sa divinité éternelle et infinie.
Et ainsi la Sainte- Vierge devint miraculeusement mère : mère du Fils unique de Dieu, vraie Mère de Dieu, Epouse du Père céles'.e, Mère du Fils, temple et chef-d'œuvre du Saint-Esprit.
0 Sainte-Vierge, que vous êtes grande aux yeux de Dieu et aux yeux de l'univers ! Vous êtes la Reine du ciel et de la terre ! Le Créateur de l'univers repose en votre sein pour arriver jusqu'à nous. Priez pour moi, pauvre petit pêcheur, maintenant et à l'heure de ma mort. Ainsi soit-il.
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L'Enfant-Jésus dans le sein de Marie
De même que les Anges et les chrétiens adorent Notre-Seigneur Jésus- Christ dans le saint ciboire de nos tabernacles, de même devons-nous l'adorer d'abord dans ce premier ciboire vivant qu'il s'est formé lui-même et qui est la Sainte-Vierge Marie.
Marie portait et renfermait en elle Jésus, Dieu fait homme. La petite maison de Nazareth fut ainsi la première église catholique, et Marie en fut le premier ciboire, le premier tabernacle, le premier autel, mille fois plus saint que nos autels, nos tabernacles et nos ciboires d'or et de pierres
précieuses. C'était en effet un ciboire vivant pour le Dieu vivant ; c'était un tabernacle qui pouvait rendre et qui rendait à Jésus amour pour amour, un autel rempli du Saint-Esprit, vivant de la vie de Dieu, qui comprenait le prix infini du trésor qu'il portait. Là l'Enfant-JÉsus, qui, dès le premier moment de son incarnation, avait la plénitude de sa raison et de sa volonté, trouvait en sa bienheureuse Mère un objet absolument digne de son amour, un coeur absolument pur, une âme absolument sainte, de telle sorte que, malgré sa sainteté infinie, Jésus ne voyait rien en Marie qui pût lui faire la moindre peine. Au contraire, tout en elle le réjouissait, le consolait, et il se complaisait parfaitement dans ce chef-d'oeuvre de sa grâce.
Jésus, qui demeure ainsi renfermé
neuf mois dans le sein de sa mère, la comblait nuit et jour de grâces nouvelles, dont aucune créature ne peut même avoir l'idée ; il augmentait à chaque instant en elle la foi, l'humilité et la douceur, le détachement de toutes les choses de la terre, la pureté du cœur, l'esprit d'obéissance et de soumission, la patience, la charité envers le prochain, le zèle du salut des âmes, la bonté, la miséricorde, et, par-dessus tout, l'ardent amour de Dieu, de Dieu devenu son fils.
Et la Sainte-Vierge, digne mère d'un tel fils, digne créature d'un si bon Dieu, correspondait parfaitement à chacune de ces grâces ; elle faisait tout ce qui dépendait d'elle pour aimer et servir son Dieu de tout son cœur, de toutes ses forces et de toute son âme. Les Anges la vénéraient comme leur Sou-
veraine, comme la mère de leur Roi ; et ils commençaient ainsi dans le ciel ce culte magnifique que l'Eglise a reçu d'eux et qu'elle rend à Marie de siècle en siècle, de génération en génération; qu'elle lui rendra jusqu'à la fin du monde sur la terre, et qu'elle continuera de lui rendre pendant toute l'éternité, à la plus grande gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
C'est donc en vous, ô très-sainte Vierge, que je trouve et que j'adore mon cher Enfant-jÉsus, qui est mon Dieu, mon grand Roi, mon doux Sauveur, et le Bien-Aimé de mon âme.
Je ne suis qu'un pauvre enfant; aidezmoi donc vous-même à l'adorer et à l'aimer comme il faut. Apprenez-moi à le bien prier, à l'aimer parfaitement, à le conserver toujours en mon coeur où il repose aussi par sa grâce : car
c'est le même Jésus, c'est votre fils qui a demeuré neuf mois dans votre chair très-pure, qui maintenant demeure, habite et vit en mon âme baptis'e ; et il veut la voir aussi belle que la vôtre, aussi pure, aussi innocente, aussi douce et aimante.
0 Jésus, vivant en Màkie, venez donc et vivez aussi dans mon pauvre petit cœur! remplissez -le de votre sainteté; communiquoz-lui votre force, pour qu'il fasse toujours le bien et qu'il évite toujours le mal. Donnez-moi vos vertus solides et vraies, nécessaires pour sanctifier mon enfance... Faitesmoi aimer tout ce qui est parfait comme vous l'aimez vous-même ; faites moi comprendre de plus en plus le mystère de votre enfance... Régnez en moi, ô très-doux, très bon et très-saint Enfan t-JÉsus, régnez en moi et empêchez
le méchant démon de triompher de ma faiblesse ; régnez en moi pour la gloire de votre Père, pour mon bonheur et pour mon salut.
in
Saint Joseph, la Sainte-Vierge et l'Enfant-Jésus
Saint Joseph était destiné par la Providence à jouer un bien grand rôle dans le mystère de l' Incarnation du Fils de Dieu : il était destiné à être le gardien, le protecteur de la faiblesse et de la virginité de la Sainte- Vierge, et plus tard le père nourricier, le protecteur de Jésus, pendant tout le temps de son enfance et de sa jeunesse.
Le Père éternel le choisissait ainsi
pour son représentant, pour son vicaire, auprès de sa sainte Epouse, la Vierge Maeie, devenue mère de son Fils unique. Il le choisissait seul entre tous les hommes pour être le dépositaire de ce double trésor, dont aucune créature ne pourra jamais comprendre la valeur : Jésus et Marie.
Et non-seulement saint Joseph gardait et protégeait Jéïus et Maeie, mais au nom de Dieu le Père, il les dirigeait, il leur donnait des ordres, et tous deux lui étaient soumis. La très-sainte Vierge obéissait à Joseph comme une épouse parfaite obéit à son époux et à son chef; et Jésus, tout Dieu qu'il était, lui obéissait également avec une humble soumission, comme un fils obéit à son père. En saint Joseph, l'Enfant- Jésus ne voyait que son Père céleste, et l'obéissauce qu'il portait à celui ci
se confondait avec l'obéissance qu'il observait en toutes choses à l'égard de son père adoptif.
Mon cher enfant, il faut beaucoup vénérer et aimer saint Joseph. En le faisant, tu imiteras parfaitement ton Maître, l'Enfant- Jésus. Saint Joseph est un Saint qui, en un sens, n'a pas eu son pareil sur la terre : sa vocation a été cent fois supérieure à celle de tous les Patriarches, de tous les Prophètes, de tous les Apôtres, de tous les Saints. Au-dessus de lui, il n'y a que la Sainte-Vierge, vraie Mère du Dieu qui a daigné l'adopter pour père icibas.
Joseph, l'Enfant-JÉsus et Marie représente sur la terre la tiès-sainte Trinité : Joseph représentait le Père qui lui avait départi ses droits sur son Fils ; Jésus non-seulement représen-
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tait, mais était le Fils de Dieu luimême, le Verbe éternel et infini ; la Sainte-Vierge représentait le Saint- Esprit, dont elle était le temple sans souillure.
Ce fut le bon Dieu lui-même qui, par le ministère de l'Ange Gabriel, apprit miraculeusement à saint Joseph le mystère de l'Incarnation opéré dans le seine de Marie. Celle-ci, par humilité, n'en avait rien dit à personne, pas même à son très-saint époux. A partir de ce moment, Joseph ne cjgssa d'adorer Jésus encore caché dans le sein de sa mère. Il était auprès de Marie comme un prêtre est auprès du tabernacle qui renferme le Saint-Sacrement ; et il s'unissait à la Sainte-Vierge et aux Anges pour rendre au Fils de Dieu fait homme toutes les adorations que méritait un si grand amour.
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Il pourvoyait aussi aux besoins matériels de la Sainte-Vierge, en travaillant à la sueur de son front ; car, malgré qu'ils fussent tous deux descendants de la race royale de David, ils étaient pauvres. Oh! qu'ils étaient riches en cette pauvreté, puisqu'ils possédaient le Roi du ciel et le Trésor du Paradis !
Bethléem et la nuit de Noël
Vers la fin du mois de Décembre de cette même année, la Sainte-Vierge et saint Joseph furent obligés de se rendre de Nazareth à Bethléem, malgré la rigueur de l'hiver ; afin d'obéir à un édit de l'empereur Auguste, lequel avait ordonné un recensement général de
l'empire. Les Romains avait conquis la Judée comme tout le reste du monde et l'empereur désirait dans son orgueil savoir au juste le nombre de ses sujets. La petite ville de Bethléem, située près de Jérusalem, était le lieu où devaient se faire inscrire tous les membres encore existant de la famille de David. Plus de mille ans auparavant, David lui-même était né et avait vécu à Bethléem ; c'est là, que pendant de longues années, il avait gardé les troupeaux de son père : figure prophétique de Jésus, vrai Roi d'Israël, qui devait naître en ce même lieu pour y devenir le bon Pasteur de tous les enfants de Dieu et le Roi de l'Eglise.
