SAINT-GERMAIN. - LE MUSEE
statuettes, en bronze, de gladiateurs, par Guillemin (1872).
De la salle de Mars on rentre dans la salle de Gavr'Inis, à l'angle de laquelle un escalier tournant conduit au 2* étage.
2' étage. — Salle IV. — Cette salle contient les habitations lacustres de Tàge de la pierre. Là on trouve, à côté d'instruments en pierre, des étoffes en écorce et en lin, et des échantillons de nos principales céréales déjà connues de ces antiques populations. — Excellente carte de la Gaule depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête romaine. Cette carte, qui a été publiée par la Commission des Gaules, indique tous les endroits où ont été découverts des dolmens), des menhirs, des cavernes, etc.
A g. de cette salle est la salle du Trésor, autrefois la salle des archives.
Salle du Trésor. — Cette salle contient les monnaies gauloises , les bijoux d'or et d'argent, les statuettes de bronze et la verrerie de l'époque romaine. — Enseigne gauloise (à g. en entrant) formée d'un sanglier de bronze au sommet d'une hampe. — Série de bijoux d'or américains provenant de la Colombie et renfermés dans une vitrine au-dessus de laquelle on voit des ex-voto en argent trouvés à Vichy. — Statuettes de dieux gaulois parmi lesquelles on remarque une belle série du Dis pater, dieu supérieur portant le costume gaulois. — Beau vase d'Alise en argent ciselé. — Monnaies :
la série de monnaies gauloises est la plus belle après celle de la Bibliothèque nationale de Paris ; beaucoup sont uniques. La série de monnaies romaines ne comprend que les monnaies d'empereurs romains frappés en Gaule ou rappelant un fait se rapportant au pays. La troisième série est celle des monnaies mérovingiennes. — Deux tableaux représentent :
l'un, le camp de César près d'Aps, l'autre (par Pjnguilly l'Haridon), un questeur romain requérant le passage d'une rivière.
Salle V. — Cette salle renferme des objets en bronze dont quelques-uns d'un travail très-remarquable , et une belle série des stations lacustres du lac du Bourget , dont on voit la reproduction peinte au-dessus de la vitrine. — La vitrine centrale est consacrée entièrement à une seule découverte (types de l'âge du bronze) faite à Larnaud (Jura). — Très-belles séries de bronzes hongrois et de vases de Golasecca (Italie).
Salle VI. — Cette salle renferme des objets de bronze et de fer rappelant l'é-
poque gauloise ancienne ou première époque du fer en Graule, et Tépoque gauloise proprement dite , depuis les invasions des Gaulois en Grèce et en Italie jusqu'à la conquête. — !'• époque : Nombreux tumulus, entre autres celui de Magny - Lambert ; casque trouvé dans la Seine; casque et cuirasse trouvés dans la Saône ; série de vases étrusques ; deux grandes trompettes que les Danois rapportent à l'époque du bronze. — 2* époque : Des épées de fer, des torques dont plusieurs en or, quatre cents vases, donnent une idée complète de la civilisation de cette époque. On remarque aussi les débris de plusieurs chars gaulois, une reproduction de forge gauloise, et la réduction d'un mur gaulois construit suivant la méthode 'décrite par César (en pierre sèche, consolidé par un clayonnage en poutres), et retrouvé presque intact à Murcens (Lot). Une tombe de grandeur naturelle fait voir quelle était la disposition du squelette et des objets dans les sépultures gauloises de cette période.
De cette salle, on descend par le grand escalier. Entre le 2« et le 1*' étage se trouve une loge en saillie sur le parterre et où deux cavaliers, en bronze, par Frémiet, représentent un cavalier romain et un cavalier gaulois, armés de toutes pièces.
De nouvelles salles seront incessamment ouvertes au 1*' et au 2* étages.
Les fossés du château, destinés à devenir le complément du musée, ne contiennent encore que l'allée couverte de Conflans-Sainte-Honorine.
Le parterre, qui a trois grilles sur la ville et deux sur la forêt, a été replanté en partie en 1676, sur les dessins de Le Nôtre, modifié en 1750 et réduit, en 1847, pour rétablissement de la gare du chemin de fer. En revanche, 3 hectares de la forêt convertis en jardin anglais y ont été ajoutés. Des quinconces de tilleuls, encadrés par quatre avenues de marronniers, offrent d'agréables ombrages. En outre, l'avenue principale, que continue l'avenue des Loges, a été rétablie par M. Millet. Près de la terrasse s'élève une statue en pierre de Vercingétorix, copie réduite de celle d'Alise-Sainte-Reine.
