C. Mans de la deuxième année. id
D. Mans adultes de la troisième année, grandeur naturelle (vu de dos).
E. Mans adulte.
F. Coque de la Nymphe.
G. Nymphe vue par derrière, grandeur naturelle.
H. Nymphe vue par devant, id.
K. Hanneton,
M. Feuille de pommier ravagée par un Hanneton.
Le premier ennemi du pommier, lorsqu’il est tout jeune et planté en pépinière, c’est le mans ou larve du hanneton.
Il n’est nullement besoin de donner ici la description de la larve et de l’insecte, qui sont malheureusement trop bien connus de tous.
Cet insecte (le hanneton) sort de terre au printemps, mange les feuilles des arbres, puis s’accouple.
Le mâle meurt après l’accouplement, mais la femelle va pondre ses œufs dans la terre, à une profondeur de dix centimètres environ.
Or, il est un fait certain, c’est que cette femelle choisit, pour pondre, un endroit où la terre est meuble ou nouvellement remuée.
Il est donc nécessaire de préparer dans les pépinières, de petites parties de terrain d’un mètre carré environ, bien ratissées, où la terre soit bien meuble et bien exposée au soleil.
Immédiatement, toutes les femelles se donnent rendez-vous en cet endroit et pondent dans ces sortes de pièges tous leurs œufs ; il suffit donc ensuite, à l’aide d’une pelle, d’enlever cette terre sur une épaisseur de dix centimètres environ, pour avoir d’un seul coup détruit entièrement la ponte de l’année.
Puis, si l'année suivante, on revoyait quelques pommiers dont les racines seraient attaquées par des mans, il faudrait tout aussitôt enfouir au pied de l’arbre malade une poignée de déchets de laine ou de- coton imprégnés de pétrole que l’on recouvrira avec soin; de cette façon l’odeur du pétrole pénètre dans la terre et tue les mans ; on peut remplacer le pétrole par de la benzine et même par du sulfure de carbone, mais avec ce dernier produit il faut bien éviter de toucher les racines.
Enlin comme dernier procédé de destruction des mans, on emploie du Botrytis lenellci.
Le Botrytis tenella est un petit champignon microscopique, véritable moisissure qui vit aux dépens du mans et le fait bientôt mourir.
Or, pour détruire les mans par le champignon parasite, voici comment il faut procéder :
D’abord, on recherche dans les champs un mans mort de cette moisissure, qui se présente sous l’aspect d’une poudre blanche ; on prend des parcelles de cette poudre que l’on sème sur des morceaux de pommes de terre cuits dans du jus de pruneaux. Au bout de deux ou trois jours, ces morceaux de pommes de terre deviennent rouge-brique, puis si l’on a soin de les placer dans un lieu obscur, au bout d’un mois le champignon s’est développé en si grande quantité, que les fragments de pomme de terre deviennent tout blancs ; cette coloration blanche est due aux spores du Botrytis tenella ; on a donc ainsi le champignon parasite cultivé et pur.
On écrase le morceau de pomme de terre que l’on mélange avec de la fécule, de façon à rendre la masse pulvérulente, et l’on obtient ainsi une poudre blanche dont le plus petit atome suffit pour détruire un mans ou un hanneton.
Pour infecter des vers blancs, voici le moyen le plus pratique:
Prendre des terrines à semis ou des pots à fleurs ordinaires; les humecter en les laissant tremper plusieurs heures dans l’eau. Placer au fond une épaisseur de terre d’un centimètre au plus, mouiller légèrement et placer sur le sol les vers blancs à infecter. Prendre les cultures de champignon dans les tubes, les gratter légèrement au-dessus des vers blancs, de manière à ce que tout ce qui s’en détache tombe sur eux. Jeter également sur les vers blancs le résidu de la culture, couvrir le pot avec une planche et le mettre dans la terre fraîche ou humide ; recouvrir le tout de mousse humide. Au bout de quatre à six heures,
INSECTES COLÉOPTÈRES
retirer les vers blancs, les mettre dans des pots avec de la terre un peu humide. On visitera les pots quinze jours après, tous les vers qui seront morts, durcis et rosés, ou couverts d’une moisissure blanche, seront infectés.
Ces vers infectés seront enterrés superficiellement dans les sols où on a constaté la présence de vers blancs ; ils ne tardent pas à produire la moisissure blanche qui produit les spores, germe de la maladie des vers blancs.
Si l’on n’a pu la première fois infecter qu’un petit nombre de vers blancs, on devra se servir de ceux-ci dès qu’ils seront couverts de moisissure pour en infecter d’autres.
Ce remède est radical. Malheureusement on ne connaît pas encore assez ce champignon parasite, aussi faut-il s’en servir avec toute la prudence possible; puisqu’il vit sur la pomme de terre, il vit peut-être aussi sur certaines semences prêtes à germer, et par cela même peut devenir dangereux pour les cultures, aussi n’engageons-nous les cultivateurs à user de ce procédé que sur de petits espaces, de façon à ne pas risquer de compromettre une récolte toute entière.
Le mans et le gui sont les deux premiers ennemis des jeunes pommiers. Pour détruire le gui, il suffit de le couper avec soin, mais si l’on voulait prendre le mal à sa source, il faudrait détruire les grives; ce sont à peu près les seuls oiseaux qui propagent le gui en transportant d’un arbre à l’autre les graines gluantes et collantes de cette plante.
LA CÉTOINE Cetonia stictica )
A. Larve grossie du double
B. Coque de la Nymphe, grossie du]double.