Le 25 décembre, après plusieurs heures de marche, Joseph et Marie arrivèrent à Bethléem ; mais comme ils étaient de pauvre apparence, on ne voulut les recevoir dans aucuue hôtel-
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lerie. Ils furent obligés de se réfugier dans une grotte, voisine de Bethléem, afin d'y trouver un abri pendant la nuit. Cette grotte était creusée dans le roc vif, elle servait d'étable aux pauvres animaux des environs ; il y avait au fond une auge de pierre, surmontée d'une crèche, c'est-à-dire d'un râtelier de bois destiné à porter le fourrage des bestiaux.
Saint Joseph, doux et humble de cœur, ne se plaignit point de cette dure nécessité, et installa de son mieux la Sain te- Vierge dans ce misérable asile. Dieu, qui se plaît à confondre l'orgueil des hommes et à tirer la grandeur du néant, avait choisi cette pauvre grotte pour être le premier palais de son Fils unique, lorsqu'il apparaîtrait au milieu des hommes.
Aux approches de minuit, la Sainte-
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Vierge connut que l'heure était arrivée où elle allait enfanter son Dieu et son fils. Elle en avertit saint Joseph, et tous deux préparèrent un pauvre petit lit d'herbe et de paille dans l'auge de pierre, puis dans la crèche. Ils préparèrent aussi quelques langes qu'ils avaient apportés. Suivant les saintes traditions, la bienheureuse Vierge se revêtit alors d'une longue robe de laine blanche et d'un voile blanc, symbole de son innocence. Le blanc est en effet la couleur parfaite, la couleur de Dieu... Elle se sentit embrasée d'un amour extraordinaire, elle se mit à genoux, et les mains étendues vers le ciel, elle attendit le moment du Seigneur...
Au milieu d'une lumière ardente, elle vit bientôt apparaître son adorable Enfant devant ses yeux, comme suspendu en l'air, tout environné de flammes, et la regardant avec un doux
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amour. Elle le prit dans- ses mains très-pures, l'adora comme son Créateur, son Sauveur et son Dieu ; le baisa mille fois comme son fils bien-aimé; puis elle le présenta à saint Joseph, qui n'osait approcher, se regardant indigne de lever les yeux sur le Verbe fait chair.... Enfin, Marie enveloppa l'Enfant divin dans ses pauvres langes, et, aidée de Joseph, elle le déposa doucement sur la paille.
Dans le temple de Jérusalem, deux Séraphins d'or, d'une grandeur colossale, étaient représentés en adoration de chaque côté de l'arche d'alliance :
ils figuraient Marie et Joseph adorant l'Eufant-JÉsus, dont l'humanité sainte est la véritable arche d'alliance et le centre de toute la Religion.
Unissons-nous, mon cher enfant, aux adorations, aux prières et à l'amour de
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la Sainte-Vierge et de saint Joseph, lorsque nous nous trouvons dans nos églises au pied du Saint-Sacrement.
L'Enfant-JÉsus est là présent comme il l'était jadis dans la grotte de Bethléem, et, du fond du tabernacle, il nous bénit, il nous regarde, il nous aime, comme il bénissait, regardait et aimait au jour de Noël, sa bienheureuse Mère et Joseph son père adoptif.
Les Bergers et l'Enfant-Jésus
Pendant cette nuit sacrée, plusieurs bergers veillaient dans la campagne de Bethléem, gardant leurs troupeaux, comme le faisait jadis le jeune David.
La tradition nous apprend qu'il y en
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avait trois : un vieillard, son fils et son petit fils.
Tout à coup l'Ange du Seigneur (sans doute l'Ange Gabriel, qui est l'Ange de la Sainte-Vierge et de l'Enfant-JÉsus) apparut devant eux, et âils furent enveloppés dans une lumière éclatante, et ils eurent grand' peur. Cette lumière figurait JésuS- Çhrist, qui est la vraie lumière des âmes, et aussi la foi, qui est la connaissance de Jésus-Christ. Et l'Ange leur dit d'une voix toute céleste : " N'ayez pas peur, car je viens " vous annoncer un grand sujet de joie " pour vous et pour tous les hommes : " aujourd'hui même, le Sauveur vient " de naître dans la cité de David • " c'est le Christ, le Seigneur. Voici " à quel signe vous le reconnaîtrez :
" vous le trouverez petit enfant, enve-
" loppé de langes, et couché dans une " pauvre crèche."
Et aussitôt une multitude d'esprits célestes, se joignant à i'Ange, firent retentir les airs des louanges de Dieu, et entonnèrent ce cantique, que l'Eglise répète tous les jours à la messe : " Glo- " ria in excelsis Deo. Gloire à Dieu " dans le ciel, et sur la terre paix aux " hommes de bonne volonté." Puis les Anges disparurent et rentrèrent dans les cieux.
Les bergers, remplis d'admiration et de joie, se levèrent aussitôt, se disant l'un à l'autre : " Hâtons-nous, et allons à Bethléem, et voyons les merveilles que le Seigneur vient de nous annoncer ! " Et ils accoururent à la grotte de David, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et l'Enfant- Jésus dans sa crèche... Ils se prosternèrent devant lui, pleins
de foi et de bonne volonté. Ils l'adorèrent comme leur Sauveur, comme le Rédempteur du monde, comme le Christ Seigneur, comme le Fils de Dieu fait homme ; et leur foi leur fit découvrir, sous les humbles apparences de ce pauvre petit nouveau-né, le Dieu vivant, Créateur et Seigneur de toutes choses, régnant avec le Père et le Saint- Esprit dans tous les siècles des siècles.
Il en est ainsi de nous, fidèles enfant de l'Eglise, lorsque dociles aux enseignements de nos prêtres qui sont les Anges, c'est-à-dire les envoyés de Dieu, nous allons à Jésus, présent et caché au Saint-Sacrement de l'autel.
Sous l'humble apparence du Sacrement, notre foi découvre et adore l'Enfant- Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Les bergers de Bethléem n'apercevaient qu'un petit enfant, et ils adoraient le
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Fils de Dieu en cet enfant; et ils avaient bien raison : nous autres, héritiers de leur foi et éclairés comme eux de la lumière céleste, nous n'apercevons dans l'Eucharistie qu'une petite hostie, que l'apparence du pain, et nous adorons Jésus dans son Sacrement ; et nous avons l^ien raison, car il est là tout entier présent, tel qu'il règne dans les cieux, et tel que nous le verrons un jour au Paradis.
Oh ! que l'Enfant- JÉSUS a béni de
bon cœur ces bons bergers, ces chers pauvres qu'il appelait ainsi les premiers à l'honneur de le voir et au bonheur de le connaître ! Comme la Sainte-Vierge le leur a donné avec joie, pour qu'ils pussent baiser tout à leur aise ces petites mains, ces petits pieds qui devaient un jour être crucifiés pour nous ! Heureux bergers de la crèche, priez
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pour nous dans le ciel, afin qu'après avoir, comme vous, reconnu, aimé et suivi Jésus dans ses anéantissements sur la terre, nous le voyions et adorions avec vous dans la lumière étemelle, où il se montre sans voile à tous ses Saints !
Les M.-ijes :t l'Enfant- Jésus
Le bon JÉsr>, qui est le Sauveur de tous les hommes, aime d'un égal amour les petits et les grands, les pauvres et les riches. Il appela d'abord les pauvres et les petits, parce que ceux-ci étaient plus abandonnés, et avaient encore plus besoin que les autres des consolations de la foi ; ma'- aussitôt après le
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voici qui du fond de sa crèche 'fait un second miracle pour appeler à lui les savants et les grands de ce monde.
La lumière céleste, qui avait enveloppé les bergers durant la nuit de Noël, figurait la foi, la lumière du ciel, qui amène les hommes aux pieds de Jésus-Christ.
Une étoile miraculeuse, d'une grandeur et d'une splendeur extraordinaire, qui, elle aussi, était une figure de la foi, apparut en même temps très-loin de là à trois riches et savants personnages qu'on appelait des Mages. Ils régnaient en qualité de princes sur une partie de la Chaldée ou de l'Arabie.
C'étaient des hommes religieux, droits et sincères, non moins bien disposés que les bergers de Bethléem. 31ais ils étaient riches ; et les riches, même les bons riches, ont toujours beaucoup de
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chemin à faire pour arriver à Jésus- Christ. Les bergers, au contraire, étaient pauvres ; ils n'avaient pas les embarras de l'opulence <et des grandeurs ; et libres de cet attirail, ils purent aller de suite à leur Sauveur.
