STATION.— VILLEPREUX-LES-CLAYES
29 kil. de Paris, 12 kil, de Versailles, 7 kil. de Saint-Cyr.
Cette station a dû son nom à deux villages situés, l'un, celui de Ville-' preux (570 hab.), à dr* du chemin de fer (2 kil.), et l'autre, celui des Clayes (283 hab.), à 800 met. sur la g. Véglise de Villepreux date du xii« s. L'ancien château de Villepreux a été transformé en filature.
Dans les bois d'Arcy, au ham. de la Chapelle ' Saint 'Jouàn, se célèbre tous les ans, le lundi de la Pentecôte , une charmante fête champê-
1. Embarcadère ^ à Paris, boulevard Montparnasse, n« 44. {V. p. 82 et 106.)
tre. Aux Clayes se voient une église du xi^ s. et un château moderne.
On aperçoit à g. le village de Plaisir (1,265" hab.), dont l'église remonte en partie au xiii*' s.; le château date du règne de Louis XIII.
5< STATION. — GRIGNON. 33 kil. de Paris, 4 kil. de Villepreux.
Grignon *, ham. (300 hab. environ) de la c. de Thiverval, est situé à 2 kil. sur la dr. , dans la vallée arrosée par le ruisseau du Gally.
Le château et le parc , d'une étendue de 290 hectares, occupent le fond et les deux versants du vallon, où se trouvent aussi les jardins, une pièce d'eau de plusieurs hectares , des prairies, des bois d'essences variées, quelques terres labourables et une falunière abondant en coquilles fossiles d'une rare conservation.
Le surplus du domaine , situé sur un plateau, ne comprend que des terres labourables d'une étendue de 176 hectares*
Cette propriété a successivement appartenu à la famille de Brassac, au beau-père du maréchal Ney et au maréchal Bessières. Dans les premiers jours de son mariage, Ney occupa l'appartement du 1°' étage qui forme l'angle de la façade et de l'aile dr. du château.
A l'époque où ce château appartenait au maréchal Bessières, Napoléon I®' vint chasser deux ou trois fois dans le parc. Espérant y recevoir plus
GRIGNÔN.
souvent son souverain, le maréchal fit disposer dans Taile g. du château un appartement princier que l'empereur n'a jamais occupé , mais dont il remboursa les frais d'installation à la veuve de son compagnon d'armes.
Aujourd'hui Grignon est le siège d'une école agronomique théorique et pratique dont la fondation, due à l'initiative de Polonceau père , alors ingénieur en chef à Versailles, a été un des plus grands services rendus à l'agriculture française.
Polonceau conçut le projet de l'école de Grignon longtemps avant la fondation de la ferme modèle de Roville, ainsi que le témoigne une note insérée par M. Cordier dans son ouvrage sur l'agriculture de Flandre, publié en 1823 ; mais ce projet, plus vaste et plus complet que celui de Mathieu de Dombasle, exigeait des conditions plus difficiles à remplir, surtout à cette époque.
Tandis que Téminent agronome, de Roville ne voulait offrir que l'exemple d^une culture perfectionnée et la preuve pratique de ses avantages, Polonceau voulait fonder un établissement où pussent être réunis tous les faits pratiques servant à la fois de base et de démonstration à l'enseignement des sciences applicables à l'agriculture.
Pour acquérir le domaine nécessaire, pour l'exploiter et y créer des écoles de différents degrés, il fallait un capital considérable.
Quand il eut fait apprécier son projet par des hommes qui ont laissé un nom honorable dans la grande propriété, l'agriculture, l'industrie et la finance, tels que les Mortemart , les Darblay, les Temaux, les Mallet et bien d'autres, Polonceau le présenta au duc de Doudeauville, alors ministre de la maison de Charles X. La portée et l'utilité d'une telle institution frappèrent tellement l'esprit du ministre et celui de Charles X que le roi voulut acheter le domaine et en accorder pendant 40 ans la jouissance gratuite à l'institution. La Société fondatrice s'imposa l'obligation de faire, en retour de cette jouissance, des améliorations foncières pour une somme totale de 300,000 fr., sacrifice qui équivalait à un fermage de 7,200 fr. par an.
En même temps que Polonceau réalisait ces conditions matérielles , il s'oc-
BNVIRONS DB PARIS.
cupait de trouver le directeur de l'établissement. 11 avait eu d'abord la dessein de le diriger lui-même, comme l'indique M. Cordier ; mais ses amis et la réflexion l'ayant retenu dans sa carrière d'ingénieur, où, déjà connu par d'éminents travaux, il devait s'illustrer encore, il jeta les yeux sur un de ses anciens amis, M. Bella, qui, retiré du service militaire, dirigeait alors en Lorraine, avec beaucoup de soin et de perfection, la verrerie et la ferme d'un de ses parents.
Après avoir visité les écoles d'agriculture d'Allemagne, le nouveau directeur, homme pratique et possédant une rare aptitude à s'approprier des idées utiles, vint prendre possession du domaine de Grignon à la fin du mois de septembre 1826. Les quatre premières années furent consacrées à l'établissement des cultures; et l'organisation des écoles ne commença qu'au mois de juin 1830. Malheureusement les événements politiques ne permirent pas d'émettre la série d'actions qui leur était spécialement destinée, et il fallut se borner à l'établissement de l'École supérieure.
