ORAISON
O Dieu, .qui, par une providence ineffable, avez daigné choisir le bienheureux Joseph pour Epoux de votre très-sainte Mère ! faites, nous vous en supplions, qu’en le vénérant sur la terre comme notre Protecteur, nous méritions de l’avoir pour Intercesseur dans les cieux. Vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. — Ainsi soit-il.
Mon Dieu I prosterné en votre présence , je je vous adore, et je veux faire la protestation .suivante, comme si je me trouvais déjà sur le point de passer de cette vie à l’éternité.
Seigneur! parce que c’est vous, Vérité infaillible, qui l’avez révélé à la Sainte Eglise, je crois
le mystère de la Très-Sainte Trinité, le Père, le Fils, et Saint-Esprit, trois Personnes en un seul Dieu, qui, dans l’éternité, récompense les justes en paradis, et punit les pécheurs en enfer. Je crois que Dieu le Fils, la seconde Personne, s’est fait homme, et qu’il est mort pour sauver les hommes. Je crois également tous les autres articles que croit la Sainte Église. Je vous remercie de m’avoir fait chrétien, et je proteste que je veux vivre et mourir dans cette sainte Foi.
Mon Dieu et mon Espérance 1 appuyé sur vos promesses, j’espère obtenir de votre miséricorde, non par mes propres mérites, mais par les mérites de Jésus-Christ, mon Sauveur, le pardon de mes péchés, la persévérance dans votre grâce, et, après cette misérable vie, la gloire du paradis. Et si, à la mort, le démon me tentait de désespoir à la vue de mes péchés, je proteste que je veux toujours espérer en vous, mon doux Seigneur! et que je veux mourir en m’abandonnant entre les bras de votre amoureuse bonté.
O Dieu digne d’un amour infini ! je vous aime de tout mon cœur, je vous aime plus que moimêrcn, et je proteste que je veux mourir en Taisant un acte d’amour, pour continuer à vous aimer éternellement dans le paradis, que je
ne vous demande et ne désire qu’à cette fin. Et si par le passé, au lieu de vous aimer, j’ai méprisé votre bonté infinie, Seigneur! je m’en repens de tout mon cœur, et je proteste que je veux mourir en déplorant et détestant toujours les offenses que je vous ai faites; je suis résolu, pour l’avenir, de plutôt mourir que de jamais plus pécher; et, pour l’amour de vous, je pardonne à tous ceux qui m’ont offensé.
J’accepte, ô mon Dieu ! ma mort avéc toutes les peines qui doivent l’accompagner; je les unis aux douleurs et à la mort de Jésus-Christ, et je vous les offre, pour honorer votre souverain domaiqe, et pour expier mes péchés. Daignez, Seigneur ! agréer ce sacrifice que je vous fais de ma vie, en considération de ce grand sacrifice que votre divin Fils vous a fait de lui-même sur l’autel de la croix. Dès maintenant, pour l’instant de ma mort, je me résigne entièrement à votre divine volonté, et je proteste que je veux mourir en disant : Seigneur ! que toujours votre volonté soit faite !
Très-Sainte Vierge, mon Avocate et ma Mère, Marie ! vous êtes et serez toujours, après Dieu, mon espérance et ma consolation à l’heure de ma mort ; c’est à vous que je recours dès maintenant, et je vous prie de m’assister dans ce
passage à l’éternité. Ma bien-aimée Reine ! ne m’abandonnez pas à mon dernier moment :
venez prendre mon âme, pour la présenter à votre divin Fils; dès à présent, je vous attends; j’espère mourir sous \otre manteau, en embrassant vos pieds.
Mon grand Protecteur, Saint Joseph ! Saint Michel, Archange I mon Saint Ange Gardien! mes Saints Patrons! venez tous à mon secours dans ma dernière lutte contre l’enfer.