Comme les bergers, les Rois-Mages répondirent à l'appel céleste : l'étoile miraculeuse leur fit connaître que le moment prédit par les anciennes traditions du genre humain était enfin arrivé, et que le Christ, Koi et Sauveur du monde, était né.
Dociles à la voix du ciel, ils se mirent bientôt en marche, bien assurés que le bon Dieu ne les tromperait pas, et que l'étoile les conduirait au Messie nouveau-né. En effet, l'étoile céleste, dirigée par les Anges, avança devant eux, leur montrant le chemin ; semblable à la lumière de la vraie foi, qui
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nous conduit, à travers les obscurités de ce monde, dans la vraie voie du ciel, dans le bon chemin qui mène à Jésus-Christ.
Lee Mages avaient avec eux de nombreux serviteurs, et ils emportaient pour le Christ-Roi de beaux présents, entre autres de la poudre d'or, des graini d'encens et de la myrrhe.
Toujours conduits par l'étoile, les Mages arrivèrent à Jérusalem. Et ils se présentèrent devant le roi des Juifs, qui s'appelait Hérode. Cet Hérode, tributaire de l'empereur romain, était un très-méchant homme, ambitieux, hypocrite, très-cruel, et qui voulait avant tout rester le maître. Les bons Mages, qui ne savaient pas cela, allèrent le trouver, et lui demandèrent tout simplement ! " Où est le Roi des " Juifs, qui vient de naître ? Du fond
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" de l'Orient, nous avons vu son étoile, " et nous sommes venus pour l'adorer."
À cette nouvelle, Hérode fut trèstroublé, et avec lui toute sa cour. Il dissimula cependant ses craintes et sa colère ; et après avoir consulté les prêtres juifs et le» Docteurs de la Loi, il dit aux Mages ! " C'est à Bethléem, " en la tribu de Juda, que doit naître " le Christ, Roi d'Israël, suivant les " anciennes prophéties. Allez donc à " Bethléem ; adorez ce Rui nouveau- «* né; et quand vous l'aurez trouvé, " venez aussitôt me le dire, afin que " moi aussi j'aille lui rendre mes hom- " mages." Le traître ne disait pas cela ào% bon cœur : il voulait, sans se donner la peine de le .chercher, se défaire à coup sûr de celui qu'il regardait comme un dangereux rival.
Quant aux excellents Rois-Mages,
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ils y allaient plus simplement; ils ne cherchaient, ne voulaient que Jésus- Christ : aussi le trouvèrent-ils sans peine ; et l'étoile sacrée brilla de nouveau au-dessus de leurs têtes, plus splendide à mesure qu'elle se rapprochait de Celui qui est la Lumière du monde. Elle conduisit les Mages jusqu'à Bethléem, s'arrêta au-dessus de la grotte, et les Mages, ravis de joie, trouvèrent l'Enfant-JÉsus avec Marie et Joseph ; et se prosternant, ils l'adorèrent. . . .
Ils l'adorèrent comme leur Dieu, comme leur Roi et comme leur Sauveur : à l'Enfant- Jésus Dieu, ils offrirent l'encens, symbole de la prière ; à l'Enfant- Jésus Roi, ils offrirent l'or, symbole de la royauté ; à l'Enfant- Jésus Sauveur et Victime, ils offrirent la myrrhe, plante précieuse qui servait
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à embaumer les morts, et dont l'amertume figurait toutes les souffrances du mystère de la Rédemption.
La Sainte- Vierge accepta ces présents au nom de son Fils. La Sainte- Famille en vécut pendant quelques temps, et les partagea avec les bergers et les pauvres.
Les Mages restèrent quelque temps à Bethléem. Ils ne pouvaient se lasser de voir et d'adorer le Sauveur : la Sainte- Vierge et saint Joseph les instruisaient, comme maintenant encore les prêtres instruisent les fidèles ; et l'Enfant- Jésus les bénissait. Il leur envoya un de ses Anges, qui leur dit, pendant leur sommeil, de ne point retourner à Jérusalem, et de laisser là le méchant Hérode.
Ils s'en retournèrent donc dans leur
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pnys par un autre chemin, et Hérode les attendi vainement.
Jésus est le Roi des Rois, le Docteur des savant?, et le Maître de la terre aussi bien que du ciel ! Tout est à lui, ici-bas, comme 'à haut, parce qu'il est le Seigneur. Tous les rois doivent lui obéir, doivent l'adorer, s'humilier devant lui, dépendre de lui en toutes choses ; et ceux qui ne font pas cela, sont mauv. s rois et n'iront pas en Paradis. Tocs lan savants doivent le prendre prvir leur Maître, et préférer toujours son enseignement à leurs propres découvertes ; lui seul, en efFet, est infaillible, c'est-à-dire ne peut pas se tromper, tandis que tous les hommes peuvent se tromper et se trompent très souvent. Quiconque dit le contraire de ce que dit Jésus, se trompe. Enfin tous les riches, tous les puissants de la
terre doivent se rappeler sans cesse que Jésus est le souverain Maître de leurs richesses, fauteur de toute leur puissance, et qu'il leur en demandera un compte rigoureux au jour de leur mort. Il condamnera au feu éternel de l'enfer les mauvais riches, comme les savants orgueilleux et incrédules, comme les mauvais princes.
0 petit Jésus que vous êtes grand !
La Sainte-Vierge vous tient en ses mains ; et vous êtes plus grand que le monde, plus puissant que tous les rois, plus sage que tous les docteurs !
Vous n'avez rien ; et cependant vous êtes plus riche que tous les riches.
Faites-moi bien comprendre l'honneur que j'ai d'être votre petit serviteur : s'abaisser devant vous, c'est s'élever jusqu'aux cieux ; tout vous donner, c'est laisser ce qui n'est rien pour acquérir en échange le bon Dieu
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et la vie'éternelle; vous seiv!r, ô Jésus, c'est régner.
L'Enfant -Jcr sus présenté au Temple -
Huit jours après sa naissance, l'Enfant-DiEU. à, la cérémonie religieuse de la circoncision ordonnée par la loi de Moïse, reçut de la Sainte-Vierge et de saint Joseph le nom mystérieux de Jésus. Jésus, en hébreu, signifie Sauveur. Christ, signifie le Sacré, le Roi, le Souverain-Prêtre. Notre Seigneur est en effet tout cela pour nous : il est le Souverain-Prêtre de Dieu au milieu de ses créatures, le Roi suprême des hommes et des Anges, le Saint de Dieu, e Saint par excellence, consacré par
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le Saiut-Esprit, qui repose tout entier en lui. Que la Sainte- Vierge était donc heureuse d'être la mère d'un tel fils ! ■
Elle savait, et saint Joseph le savait aussi, que le fils de Dieu, en se faisant homme, voulait ne se distinguer m rien des autres hommes, et que, pour leur donner des sa naissance les eçons et les exemples des vertus véritables, il voulait obéir en toutes choses i la loi de Moïse. Cette loi, c'était luinême qui, sur le mont Sinaï, l'avait adis dictée a Moïse, son très-saint serviteur; et :.éanmoins, il s'y soumettait lumblement, comme le dernier des enants. Après cela, qui refusera d'ob ir ?
Or, la loi ordonnait que quara: te Durs après -leur n issance, les enfants remiers-nés fussent portés au Temple, ar leurs mères, -fin d'être présentés
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et consacrés au Seigneur. La Sainte- Vierge et saint Joseph portèrent donc l'Enfant-JÉsus au Temple de Jérusalem ; et; pendant que le prêtre offrait, sans le connaître, le Fils de Dieu au Père céleste, un saint vieillard nommé Siméon s'approcha de l'Enfant ; et, tout rempli du Saint-Esprit, qui lui avait révélé qu'il verrait avant de mourir le Christ-Sauveur. Siméon réconnut JÉ- SUS pour le Fils de Dieu, le prit dans ses bras, l'adora de tout son cœur, et s'écria dans le transport de sa joie et de sa reconnaissance : " 0 Seigneur, " maintenant votre serviteur peut " mourir en paix ; car, selon votre pro- " messe, mes jeux ont vu le Sauveur, " que vous avez envoyé pour racheter u tous les hommes; le Sauveur qui est " la lumière du monde et la gloire " d'Israël votre peuple." La Sainte- Vierge et saint Joseph admiraient ces
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merveilles ; et Marie conservait et méditait en son cœur tout ce qu'elle voyait et entendait au sujet de son enfant.