A cette déception financière se joignit une perte personnelle bien sensible. Des dissentiments, dont Polonceau eut le droit d'être blessé, l'éloignèrent de l'administration de Grignon, et, quoiqu'il n'ait jamais refusé depuis à ceux qui l'avaient obligé à se retirer le secours de ses lumières, sa retraite laissait un grand vide.
Cependant M. Bella restait entouré des professeurs que son ami avait choisis, et préparait son fils aîné, par de solides études et par des voyages, à le seconder et à le suppléer un jour ; mais il fallait ou que les bénéfices de l'agriculture et le d ésintéressement des actionnaires pussent subvenir à certains frais ou que le gouvernement intervînt.Force fut, après quelques années d'efforts, de recourir à ce dernier moyen ; et, grâce à l'appui de M. le duc de Mortemart, le gouvernement prit à sa charge le traitement des professeurs et les frais matériels de l'instruction scieU' tifique.
Dès-lors l'établissement profitait tout à la fois de la générosité de Charles X, qui avait en définitive laissé un revenu de plus de 20,000 fr. pour 7,200 fr. d'améliorations annuelles, des bénéfices que lui laissait la pension des élèves, et de la consommation des produits de la culture. Grâce à ces avantages, le succès fut assuré, et les nombreux élèves qui sont sortis de l'école de Grignon ont répandu
DE PARIS A DREUX
sur toute la surface de la France les connaissances théoriques et ^«tiques qu'ils y avaient puisées.
Le bail concédé par Charles X étant expiré en 1866, la Société fondatrice s*est dissoute et l'école relève aujourd'hui du gouvernement.
L*école de Grignon, la première en Europe pour la force des études, et la plus florissante qu'il y ait en France, compte environ 100 élèves qui payent ^une pension de 1,200 fr.
— La durée des cours est de deux ans et demi. Des examens d'admission ont lieu chaque année. — Douze demi-bourses , dont six pour les anciens élèves des fermes-écoles , sont accordées à chaque division des élèves de l'école. Les études comprennent : l'économie et la législation rurales, l'agriculture, la technologie, l'arboriculture , la sylviculture et la botanique, la zoologie et la zootechnie, le génie rural, la physique et la chimie agricoles, l'hygiène, l'entomologie et la comptabilité.
L'établissement se compose de l'école proprement dite, éclairée au gaz, munie de laboratoires et de diverses collections très -curieuses à visiter, et d'un champ d'expériences, vaste ferme à laquelle sont jointes des bergeries, une vacherie et une porcherie très-importantes.
La chapelle, les dortoirs, le réfectoire, les salles de cours et d'étude sont installés dans l'ancien château du maréchal Bessières, où l'on remarque surtout le grand escalier, le salon d'apparat et l'ancien appartement impérial. En face du château s'élève le pavillon moderne de la Direction; le concierge de l'école y conduit les étrangers , qui y reçoivent l'autorisation de visiter l'établissement. Les visiteurs sont accompagnés d'un surveillant, qui n'accepte aucune rétribution.
Thiverval, c. de 512 hab., dont dépend l'établissement de Grignon , possède une éolise à trois nefs du XIII* 8. (mon. hist.), avec clocher octogonal sur la croisée.
La voie ferrée, Is^issant à g. Saint- Gennain-de-ia-Grange (138 hab. ), décrit une courbe vers le S., traverse une longue et profonde tranchée, et, au-delà de Villiers - Saint - Frédéric (358 hab.), bâti sur le penchant d'un coteau couvert de vignes , atteint la station de Villiers-Néaufle, d'où l'on voit au loin la colline de Montfort.
6» STATION. — VILLIERS-NÉAUFLE.
40 kil. de Paris, 7 kil. de Grignon, 1 kil. de Villiers, 1 kil. 1/2 de Néaufle.
La station porte le nom des deux villages de Villiers-Saint-Frédéric et de Néaufle-le-Ghâtéau^ (1,215 hab.; omnibus , 20 c), situés à g. à 1 kil. l'un de l'autre. Néaufle, dont les marchés de grains sont très-importants, possédait, au xi® s., un château qui fut défendu avec succès contre Guillaume le Roux. La baronnie de Néaufle , achetée au xv® s. par les ducs de Bretagne , fut réunie par eux au comté de Montfort. La motte du donjon se voit près de V église (parties romanes).
On aperçoit, à dr., dans la jolie vallée de la Mauldre , Néaufle -le- Vieux (482 hab.), où se voient des bâtiments d'ime abbaye de Bénédictins, fondé en 1066 (dans l'église en partie romane, stalles , fonts baptismaux et reliquaire du xiii* s.; plusieurs salles du xiii*' s.).
A 2 kil. de la station, sur la g., se trouve le beau château de Pontchartrain (parc anglais magnifique, embelli par la Mauldre qui y forme deux lacs et plusieurs chutes), construit par Paul Phélypeaux, secrétaire d'État (mort en 1621).
Après avoir croisé la route d'Epone (K. ci-dessous. Section IX), et franchi la Mauldre sur une arche, la voie ferrée parcourt une vaste plaine nue sur laquelle se montrent, à dr. Vicq (197 hab.; grand cimetière mérovingien), et à ç. Méré (397 hab.; joli clocher gothique.)
GRIONON. - NÉAUFLE. — MONTFORT.