La terrasse de Saint-Germain est une des plus magnifiques prome-
DE PARIS A SAINT-GERMAIN
nades qui existent en Europe pour rétendue du parcours et du point de vue. EUe fut construite par Le Nôtre en 1672. Elle a 2,400 met. de longueur et 30 met. de largeur.
Soutenue par un mur élevé, avec cordon et tablette de pierre, elle s'étend depuis le pavillon d'Henri IV jusqu'à un large bastion sur lequel s'ouvre la grille Royale^ qui mène dans la forêt. Elle a été plantée d'une ligne de tilleuls en 1745. On y découvre un vaste panorama depuis le château de Maisons, sur la gauche, jusqu'à l'aqueduc de Marly sur les hauteurs de Louveciennes, à droite ; comprenant : une immense plaine arrosée par la Seine ; la forêt du Vésinet : une multitude [de villages ; le Mont-Valérien ; Montmartre, et, à l'horizon lointain, les coteaux de Montmorency et les clochers de Saint-Denis. De l'extrémité de la terrasse on aperçoit l'Arc de triomphe et le dôme des Invalides.
La forêt. — Les Loges.
La forêt de Saint-Germain s'étend sur un espace entouré, comme une sorte de presqu'île, à l'E., au N. et à ro., par un des méandres de la Seine, qui ne la laisse ouverte que dans la portion comprise entre Saint- Germain et Poissy. Sa superficie est de près de 4,400 hectares. Ses routes et ses allées sont régulièrement percées. On a évalué leur longueur à 380 lieues. A l'exception de quelques mares disséminées, le sol est sec et en grande partie sablonneux.
On ne trouve sur ce plateau uniforme que quelques mamelons un peu plus élevés. François P' contribua à l'embellissement de cette forêt.
Louis XIV l'agrandit, la fit percer de nouvelles routes de chasse ; puis il retira aux communes riveraines, en les dédommageant, le droit d'y faire paître leurs bestiaux. En 1737, on démolit les murs dont François P' avait entouré un parc réservé autour du château, et les matériaux
servirent à la construction du mur de clôture qui longe la terrasse. On acheva, en 1806, de clore la forêt, du côté de Poissy et de Confians. La place 'de capitaine des chasses de Saint-Germain fut toujours occupée par des personnes de la première qualité : des Montmorency, des Saint- Simon, des Richelieu ; par le maréchal de Noailles , avec survivance pour le duc d'Ayen, son fils, etc. On comprend ainsi comment il se fait qu'on retrouve ces noms sur divers points de la forêt.
Parmi les routes principales de la forêt, nous signalerons d'abord celle de Saint-Germain à Poissy, et la belle avenue , bordée de contre-allées, avec quatre rangées d'arbres, qui, faisant face au château, va en ligne droite aux Loges. Un peu avant d'arriver aux Loges, une autre belle route (la route de Pontoise) se détache de cette avenue à dr., et, par ïétoile du chêne Saint-Fiacre, gagne le Pavillon et la croix de Noailles; de là, elle se continue à travers la forêt dans le sens de sa longueur, en passant à la croix de Saint-Simon, posée en 1745, à la station du chemin de fer dite de Conflans, et à la croix du Maine, érigée en 1709 en l'honneur du fils légitimé de Louis XIV. Une autre grande route (de Poissy à Maisons) traverse la forêt dlagonalement dans le sens de sa largeur, en passant à V étoile des Amazones, à la croix de Berry (du nom d'un habitant de Poissy qui fut assassiné en cet endroit en 1540) et à la croix de Noailles, dont il a été parlé ci-dessus. Enfin, nous indiquerons une avenue, la plus droite et la plus longue de la forêt, qui la traverse dans toute sa longueur et conduit de Saint- Germain au pavillon de la Muette. Elle part de Vétoile des Neuf routes. On s'y refadra plus facilement aujourd'hui en entrant dans la forêt par la grille du jardin anglais, et en prenant l'allée qui, s'ouvrant en face, mène à Vétoile du