Siméon, qui ne connaissait ni Marie ni Joseph, les bénit en leur remettant l'Enfant -Jésus ; et ils revinrent à Bethléem, attendant que le Seigneur leur manifestât sa volonté pour retourner à Nazareth. Mais auparavant, le pauvre petit Jésus devait beaucoup pleurer et beaucoup souffrir ; la persécution, le sang, les larmes et le martyre devaient envelopper sa naissance, comme plus tard ils devaient accompagner sa mort. Notre Seigneur, en effet, n'est pas seulement Dieu ; il n'est pas seulement homme ; il est de plus victime, victime de tous les péchés du monde, victime volontaire et très innocente ; et comme victime, le Fils de Dieu doit
souffrir, doit pleurer, doit être frappé de Dieu et des hommes Ce fut l'impie Hérode qui se chargea le premier de persécuter Jésus. Notre-Seigneur n'a pas d'ennemis plus acharnés que les mauvais rois.
L'Enfant -Je sus et les saints Innocents
Ce méchant roi attend lit les Mages de jour en jour. Ne les voyant pas venir, et comprenant qu'ii ne pouvait plus compter sur eux pour savoir au juste quel était le petit enfant que l'étoile miraculeuse avait signalé à leur adoration, et, par suite, à sa fureur, il prit le parti de ne pas tarder davantage, et de massacrer tous les enfants
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de Bethléem et des environs, qui n'avaient pas atteint deux ans. Le petit Roi nouveau-né serait infailliblement tué avec les autres.
Hérode fit donc cerner Bethléem par une grande troupe de soldats, qui entrèrent dans toutes les maisons, égorgeant sans pitié tous les pauvres petits enfants, tant des riches que des pauvres ; de telle sorte qu'après cette horrible boucherie, il ne resta plus un seul petit enfant dans la ville ; et on n'entendait que des cris de désespoir ; les malheureuses mères, qui avaient ainsi perdu leurs petits bien-aimés, maudissaient le tyran et s'arrachaient les cheveux.
Hélas ! leur malheur était peut-être une punition de la dureté avec laquelle les Béthléémites avaient accueilli quelque temps auparavant le bienheureux Joseph et la très-sainte Vierge, le 2i décembre.
1 48 l'enfant-jésus
Le seul enfant qu'Hérode voulait faire périr fut le seul qui échappa à sa rage. La nuit précédente, un Ange avait été envoyé à saint Joseph !
'* Lève- toi, lui avait dit ]' Envoyé du " ciel ; prends l'Enfant et sa mère, " quite Bethléem ; fuis en Egypte, et " restes-y jusqu'au jour où je viendrai " t'avertir. Les méchants en veulent " à la vie de l'Enfant." Aussitôt, toujours obéissant et fidèle, saint Joseph s'était levé, avait pris avec lui la Vierge Marie et l'Enfant-JÉsus, les avait placés tous deux sur un âne, ainsi que le rapportent les vieilles traditions, et se laissant conduire par la Providende du Père qui règne dans les cieux, il s'était enfui de Bethléem, bien avant que les soldats d'Hérode n'eussent commencé le massacre des petits Innocents.
C'est le nom que l'Eglise a donné à ces premiers et innocents martys de
l'enfant-jésus 149
Jésus, Martyr veut dire témoin ! les Innocents de Bethléem, égorgés à cause de Jésus, pour Jésus, à la place de Jésus, et, selon le désir d'Hérocîe, avec Jésus, furent les premiers témoins de la royauté de Jésus-Christ sur la terre. Ils furent baptisés dans leur propre sang. Ce sang innocent fut versé par un roi qui ne voulait pas que Jésus fût Roi, comme plus tard le sang des autres martyrs devait être répandu par des princes scélérats qui ne voulait pas non plus que Notre-Seigneur Jésus-Christ régnât sur le monde.
Salut, premières fleurs du martyre, sains Innocents, petits témoins de l'Enfant-Jésus, roses à peine entr'ou vertes et teintes déjà d'une pourpre glorieuse ! Chers petits enfants de Bethléem, patrons et protecteurs des enfants chrétiens, priez pour nous, afin que, dès
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notre enfance, nous rendions, comme vous, témoignage à notre Sauveur par une vie toute innocente et toute bonne, et par un grand amour de l'Enfant- Jbsus, de la Sainte-Vierge et de l'Eglise.
La Sainte - Famille demeura en Egypte pendant près de trois ans ; et l'Ange de Dieu ayant été de nouveau envoyé à saint Joseph, celui-ci reprit avec Marie et Jésus le chemin de la Judée ; mais, craignant encore pour le précieux dépôt confié à sa charge, il préféra s'éloigner de Jérusalem, et alla se fixer, avec l'Enfant et sa Mère, à Nazareth, en Galilée, là où avait eu lieu le mystère de l'Incarnation.
l'enfàkt- JÉSUS 151
L'Enfant- Jésus à Nazareth
On vénère encore aujourd'hui, dans la basilique de Notre-Dame de Lorette, en Italie, les murailles de l'humble demeure qui servit d'asile à l'Enfant- Dieu. à la Sainte-Vierge et à saint Joseph depuis leur retour d'Egypte.
Cette relique précieuse, transportée miraculeusement par les Anges, lorsque les Turcs devinrent maître absolus de la Palestine, s'était conservée à Nazareth, et les pèlerins n'avaient cessé d'en vénérer les pierres et de le& couvrir de leurs baisers. Ce fut-là, en effet, dans cette pauvre petite maison, que l'Enfant-JÉsus grandissait, et se
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préparait, dans l'obscurité et dans le silence, à prêcher la nouvelle du salut, et à mourir pour nous racheter. L'Evangile ne dit de son enfance qu'une seule chose, qui résume tout ! " 11 re- " vint à Nazareth avec Joseph et Marie " et il leur était soumis."
L'obéissance, l'obéissance parfaite, constante, universelle : telle était la grande occupation de l'Enfant-JÉsus dans la sainte maison de Nazareth. Il faisait ce que l'on disait, et il reparaît» par cette humble et douce soumission, la révolte qui se trouve au fond de tout péché. Qu'est-ce en effet, qu'un péché, sinon une révolte contre la volonté du bon Dieu ? Tu n'en commettras plus jamais, n'est-ce pas, mon enfant ?
L'Enfant-JÉsus à Nazareth apprend à tous les enfants chrétiens, ses petits disciples, ce qu'ils doivent faire pour
l'enpant- jésus 133
être dignes.de lui : ils doivent avant tout obéir au bon Dieu dont la volonté leur est manisfestée par les ordres de leur père et mère ; ils doivent prier, travailler, savoir se taire ; ils doivent être la joie de leur famille, la consolation de leurs parents ; ils doivent se préparer par une sainte enfance à toute une sainte vie, et devenir des Enfants- Jésus, tout semblables à leur divin modèle, le très-saint, très-bon et trèsdoux Fils de Marie.
L'Enfant- Jésus vrai Dieu vivant
Mon petit enfant, transportons-nous en esprit dans la sainte maison de Nazareth, ou bien encore dans la grotte
154 l'estant- jéstjs
de Bethléem ; et là, avec les bons bergers si tu es pauvre, avec les Rois- Mages si tu es riche, prosternons-nous aux pieds de l'Enfant-JÉsus, que nous présente la Sainte-Vierge sa Mère....
Vois-tu cette douce et gracieuse petite tête inclinée vers toi? Vois-tu ces yeux de ton Sauveur qui t'appellent, en attendant que ses petites lèvres puissent bégayer ton nom ? Vois-tu sa bonté, son sourire, ses petites mains qui s'ouvrent pour te bénir ? Et souvienstoi que ce pauvre petit enfant, qui paraît n'être rien, est le grand Dieu éternel, tout puissant, infini, qui a créé et qui soutient le ciel et la terre, qui te crée et te fait toi-même, sans lequel le monde n'existerait pas, et pour lequel existe tout ce qui existe !
Ce petit enfant est, avec le Père et le Saint-Esprit, le seul Dieu vivant et
l'enfant- jésus 155
véritable : et ceux qui ne le connaissent pas, ne connaissent pas le vrai Dieu, le seul vrai Dieu ; les dieux qu'ils adorent, dans leurs fausses religion*, ne sont pas le Dieu vivant ; ce sont des chimères, des inventions de leur imagination ; ou bien, s'ils sont de bonne foi dans leur erreur, le Dieu qu'ils adorent sans bien connaître et sans savoir son vrai nom, le Dieu de la Crèche, c'est Jésus, c'est le saint Enfant-JÉsus, le Dieu de ton cœur.
L'Enfant- Jésus est le centre de toutes les œuvres du bon Dieu ? tout vient de lui, et tout doit retourner à lui ; comme dans un cercle, tous les" rayons partent du centre, et de la circonférence reviennent à ce même centre. Les Anges et les -hommes, les animaux, les plantes, la terre, les eaux, l'air, la lumière, les astres, toutes les
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créatures appartiennent à Jésus, à ce petit enfant ; il est leur Dieu et leur Créateur ; il est leur Seigneur et leur seul vrai maître ; et noua commettons un grand crime, quand nous nous servons de créatures contre lui.
