II, LA MÈRE DES DOULEURS
affligée! préservez-moi du malheur de tomber dans le péché, afin que je ne contribue jamais à vos souffrances et à celles de votre aimable Jésus. Ainsi soil-il ! — Pater , etc.
VIIIe STATION.
JÉSUS PARLE AUX FEMMES QUI PLEURENT
Jésus parle aux femmes de Jérusalem; ses paroles pénètrent le cœur maternel de Marie d’une tendre compassion pour nous. Car son divin Fils assure qu’on nous traitera plus sévèrement que lui, si nous ne faisons pénitence. Si in viridi ligno hœc faciunt, in arido quid fietV
O Mère désolée 1 ce ne sont pas seulement les souffrances du Sauveur qui vous affligent, mais aussi votre compassion pour nous : vous prévoyez l’inutilité de la Rédemption pour un grand nombre d’âmes. Votre désir de sauver tous les hommes est immense; mais vous savez que tous ne répondront pas à votre amour et à la charité de Jésus. Oh ! quel tourment pour votre cœur de Mère, de voir périr les enfants de
(1) Luc. 23. 2S.
CH. in L. CR.
TROISIÈME SÉRIE
vos douleurs, malgré le sang d’un Dieu!... Obtenez-moi de correspondre fidèlement à votre tendre sollicitude. Faites que Jésus me parle souvent, comme aux femmes de Jérusalem, pour m’instruire et me sauver. Ainsi soit-il! — Pater, etc.
IXe STATION.
JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS
Nous vous adorons, etc. s
Quelle douleur pour une Mère comme Marie, de voir tomber sous le poids de la souffrance un Fils tel que Jésus! un Fils qu’elle sait être le Verbe éternel de Dieu, le Roi de l’univers, le Rédempteur des hommes ! Tantus fuit dolor Virginis quoi si in omnes crealuras quœ pâli possunt dividerelur, omnes subito interirent.1
O Mère affligée ! qui comprendra votre douleur ? La langue des Anges ne saurait la décrire : Jésus seul a pu la sonder, il a pu seul y compatir dignement. Comme votre amour pour l’Homme- Dieu surpasse toute conception de l’intelligence créée, ainsi votre affliction est sans mesure, immense comme l’océan, comme les grandes eaux du déluge! Partagée entre les êtres capa-
(1) S. Bernard. Serm. Pro Fest. B. V,
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blés de souffrir, elle suffirait pour leur causer à tous une mort instantanée I. ... O Marie! par la troisième chute de Jésus , obtenez-moi la force d’éviter le péché, cause de vos souffrances, et de pratiquer exactement tous mes devoirs. Ainsi soit-il I — Pater, etc.
XR STATION.
JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS
Nous vous adorons, etc.
Marie voit arracher à son Fils la robe sans couture, tissée par ses mains maternelles. Elle voit renouveler les plaies de Jésus, et un sang abondant s’échapper de ses blessures. Quel supplice pour son cœur de Mère! P arum est Mariant in passione Filii tam acerbos pertulisse dolores , ut omnium marlyrum collective tormenta super ar et}
O Vierge sainte! quand on torturait les martyrs, la grâce adoucissait leurs tourments ; la charité même dont ils'brûlaient pour Dieu, tempérait leurs souffrances. Mais en vous, ô Marie ! tout contribue au supplice de votre âme. La tendresse maternelle de votre cœur; les liens si
(1) S. Ildeph De Excel. Virg. c. 5.
TROISIÈME SÉRIE
étroits qui vous unissent à Jésus ; votre amour de mère pour votre Fils, de créature pour votre Dieu; tout concourt à rendre votre douleur immense,, à faire de vous la Reine des martyrs!... 0 Mère affligée! par le dépouillement du Sauveur, si pénible à son cœur et au vôtre, obtenez-moi le détachement de la terre et l’amour des biens célestes. Ainsi soit-il ! — Pater, etc.
XIe STATION.
JÉSUS EST CLOUÉ A LA CROIX
Nous vous adorons, etc.
On crucifie Jésus ! les coups de marteaux retentissent ! Quel écho douloureux dans le cœur de Marie! Chaque coup est comme un glaive qui la transperce ! Quoi vulnera , quot clavi, quoi ictus, Christi carnem rumpentes, totidem Mariœ animam verber antes.1
O Mère incomparable ! votre douleur est comme un abîme sans fond, comme un océan sans rivage ! Vous voulez avec Jésus contribuer au salut de nos âmes; que dis-je? vous voulez -en devenir la Mère, en leur rendant la vie de la grâce, au prix de vos souffrances et des mérites
(1) S. Hieronym.