Et vous, ô mon Amour crucifié, mon doux Jésus! vous qui, pour me procurer une bonne mort, avez voulu choisir pour vous-même une mort si cruelle, souvenez-vous alors que je suis une de ces brebis que vous avez rachetées au prix de votre sang : vous qui, lorsque tous les hommes de la terre m’auront abandonné, et qu’aucun ne pourra plus m’aider, pourrez seul me consoler et me sauver, rendez-moi digne de vous recevoir en viatique; ne permettez pas que je voüs perde pour toujours, et que je sois à jamais relégué loin de vous en enfer. O mon bien-aimé Sauveur! daignez me recevoir alors dans vos saintes plaies; dès à présent je vous embrasse, et je veux exhaler mon âme avec mon dernier soupir dans l’amoureuse plaie de votre côté, en disant maintenant pour alors :
LFTAN1ES PODR LA BONNE MORT. 531
Jésus! Marie! Joseph! je vous donne mon cœur et mon àme. (100 jours d’ind.)
Jésus! Marie! Joseph! assistez-moi à la dernière agonie. (100 J.)
Jésus! Marie! Joseph! faites que j’expire en paix avec vous. (100 J.)
LITANIES POUR LA BONNE MORT.* (100 J. ü’iND.)
Seigneur Jésus, Dieu de bonté, Père de miséricorde ! je me présente devant vous avec un cœur humilié, contrit et repentant; je. vuus recommande ma dernière heure et ce qui doit la suivre.
Quand mes pieds immobiles m’avertiront que ma course en ce monde est près de finir, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand mes mains tremblantes et engourdies ne pourront plus serrer le Crucifix contre mon cœur, et que, malgré moi, elles le laisseront tomber sur mon lit de douleur, miséricordieux....
Quand mes yeux obscurcis, et troublés à la vue de la mort imminente, porteront vers vous leurs regards languissants, miséricordieux...
Quand mes lèvres froides et agitées pronon-
(*) Cette prière n’a pas été composée par S. Alphonse.
ceront pour la dernière fois votre nom adorable, miséricordieux...
Quand mes joues pâles et livides inspireront aux assistants la compassion et la terreur, et que mes cheveux baignés des sueurs de la mort, se dressant sur ma tête, annonceront ma fin prochaine, miséricordieux...
Quand mes oreilles, près de se fermer pour toujours aux discours des hommes, s’ouvriront pour entendre votre voix, prononçant la sentence irrévocable par laquelle mon sort sera fixé pour toute l’éternité, miséricordieux...
Quand mon imagination , agitée par des fantômes horribles et effrayants, sera plongée dans des tristesses mortelles, et que mon esprit, troublé par le souvenir de mes iniquités et par la crainte de votre justice, Puttera contre l’ange des ténèbres, qui voudra me dérober la vue consolante de vos miséricordes et me jeter dans l’abîme du désespoir, miséricordieux...
Quand mon faible cœur, oppressé par la douleur de la maladie, sera saisi des horreurs de la mort, et épuisé par les efforts qu’il aura faits contre les ennemis de mon salut, miséricordieux...
Quand je verserai, mes dernières larmes, symptômes de ma destruction, recevez-les en
sacrifice d’expiation, afin que j’expire comme une victime de pénitence; et dans ce terrible moment, miséricordieux. . .
Quand mes parents et mes amis, assemblés autour de moi, s’attendriront sur mon douloureux état , et vous invoqueront pour moi , miséricordieux...
Quand j’aurai perdu l’usage de tous mes sens, que le monde entier aura disparu pour moi, et que je gémirai dans les angoisses de la dernière agonie et dans le travail de la mort, miséricordieux...
Quand les derniers soupirs de mon cœur presseront mon âme de sortir de mon corps, acceptez-les comme venant d’une sainte impatience d’aller à vous; miséricordieux...
Quand mon âme, sur le bord de mes lèvres, sortira pour toujours de ce monde, et laissera mon corps pâle, glacé, et sans vie, acceptez la destruction de mon être comme un hommage que je veux rendre à votre divine majesté; miséricordieux...
Enfin, quand mon âme comparaîtra devant vous, et qu’elle verra pour la première fois l’éclat immortel de votre Majesté, ne la rejetez pas de devant votre face, mais daignez me recevoir dans le sein de votre miséricorde, afin que
je chante éternellement vos louanges; miséricordieux...