L'Enfa.it-JÉsus, c'est le Fils de Dieu fait homme ; c'est la seconde personne de la Sainte-Trinité, égale en toutes choses au Saint-Esprit et au Père ; c'est lieu revêtu d'une âme et d'un corps, et apparaissant ainsi au milieu de nous, s'abaissani jusqu'à nous, afin que nous l'aimions davantage et que nous puissions mieux le connaître ; c'est le bon Dieu, vraiment bon et trèibon et infiniment bon, qui vient prendre une vie semblable à la ^ôtre, pour nous communiquer, par sa grâce, une vie très-sainte, une vie divine, une vie éternelle, semblable à la sienne.
Eu Jésus, il y a deux natures et une
l'enfant- JÉSUS 15f
seule personne. Ecoute bien ceci; car, pour un enfant, c'est un peu difficile à comprendre. Il j a en Jésus deux natures et une seule personne; c'est-à-dire il y a la Divinité et l'humanité, toutes deux distinctes, mais unies en une seule personne qui est Jésus, vrai Dieu et vrai homme, vrai Fils de Dieu, et vrai fils de la Sainte-Vierge ; Jésus la personne du Fils unique de Dieu.
En Jésus, l'âme et îe corps ne font pas une personne distincte de îa personne du Fils d^ Dieu ; le Fils de Dieu s'unit simplement cette âme et ce corps, qui deviennent sa vraie âme et son vrai corps, mais qui ne font pas de lui deux personnes. Et c'est parce qu'il n'y a en Jésus que la seule personne divine du Fils de Dieu, que la Sainte- Vierge, vraie mère de cette personne divine, est la vraie Mèie de Dieu.— La
même chose, du reste, se passe en toi, en moi, en chacun de nous vis-à-vis de nos mères : il y a en toi, en effet, deux natures et une seule personne ; il y a en toi l'âme et le corps, deux natures distinctes, la nature spirituelle et la nature corporelle, unie en une seule personne qui est toi. Ta mère est la mère de cette personne, elle est donc la vraie mère, et cependant elle ne t'a donné que ton corps. ' De même, la Sainte-Vierge est la Mère de Jésus- Dieu, bien qu'elle n'ait donné à Jésus- Christ que son humanité.
Ii faut adorer l'humanité de l'Enfant-Jésu-, parce que, unie à sa divinité, elle ne forme qu'un seul et indivisible Jésus, qui est Dieu, Dieu adorable. La divinité pénètre tellement l'âme et le corps de Jésus-Christ, qu'elle ne fait plus qu'un avec eux, et que rien ne peut les séparer.
Il y aurait bien d'autres magnifiques choses à te dire, cher petit enfant, sur ce grand mystère de la divinité de l'Enfant-Jésus, sur son humanité sainte et sur les rapports secrets qui existent entre cette humanité et nous ; mais tu ne pourrais pas comprendre cela maintenant. Contente-toi d'adorer profondément, et d'aimer de tout ton cœur l'Enfant-Jésus, ton Seigneur et toa Dieu.
Il y a des méchantes gens qui ne l'adorent pas, qui ne l'aiment pas, et qui vont même jusqu'à blasphémer son nom et se moquer de lui : prie pour eux, car ils sont bien à plaindre ; ils ne savent pas qu'en repoussant l'Enfant- Jésus, ils repoussent leur unique Seigneur, le meilleur des Maîtres, et le vrai Dieu qui règne dans l'éternité.
160 l'enfant- JÉSUS
L'Enfant- Jésus Adorateur
L'Enfant-Jésus est donc le Dieu unique, le Dieu tout-puissant et éternel qu'il " faut adorer :ou i, certes, et quiconques ne l'adore pas, est un démon et un réprouvé. Et cependant, comme il est vraiment homme en même temps qu'il est vraiment DieD" ; comme il a une âme tout à fait semblable à la nôtre, l'Enfant- Jésus adore à son tour Dieu son Père, et lui rend d'incomparables hommages au nom de la création tout entière.
Comprends bien ceci, mon enfant :
c'est tout le secret dé la religion chrétienne : Jésus est l'Adorateur parfait
l'enfant-jésus 161
de Dieu ; et pour bien adorer Dieu, tu dois t'unir à ton Jésus, et adorer le bon Dieu avec lui. comme lui, par lai et en lui. Personne ne peut arriver au cœur du bon Dieu que par Jésus- Christ, ainsi qu'il l'a déclaré lui-même dans son Evangile ; " Personne ne peut " arriver au Père que par moi."
La Religion est le lien qui unit Dieu à l'homme et l'homme à Dieu; et Notre Seigneur Jésus-Christ, Dieu homme, fait descendre Dieu jusqu'à l'homme pour élever l'homme jusqu'à Dieu.
Voilà pourquoi il adore Dieu, à la tête de tous les chrétiens, de tous les hommes, afin que la grâce de Dieu descende par lui sur tous les hommes, et que les adorations, les prières de tous les hommes aient la force d'arriver par lui jusqu'à la majesté de Dieu. Comprends-tu bien cela ? L'Enfant-
162 l'ekfant- jésus
Jésus est comme la porte du ciel, par où passe le bon Dieu pour descendre au milieu de nous, et par où nous passons pour aller au ciel et posséder éternellement le bon Dieu.
Nous devons donc prier et adorer Dieu avec Jésus Adorateur. Nous devons aussi prier comme Jésus Adorateur, et adorer comme Jésus Adorateur, c'est-à-dire avec un très-grand respect de la majesté de Dieu, avec un trèsgrand amour de sa bonté infinie, avec une soumission très parfaite à toutes «es volontés, avec une grande joie, avec mie grande simplicité, comme de vrais enfants en présence de leur Père céleste.
Nous devons prier et adorer Dieu en Jésus, c est-à-iire que nous devons toujours chercher le bon Dieu en son FiU «nique Jbsus-Christ, parce qu'il est
l'enfant- jésus 163
là, et parce qu'il n'est que là. En effet, bien que JÉSUS soit la seconde personne de la Sainte-Trinité, et non pas la première, ni la troisième, cependant le Père et le Saint-Esprit lui sont tellement unis, qu'ils sont en lui comme dans leur temple parfait. Celui qui voit l'Enfant-JÉsus, voit le Père céLeste, celui qui aime l'Enfant-JÉsus, aime Dieu so;1. Père ; celui qui écoute l'Enfant-JÉsus. qui reçoit l'Enfant-JÉsus, écoute et reçoit le Saint-Esprit, qui est l'Esprit de Jésus. C'est donc en Jésus que tu dois toujours, mon cher enfant, aller chercher ton Dieu pour l'adorer, pour le prier, pour lui rendre tous les devoirs de la Religion. Le bon Dieu veut que tu viennes à lui par cette Toie ; et toi, si tu refuses de la prendre, tu ne pourra arriver à Dieu ni en ce monde, ni dans l'autre. " Je suis la " Yoie, a dit Notre-Seigneur dans son
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" Evangile ; et si quelqu'un passe par " moi, il sera sauvé."
Je vous adore donc de tout mon cœur comme mon Dieu, ô très-saint Enfant-JÉsus ! et en même temps, je viens à vous pour prier et adorer dignement. Je m'unis à votre cœur, à votre âme sainte, à vos chères petites lèvres, à votre humanité adorable pour rendre à mon Père céleste, qui est le vôtre, tout ce que je lui dois d'adoration, de respect, d'hommages et de prières.
Saint Enfant-JÉsus, suppléez à ce qui me manque, et daignez offrir mes pauvres petites prières, si faibles, si distraites, à la majesté infinie du bon Dieu, qui met en vous seul toutes ces complaisances !
Dans sa cièche, comme dans le sein de sa mère, i'Enfant-JÉsus avait pour première occupation l'adoration par-
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faite de Dieu son Père ; et comme c'était un Dieu qui adorait ainsi, ces adorations avaient un mérite infini, étaient vraiment dignes de la grandeur et de la majesté de Dieu ; et la prière de l'Enfunt-JÉsus était à la hauteur du Seigneur trois fois saint que le ciel et la terre ne peuvent contenir. La Saint-Vierge et saint Joseph, ainsi que tous les Anges du ciel, s'unissaient autant qu'ils le pouvaient, aux adorations de l'Enfant- Jésus- Faisons tous de même.
L'Enfant-Jésus Sauveur et Victime.
Le petit Enfant de la crèche n'est pas seulement le Fils éternel de Dieu
166 l'exfant-jésus
fait homme ; il est de plus le Sauveur et la Victime des pêcheurs.
