‹ Les ennemis du pommierChapitre 1 sur 15 · LES · texte numérisé non relu

LES

Il n’y a certainement pas en Normandie et en Bretagne un arbre qui rapporte plus que le pommier, et cependant c’est l’arbre le plus maltraité de tous ; jamais on ne le soigne, jamais on ne le nettoie, on le brutalise à coups de gaule, on laisse pousser sur lui le gui qui l’affaiblit et le rend beaucoup plus attaquable par les insectes qui, tous les ans, deviennent de plus en plus nombreux et semblent se donner rendez-vous pour écorcher, sucer, brûler, creuser toutes les parties de cet arbre.

Autrefois, lorsque les pommiers étaient atteints par la cloque, la teigne, le meillat , ou le clou de girofle, on s’en prenait à la lune rousse qui a bon dos, heureusement la science est venue jeter la lumière sur ces différentes maladies.

Un grand nombre d’Abonnés de la Revue, nous ayant demandé de publier un travail faisant connaître les ennemis des pommiers, nous nous sommes décidé à faire paraître cette étude très incomplète il est vrai, mais qui cependant, par son côté pratique, pourra rendre de réels services à tous les cultivateurs soucieux de leurs intérêts.

Nous donnerons le dessin et la description de chaque insecte, ses moeurs et les moyens pratiques de le détruire; mais le point essentiel, c’est que le cultivateur n’oublie jamais que pour avoir de belles récoltes de pommes, il faut qu’il apporte à ses arbres les mêmes soins que le viticulteur apporte à sa vigne ; il faut que les pommiers soient traités avec intérêt, débarrassés du gui, du bois mort et des mousses : que jamais les pommiers n’aient un ralentissement de vigueur, car c’est dans ces moments d’anémie qu’ils sont le plus attaquables par les insectes.

Nous conseillons aux cultivateurs, lorsqu’ils auront à acheter des pommiers dans une pépinière, de choisir des sujets sains, à l’écorce lisse ; qu’ils aient soin dans la pépinière de marquer sur leur arbre le côté nord, de façon à placer cet arbre chez eux dans la même position que celle qu’il occupait dans la pépinière, car les canaux de cellulose amenant la

sève à l’arbre n’ont pas la même conformation du coté nord que du côté sud, et c’est un travail énorme pour le pommier que de se faire un nouvel appareil à circulation de la sève, et pendant ce temps, il végète.

Nous savons que les horticulteurs recommandent le contraire de cette pratique, et qu’ils s’appliquent à placer le côté nord au sud, de façon à former une tête plus ronde au pommier; mais il faut, en culture pratique, s’occuper de la santé des arbres plutôt que de la mode.

De même, il est de toute nécessité de secouer les arbres pour en abattre les pommes au lieu de frapper à grands coups de gaule comme on le fait trop souvent. 11 faut secouer les branches en se servant pour cette opération d’une gaule terminée par un crochet dirigé de haut en bas.

il importe aussi de secouer modérément ; les pommes qui ne tombent pas, ne sont sont pas encore assez mûres pour la récolte ; il faut donc pour celles-là attendre quelques jours, et se bien garder, en les brutalisant, de faire tomber en même temps que les pommes les bourgeons destinés à produire la récolte de l’année suivante.

Mais ce n’est pas tout, puisque tous les ans on enlève à la terre où croit le pommier, un certain poids de pommes, il faut rendre à la terre les engrais qui lui sont enlevés par la récolte.

Un des meilleurs engrais pour les pommiers, un des plus anciennement connus, consiste à faire un compost de marc de pommes et de chaux, qu’on arrose de temps en temps avec du purin : on obtient ainsi, sans frais, le meilleur engrais pour les pommiers ; il suffit de répandre au printemps, sur un espace d’environ deux mètres carrés au pied des arbres, pour les remettre aussitôt en vigueur.

INSECTES COLEOPTERES

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