Le péché est la mort de l'âme ; car la vie de l'âme, c'est son union avec le bon Dieu, et le péché sépare l'âme de Dieu. En péchant, nous nous étions donc tous condamnés à mort, et nous étions perdus éternellement sans la miséricorde infinie de notre Père céleste, qui a daigné nous envoyer son Fils Jésus pour qu'il prit sur lui l'expiation de tous nos péchés, et qu'il devînt ainsi notiL Sauveur et notre Victime.
En se faisant homme, le Fils de Dieu, obéissait à cette volonté de son Père céleste et entrant dans les vues de sa miséricorde, c'est donc chargé volontairement de toutes nos fautes et il s'est présenté devant la face de son Père, comme la Victime universelle
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du péché, comme le grand Pénitent de l'humanité tout entière, comme l'Agneau innocent qui allait sauver la vie de tout le troupeau, en s'offrant à la mort au nom et à la plaee de tous les autres. Quel amour et quelle bonté, n'est-il pas vrai ?
A cause de cela, dès le premier moment de sa naissance, l'iiinfant-jÉscrs a été traité par la justice de son Père avec la rigueur que nous méritions ::
lui ne la méritait pas, puisqu'il était le très-sàint Fils de Dieu, mais il la prenait sur lui pour nous en exempter; nous la méritions pour lui, et il la méritait en quelque sorte à cause de nous.
L'innocent s'offrait à la place des coupables pour les sauver ; car il les aimait plus que lui-même. Oh ! combien nous devons, nous aussi, aimer Jésus, notre Rédempteur ! Combien
168 l'enfant-jésus
nous devons aimer, vénérer et adorer ses larmes, ses souffrances, ses humiliations de toutes sortes-, son obscurité, son sang et sa mort ! Tout ceu\ est le prix de notre salut ; tout cela est la marque de l'immensité de son amour !
Si Notre-Seigneur n'avait pas pris sur lui l'expiation de nos péchés, il aurait paru devant nous comme un Roi de gloire, resplendissant de la majesté de Dieu; il eût été tout lumineux, tout admirable ; sa puissance n'aurait pas eu de bornes, en un mot, il eût été aux jours de son Incarnation ce qu'il sera à la fin du monde, quand il redescendra sur la terre, dans la gloire de son Père, environné de ses Anges, pour juger les vivants et les morts, c'est-à-dire les élus et les réprouvés.
Mais non : JÉsr?, pour nous racheter, a dépouillé tous les vêtements de ga
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gloire : il a laissé tous les rayons de sa divinité, et il est apparu au milieu des hommes comme un pénitent, comme un coupable frappé par la justice divine; nous l'avons vu pauvre, dénué de tout, anéanti, soumis au travail et a la douleur, pleurant, suppliant : nous l'avons vu trahi et agonisant, souffleté et outragé de mille manières, persécuté, bafoué, condamné à mort ; nous l'avons vu crucifié, mourant et mort ; nous l'avons vu réduit à l'état de cadavre ! tout cela pour l'amour de nous, pécheurs indignes ; tellement indignes que beaucoup d'entre nous passent leur vie à oublier ce Sauveur, à blasphémer cette Victime, et à lui dire :
Nous ne voulons point de toi !
0 mon petit enfant, toi du moins, console Jésus par la ferveur de ton amour ! Seras-tu un ingrat comme les
autres? T'éloigneras-tu de Celui qui, pour te faire du bien, est descendu du ciel en terre, afin d'y souffrir et d'y mourir pour l'amour de ton âme ?
Aime-le, aime-le de tout ton petit cœur ; et quand tu prononces le nom sacré de Jésus, n'oublie pas que Jésus veut dire Sauveur, et que c'est à l'Enfant-JÉsus, à l'Enfant-Sauveur que tu dois la vie de ton âme, ton bonheur dans le temps et dans l'éternité.
Malheur aux ingrats ! u Si quel- " qu'un n'aime pas Notre-Seigneur " Jésus-Christ, s'écrie l'Apôtre saint " Paul, qu'il soit anathème ! "
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L'Enfant-Jésus pauvre
La pauvreté est une des punitions du péché. Adam innocent, notre premier père, était le maître du monde. " Je te donne la terre, lui avait dit le "bon Dieu; et tu régneras sur elle, " et sur toutes les plantes, et sur tous " les oiseaux du ciel, et sur tous les " poissons de la mer, et sur tous les " animaux. " En péchant, Adam a perdu sa royauté, et de très-riche, il est devenu pauvre...
Jésus, pour expier le péché, a donc dû se faire pauvre, lui aussi ; pauvre volontaire, pauvre par miséricorde et par charité ; pauvre, pour rendre à
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tous ceux qui croient en lui et qui l'aiment, le royaume et la couronne de l'éternité.
Il a pris sur lui la pauvreté avec toutes ses rigueurs, avec toutes ses douloureuses privations ; il a voulu que sa mère et son père adoptif, tous deux de race royale, fussent réd.iits à la pauvreté ; il a voulu naître, comme un enfant de rebut, dans une misérable grotte, ouverte à tous les vents et bonne tout au plus pour abriter des animaux ; les langes dont il a été enveloppé et que l'on vénère encore à Kome avec le bois de la crèche, sont si grossiers, si rudes, que les enfants les plus indigents n'en ont pas d'aussi communs ; sa première couche a été une auge de pierregrossièrement taillée, et une pauvre crèche, un misérable râtelier en bois, qui n'appartenait à
l'bnfant- jésus 173
personne, tant il était indigne d'avoir un maître ! Voilà quelle a été l'entrée de l'Enfant-JÉsus dans le monde. Pauvreté, privations, délaissement universel... telle semblait être sa divise.
À Nazareth, il voulut être presque aussi pauvre qu'à Bethléem : il voulut que son père et sa mère vécussent au jour le jour, du travail de leurs mains ; il a voulu plus tard travailler lui-même comme un pauvre apprenti, comme un artisan qui n'a pour toute richesse que ses deux bras ; et toute sa vie a été ainsi la préparation à ce dépouillement suprême dans lequel il a voulu mourir, nu, sur une croix, plus pauvre encore que dans sa crèche ; là du moins il avait des langes...
Pauvres, réjouissez-vous: le bon Dieu s'est fait semblable à vous ; il est descendu jusqu'au fond de votre mi-
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sère ; il a connu par expérience vos angoisses et vos privations si dures; si vous l'aimez, il vous prépare son royaume dans le Paradis, et il partagera avec vous les trésors sans mesure de sa toute puissance.
Riches de la terre, prenez garde à vos richesses : ce sont de faux biens que Jésus a dédaignés et qui empêchent bien souvent ceux qui les possèdent, d'aimer et de vouloir les biens véritables, les richesses éternelles. Prenez garde à vous ! il faut vous détacher de tout cela, au moins par le coeur et par l'esprit: si vous aimez l'argent, si vous n'aimez pas la pauvreté, la pauvreté de Jésus, vous ne pourrez pas prendre place parmi ses disciples, et vous ne pourrez jamais entrer dans son bienheureux royaume.
Donc, mon petit enfant, aime la
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pauvreté et les pauvres, pour l'amour de ton Jésus pauvre : détache-toi de tout, pour ne tenir qu'à Jésus, qui est le grand trésor du ciel et de la terre. Comme l'Enfant-Jésus était détaché de tout pour l'amour de Dieu son Père; ainsi toi, sois détaché de tout pour l'amour de Jésus-G hrist ! N'aime que ce qu'il aime,, n'estime que ce qu'il estime ; et regarde-toi toujours comme très-riche si, par la grâce, tu possèdes l'Enfant-Jésus dans ton cœur.
L'Enfant-Jésus innocent
L'innocence, c'est Tabscence de tout vice, de toute souillure. Un enfant est innocent quand il est tout pur et tout
176 l'enfant-jésus
bon. Le saint Enfant-JÉsus était innocent comme l'innocence même : de même que le bon Dieu est plus que bon, puisqu'il est la Bonté elle-même, de même l'Enfant-JÉsus était plus qu'innocent, car il était l'Innocence même, l'Innocence incarnée, l'Innocence sous la forme d'un petit enfant.
Jésus déteste tellement tout ce qui est péché et souillure, que jamais personne ne pourra le comprendre. Il repousse le vice, comme la lumière repousse les ténèbres, comme le feu repousse le froid. Son cœur, dans la crèche, était le sanctuaire de la pureté, et comme la source que le bon Dieu ouvrait et présentait à tous les hommes pour qu'ils y vinssent puiser le pardon de leurs péchés et la pureté de leurg consciences. En Jésus nous retrouvons le trésor divin de l'innocence, perdu jadis par nos premiers parents.
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L'Enfant-Jésuis très-innocent ne veut autour de lui que des cœurs innocents et purs. La Sainte- Vierge était toute belle d'innocence, et il n'y avait en elle aucune tache; pas même la tache du moindre péché véniel, autant qu'une simple créature pouvait être digne de porter et d'enfanter Dieu, la très-sainte Vierge Marie était digne de son divin fils Jésus. Il en était de même, à proportion, de saint Joseph :
son âme était également toute sainte, et le péché lui était tout à fait étranger.
Si les Bergers et les Mages n'avaient pas cette pureté parfaite, du moins c'étaient des âmes droites, sincères et vraiment innocentes, qui aimaient la vérité et le bien, et qui ne résistaient pas aux bonnes inspirations de la grâce.
Ainsi devons-nous faire, tous tant
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que nous sommes, nous qui aspirons à l'honneur de former la cour du saint Enfant-Jésus. Pour être admis dans l'intimité du très-grand et très petit Roi de la crèche, il faut porter ses livrées, qui sont toutes blanches et toutes innocentes. Personne ne peut approcher de lui avec une autre robe que la robe de la pureté, que le vêtemene de la sainte innocence. Loin de lui les impurs ! s'ils osaient le toucher, il les frapperait comme des sacrilèges.
Et cependant, voie, mon cher enfant, combien Jésus est bon et miséricordieux : il appelle à lui tous les pêcheurs, tous les pauvres impurs; et, s'ils se repentent, il les purifie si parfaitement que, de mauvais, ils sont changés en bons, d'impurs en très-purs, capables désormais de prendre place au milieu des Anges, avec les Mages et les Bergers, à la suite'de Joseph et de Marib.
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Tu as sans doute commis bien des fautes déjà dans ta pauvre vie : déjà peut-être tu as perdu la blanche robe d'innocence, la belle robe de ton baptême... Pauvre petit, viens, et n'aie pas peur : ton Roi est ton Sauveur, ton doux Sauveur ; prosterne-toi à ses pieds; dis-lui: " Mon Dieu, j'ai péché, j'ai fait de mauvaises et vilaines choses... pardonnez-moi; purifiez-moi; rendez-moi la grâce de mon baptême, afin que je puisse demeurer en votre présence, et ne pas être pour vous un objet de douleur et de dégoût. A partir de ce jour, ô mon cher petit Maître, je n'offenserai plus votre doux amour.
Jamais je ne perdrai plus votre gnice, et je veux, par l'innocence de ma vie, mériter l'honneur d'être toujours votre disciple et votre ami sur la terre, et, dans le ciel, le compagnon de votre éternel bonheur. "
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L'Enfant-Jésus doux et humble
Notre-Seigneur, enseignant un jour le peuple d'Israël, terminait ainsi un de ses divins sermons : " Venez à moi " vous tous qui souffrez et qui avez de " la peine ! Et moi je vous soulagerai. " Prenez mon joug sur vous, et appre- " nez de moi que je suis doux et humble ft de cœur : et vous trouverez ainsi le " le repos de vos âmes ! " Cet appel si doux et si consolant, il nous l'adresse dès son apparition du fond de sa pauvre crèche; et sans rien dire, il nous apprend très éloquemment le secret du bonheur.
Ce secret est bien simple, quoique
presque personne ne le comprenne : il consiste à aller à Jésus par la foi et la prière ; à demeurer avec lui par l'innocence, l'amour et la fidélité ; à apprendre de lui la douceur et l'humilité du cœur, et à devenir ainsi d'autres Jésus, d'autres Enfant s- Jésus. Là, et là seulement, nous pouvons trouver la paix de l'âme et le vrai bonheur.
Ne le cherche pas autre part, mon enfant; tu ne l'y trouverais pas, parce qu'il n'y est pas. Quand ta mère est dans sa chambre, la trouverais-tu si tu la cherchais ailleurs ? . . . Il en est de même du bonheur : si tu veux le trouver, va le chercher là où il est : en Jésus-Chkist, dans le coeur de Jésus, dans la douceur de Jésus, dans l'humilité de Jésus.
Sois doux comme Jésus et avec Jésus ; supporte paisiblement et sans te
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fâcher toutes les petites peines dont la vie est semée : les petites privations, les souffrances du corps, les traitements désagréables et le mauvais caractère des autres, les petites injustices dont un enfant peut être l'objet, les paroles désobligeantes, en un mot, tout ce qui serait capable de t'impatienter et de t'irriter. Sois' doux de cœur, doux de visage et de manières, doux en tes pa-> rôles, doux en toutes choses, doux et bon avec tout le monde, surtout avec les méchants. Tu seras alors un vrai Enfant- Jésus, un imitateur fidèle et un véritable disciple de Jésus enfant.
Vois comme en sa crèche il est doux et bénin envers tous ceux qui l'approchent ; il sourit avec tendresse, et répand la joie et la paix dans la grotte sainte ; il pardonne aux Bethléémites leur dureté et l'abandon où ils le laissent ; au lieu de faire mourir le
l'jentàït- Jésus 183
méchant Hérode, il s'enfuit en silence ; et s'il pleure, ce ne sont que des larmes d'amour et de compassion.
Sois humble comme l'Enfant- Jésus; humble de cœur, humble en réalité et non pas seulement en apparence. N'oublie jamais que tout ce que tu as de bon, en ton âme et en ton corps, vient du bon Dieu, appartient au bon Dieu, et doit retourner au bon Dieu; quand tu fais quelque chose de bien, et quand les autres t'estiment et te louent, rapporte fidèlement à ton Dieu, l'honneur et la louange ; tu n'as rien que tu n'aies reçu, tu n'as rien qui ne soit au bon Dieu. Ce que tu as, et ce que tu dois rapporter à toi-même, pauvre petit, ce sont tes défauts, ce sont tes péchés ; ils ne viennent pas du bon Dieu, qui est très-saint, mais de toi-même et tu n'as que cela à toi, en propre. Aussi
184 l'enfant- Jésus
faut-il t'humilier, t'humilier beaucoup à cause de tes défauts et de tes péchés. Ils sont peut-être plus grands que tu ne penses, et peut-être es-tn bien moins bon aux yeux de Dieu que tel ou tel camarade que tu serais tenté de mépriser et qui a reçu beaucoup moins de grâces que toi.
Mon enfant, sois humble, doux et modeste; ne méprise jamais personne; comme Jésus, déteste et méprise le péché, mais jamais le pêcheur. Humilie-toi, au contraire, en pensant à tes fautes ; fais peu attention à celles des autres, et beaucoup aux tiennes ; et alors il ne te sera pas difficile d'être humble de cœur. L'Enfant-Jésus se voyait toujours enveloppé de tous nos péché, dont il avait daigné se charger afin de nous en débarrasser, et, tout innocent qu'il était, il s'humiliait
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pleinement et entièrement devant la face de son Père, et aux yeux du monde se regardant, non pas comme un pécheur, mais comme le Pécher.
0 mon Sauveur, je veux, comme vous, devenir doux et humble de cœur, afin d'être aimé de vous ? Donnez-moi, je vous en prie, votre douceur et votre humilité ; changez-moi, car je ne suis ni doux ni humble; mon cœur misérable s'irrite facilement : rendez-le semblable au vôtre, afin qu'il soit toujours doux, bon, patient et suave ; il est porté à l'orgueil, à la vanité, à l' amourpropre, .à la présomption ; rendez-le semblable au vôtre, tout modeste et tout humble.
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L'Enfant-Jésus obéissant
Quand on est doux et humble, on est bien facilement obéissant. L'obéissance est un parfum composé d'humilité et de doucetfr.
L'Enfant-Jésus était si parfaitement obéissant, qu'il semblait n'avoir d'autre volonté que la volonté de son Père céleste et celle de Marie et de Joseph.
Il ne faisait rien de lui-même. Il était Maître de tout et de tous, et il se comportait en pauvre serviteur, comme à tout et à tous.
Au moment où il descendit dans le sein de la Vierge Marie, il voulut que
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son incarnation dépendit, non pas de lui, mais d'elle- Pour naître à Bethléem, et accomplir ainsi les oracles de ses Prophètes, il voulut se soumettre à un caprice de l'empereur romain, comme un sujet se soumet à son maître. Dans sa crèche, le voici absolument soumis à toutes les volontés de sa mère, et à la conduite de son père nourricier. Il se laisse prendre et déposer, envelopper de langes, coucher sur la paille de la crèche ; les Bergers et les Mages le prennent et le reprennent ; il ne connaît qu'un seul mot :
obéir. De sorte que déjà on pouvait dire de Jésus la parole que nous rapportions plus haut, en racontant sa jeunesse à Nazareth, entre Joseph et Marie : " il leur était soumis."
Et toi, mon enfant, es-tu soumis, docile, obéissant, en toutes choses ?
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Obéis-tu d'abord de tout cœur à la loi du bon Dieu ? Tout péché est une désobéissance. Es-tu doucement et humblement soumis à tes parents, à tes maîtres, à tous ceux qui ont droit de te comniander? Quand tu obéis, est-ce joyeusement et de bon cœur ? Car il ne suffit pas d'obéir, il faut de plus bien obéir, obéir chrétiennement et parfaitement. Obéis-tu par un sentiment dé foi, parce que c'est la volonté du bon Dieu ? Ou bien simplement parce que tu y es habitué et que tu as un bon naturel ? Tâches-tu, même en jouant, et avec tes petits camaïades, de faire plutôt leur volonté que la tienne, ou, du moins, de leur céder facilement ?
Examine-toi sur tout cela, aux pieds de l'Enfant-Jésus, le grand Docteur de l'obéissance et de la soumission.
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L'Enfant- Jésus au Saint-Sacrement de l'autel
Jésus est toujours au milieu de nous, réellement et corporellement, par le très-saint sacrement de l'Eucharistie.
L'Eglise, c'est l'immense Bethléem, où le Roi des cieux, caché et voilé sous une faible apparence, est adoré, reconnu, aimé, servi par les Anges et par les hommes fidèles. Bethléem, en hébreu, veut dire : maison de pain; l'Eglise est cette maison, composée de pierres vivantes qui sont, sur la terre les chrétiens, dans le ciel, les Saints et les Anges : et ce pain, c'est Notre-Sei-
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gneur Jésus-Christ, qui est le pain des Anges, l'aliment éternel de tous les Bienheureux, et ici-bas notre nourriture spirituelle et divine, dans l'Eucharistie.
L'Eucharistie est en effet Jésus présent et voilé sous l'apparence du pain et du vin, c'est Jésus avec tous les mystères de sa vie et de sa gloire ; c'est Jésus avec tous les états par lesquels il a voulu passer pour opérer notre salut, et par conséquent avec le mystère de l'état de sa sainte enfance.
Oui, nous avons toujours au milieu de nous l'Enfant- Jésus ; oui, nous gommes aux pieds de l'Enfant-Jésus, du même petit Enfant-Dieu qui a reposé jadis dans l'humble crèche de Bethléem, lorsque nous sommes à genoux devant le Saint-Sacrement. 0 le grand honneur et l'admirable chose ?
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Nous n'avons rien à envier aux Bergers et aux Mages : nous adorons, nous voyons, nous touchons, nous possédons le même Dieu anéanti pour l'amour de nous dans le mystère de son Eucharistie, comme il était anéanti devant eux dans le mystère de son Incarnation.
Par l'Eucharistie, Notre-Seigneur continue donc à travers tous les siècles le mystère de l'Incarnation et celui de la Rédemption.
Dans l'Eglise, dans la grande Bethléem, le rôle de la Sainte- Vierge et de saint Joseph est continué par le Prêtre catholique, qui enfante sur l'autel Jésus, Dieu-homme.
Il le tient en ses mains consacrées ; il le présente aux bons fidèles ; il le leur donne avec amour.
Il le leur fait connaître par ses pa-
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rôles et son enseignement ; il leur apprend à la bien servir, à le bien adorer ; il les aide tant qu'il peut à l'aimer parfaitement ; et il reçoit de leurs mains les aumônes destiné au culte de Jésus, comme autrefois la Sainte-Vierge et saint Joseph recevaient avec joie les humbles présents des Bergers et les riches offrandes des Rois-Mages.
Il le leur donne dans la Communion, et alors ils deviennent la crèche vivante où l'Enfant-Jésus se plaît à reposer ; crèche douce et moelleuse, où le pauvre petit Jésus est bien mieux que sur la paille froide et dure de Bethléem ; crèche bien-aimée, que Jésus se prépare dès le commencement du monde et qu'il glorifiera d'une manière admirable pendant toute l'éternité.
La lumière qui brille nuit et jour devant le Saint-Sacrement est la con-
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tinuâtion de l'étoile qui brillait aux yeux des Mages et s'arrêtait au-dessus de l'endroit où était l'Enfant. Elle est le symbole de la foi toujours lumineuse et de l'amour toujours ardent que nous devons avoir pour notre cher Enfant-Jésus, présent au fond de nos tabernacles. Hélas, combien nos églises sont souvent solitaires. et désertes ! Le mystère de Bethléem se continue malheureusement encore sous ce triste rapport : nos villes, nos campagnes sont pleines de Bethléémites, d'indifférents qui s'occupent de tout, excepté de l'Enfant-Jésus ! . . . Et cependant c'est pour eux qu'il est là, pour eux seuls, pour leur salut et pour leur bonheur !
Allons donc à l'église, allons à Bethléem, mon cher petit enfant ; aimons à visiter souvent, très-souvent, l'En-
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fant-JÉsus qui nous aime tant. Aimons à le consoler par notre présence, et à lui montrer que ce n'est pas pour rien qu'il descend ainsi sur la terre ! Aimons surtout à le recevoir dans l'adorable Communion : rien ne réjouit autant le cœur de l'Enfant-Jésus. Ceux qui l'aiment véritablement ont faim et soif de lui au Saint-Sacrement de l'autel, et ils le reçoivent le plus souvent et le plus amoureusement possible.
Prions la bonne Vierge de nous donner un grand amour pour son Filg, notre Sauveur, et unissons toujours nos prières et nos adorations à celles de cette Mère d'amour, afin qu'elles soient plus agréablement reçues du Dieu caché de la crèche et de l'Eucharistie.
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L'Enfant- Jésus présent et vivant dans nos cœurs
Jésus, par sa grâce, habite dans nos âmes baptisées d'une manière bien plus parfaite que dans la grotte de Bethléem. A Bethléem, il n'a fait pour ainsi dire que passer: on ne sait pas au juste combien de temps il y est resté ; peut être deux mois, trois mois ; et puis, les fureurs d'Hérode l'ont obligé à quitter cet asile. Il n'en est pas de même de nos âmes : par le Baptême, il se les unit si intimement qu'il ne les quitte plus jamais, à moins qu'elles ne le rejettent tout à fait, qu'elles ne rompent avec lui par l'apostasie de la
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foi. Nous devenons, par le baptême, les rameaux de ce cep divin qui s'appelle Jésus-Christ ; "Je suis la vigne, " nous a-t-il dit, et vous êtes les rau meaux. " Nous lui sommes donc unis, et il est intérieurement présent à nos âme?, pour répandre en elles sa grâce et son Saint-Esprit, comme le cep de vigne répand dans les rameaux qui lui sont unis la sève qui fait pousser les feuilles et les raisins. Toutes les œuvres chrétiennes que nous avons le bonheur de faire, sont les raisins spirituels que Jésus produit en nous et avec nous par sa grâce.
Oh ! petit enfant chrétien, que tu es donc grand et admirable ! tu es le temple de Dieu ; tu es le tabernacle vivant de Jésus-Christ ; tu es le sanctuaire de l'Enfant- Jésus, du Roi des Anges, du Rédempteur du monde !
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N'oublie donc jamais la sainteté de ton âme et de ta chair, que le bon Dieu élève à un si haut degré d'honneur.
Celui que le ciel et la terre ne peuvent renfermer habite en toi, demeure en toi avec délices'. Oseras-tu pêcher en sa présence ? Oseras-tu violer son temple et souiller son tabernacle ?
Mon enfant, adore toujours Jésus présent, par la grâce, au fond de ton coeur. C'est ce qu'on appelle le recueillement, l'union avec le bon Dieu.
Plus tu restera en sa compagnie, et mieux cela vaudra pour toi et pour lui ! Il voudrait que tu pensasses toujours à lui, comme il pense toujours à toi ; il voudrait que tu fisses toutes tes actions avec lui et pour lui. Lui Jésus, il t'est toujours fidèle, toujours et en tout : toi, sois-lui fidèle aussi ; ou, du moins, le moins infidèle possible. Tâche
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en la crèohe de ton cœur, d'imiter la bonne Sainte-Vierge en la crèche de Bethléem : elle était toujours là, attentive et aimante ; jamais elle ne quittait son Enfant-JÉsus qu'elle aimait par-dessus toutes choses ; elle faisait et souffrait tout joyeusement avec lui et pour l'amour de lui. Voilà comment il faut faire, et comment tu feras bien certainement à l'avenir.
Béni soit donc à jamais au ciel, au Saint-Sacrement, et au fond de nos âmes, le saint Enfant-JÉsus, notre Dieu, notre Créateur, notre Seigneur notre Roi, notre Rédempteur, notre Vie, notre céleste nourriture, notre joie, notre espérance et notre doux amour !
Bénie soit avec lui, sur la terre, la sainte Eglise catholique qui nous donne ce trésor ineffable, et, dans le ciel, la
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très-sainte et immaculée Vierge Mabie, par laquelle Jésus a été donné au monde.
Pages I. La Sainte-Vierge et l'Annonciation.... 107 H. L'Enfant-Jésus dans le sein de Marie. . 114 m. Saint-Joseph, la Sainte- Vierge el l'En-
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